Sommet pour l'environnement Rio+20 : un échec, comme les autres ?

Logo de la conférence Rio+20

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Crédit : AFP, Christophe Simon

Le Brésil, pays hôte de la conférence de l'Onu sur le développement durable, a pris la main samedi en proposant aux délégués un projet réduit de document final pour sortir du bourbier des négociations qui s'éternisent. Les délégués, qui travaillent depuis cinq mois à un accord global sur la préservation de la planète et l'éradication de la pauvreté, sont poussés par l'urgence, à trois jours de l'arrivée des chefs d'Etat et de gouvernement pour un sommet qui commence le 20 juin. Les négociations conduites par l'Onu devaient s'achever vendredi mais à minuit passé, quand les délégués ont quitté la salle, ils n'étaient d'accord que sur 38% d'un texte de 81 pages qui n'enthousiasmait personne. On se remémorait alors le sommet de Copenhague sur le changement climatique de 2009, où les chefs d'Etat et de gouvernement avaient trouvé à leur arrivée un texte plein de trous et de problèmes non résolus, et avaient dû rapidement en bricoler un autre.

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Crédit : Virginie Garin

En prenant les commandes, au milieu de la nuit, le ministre brésilien des Affaires étrangères Antonio Patriota a assuré que le texte serait bouclé le 18 juin. Dans l'après-midi, les délégués disposaient d'un nouveau projet en 56 pages, une version "consolidée" de l'ancien, d'où avaient disparu les points de vue divergents présentés entre crochets. "Le texte a beaucoup maigri", a relevé M. Patriota. "Nous avons signalé aux délégations que nous devons entrer dans une dynamique nouvelle, chercher les convergences, nous concentrer sur les questions vraiment cruciales, pour conclure le texte en temps voulu", a indiqué le ministre.

Plusieurs points de désaccord

Il reste cependant plusieurs points de désaccord, dont l'un des principaux est l'idée de "responsabilités communes mais différenciées", lancée au Sommet de la Terre de 1992, qui donne moins de devoirs aux pays en développement qu'aux autres, et qu'ils veulent conserver. Les Occidentaux la considèrent comme dépassée, dans la mesure où "certains pays ayant les plus grosses économies et étant les plus gros consommateurs de ressources sont dans le groupe des pays en développement", comme l'a souligné Todd Stern, envoyé spécial américain pour le changement climatique, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Autre point de blocage, celui des moyens à mettre en oeuvre pour passer à une économie verte. "La responsabilité principale repose sur les pays développés, qui doivent garantir le financement et le transfert de technologie, ils doivent assumer leur dette écologique et leur responsabilité historique", a souligné Anayansi Rodríguez, représentant de Cuba.

En revanche, une solution semblait en vue pour "l'économie verte", un concept vague qui divise même les ONG et qui serait abandonné au profit de l'expression moins normative de "politiques d'économie verte", qui laisse plus de liberté pour l'appliquer.

Jeffrey Sachs, directeur de l'Institut de la Terre à l'Université Columbia à New York, manifestait son inquiétude, estimant qu'"on a perdu 20 ans depuis le Sommet de la Terre de 1992". Aucune des trois conventions signées alors à Rio, sur le changement climatique, sur la biodiversité et sur la désertification, "n'a atteint son but", et dans ces trois domaines "la situation est pire qu'il y a 20 ans", a-t-il dit.   

François Hollande rencontrera l'ancien président brésilien Lula mercredi

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, contraint par ses médecins de réduire ses activités après un cancer du larynx, rencontrera mercredi le président français François Hollande en marge du sommet Rio+20. Lula, au pouvoir de 2003 à 2010, a dû notamment annuler un débat prévu samedi au Sommet des peuples - l'événement parallèle à la conférence de l'ONU sur le développement durable -, mais a maintenu une rencontre avec le nouveau président français, a indiqué vendredi son porte-parole. L'ancien ouvrier et syndicaliste assistera également ce jour-là à la cérémonie d'ouverture de Rio+20 en présence de plus de cents chefs d'Etat et de gouvernement. Le lendemain, jeudi, il participera à un dîner offert par la mairie de Rio de Janeiro aux présidents africains venus au sommet, a précisé l'Institut Lula.

L'ex-président a été admis récemment à l'hôpital syro-libanais de Sao Paulo, où les médecins lui ont retiré un cathéter implanté pour son traitement. L'ancien président, qui a quitté le pouvoir le 31 décembre 2010 avec un taux de popularité record de 80%, a laissé entendre ces derniers jours qu'il pourrait être candidat à un nouveau mandat présidentiel, mais seulement dans le cas où son héritière et actuelle présidente Dilma Rousseff ne se représenterait pas en 2014.

(avec AFP)

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