Crédit : Patrice Gabard
A PSA Rennes, mines fermées et fatalisme sur un site restructuré depuis 2007
Aujourd'hui, ceux qui sont sur le site de Rennes, ils ont envie d'y rester. Je suis désolée, on arrive au fond du panier", ajoute Mme Cormier, qui ne pense pas qu'il se trouvera encore 1.400 salariés à vouloir partir volontairement.
En écho à ses craintes, le patron du site PSA de Rennes, Jean-Luc Perrard, explique que le "plan de sauvegarde de l'emploi" (PSE) "sera composé d'une première phase de volontariat (...) qui se déroulera jusqu'au mois de juin 2013 et qui sera donc suivie par une phase de départs contraints".
"Je mesure combien cette décision est un choc pour les salariés mais aussi pour leurs familles et pour l'ensemble du territoire", ajoute-t-il.
Mais si les syndicats sont scandalisés, à l'heure du changement d'équipe, vers 13h, ce sont surtout des salariés aux mines fermées et silencieuses que croisent, tant les journalistes que les représentants syndicaux qui distribuent des tracts appelant à la mobilisation à la sortie des tourniquets de l'usine.
"Dans les ateliers, l'ambiance c'est que chacun se regarde en disant: +ça va pas être moi, c'est pas possible...+ Chacun essaye de sauver sa peau, on va dire", explique Jean-Paul Noblet, un représentant CGT de PSA Rennes.
Une ambiance morose depuis plusieurs années
"Il y a déjà plusieurs années que l'ambiance est super morose ici. On n'a plus envie, on est fatigués d'entendre ces suppressions d'emplois. Ca se répète, ça se répète, ça se répète...", souffle, en colère, Laurent Le Breton, 38 ans, salarié depuis 12 ans à PSA Rennes, cariste dans l'atelier de ferrage, et un des rares à accepter de parler.
"Ici, c'est super dur de mobiliser les gens. Ils savent qu'ils vont peut-être se faire licencier, ils ont peur de manifester", ajoute-t-il.
"Les gens sont dans l'attente de savoir comment ça va se passer demain, qui va être concerné, comment on va être concernés, si on nous fait des propositions ou si on ne nous en fait pas", explique Catherine Antier, salariée à la logistique du site de PSA à Rennes depuis 29 ans.
Tandis que les salariés qui ont fini leur journée sortent de l'usine, des représentants de la CFDT leur tendent des tracts appelant à manifester le 15 septembre mais aussi à signer une pétition. Certains prennent le tract en hâtant le pas, d'autres le refusent.
Certains syndicalistes reconnaissent que les salariés ici sont "assez passifs", mettant cela sur le compte de l'histoire de ce site de production, ancienne usine Citroën, marquée par la culture du syndicat maison qui a prévalu pendant des décennies et où un véritable pluralisme syndical n'est intervenu qu'en 1998.
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10/04/2013 - 09h48
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