Crédit : Anne Le Nir
Crédit : Alain Franco
Angela Merkel, François Hollande, Mario Monti et Mariano Rajoy, qui se pencheront également sur la crise du système bancaire espagnol, les tourments de la Grèce et la situation préoccupante de l'Italie, s'accordent au moins sur une chose : une obligation de résultat dans huit jours à Bruxelles. "Il faut un accord ambitieux, pas au rabais" le 29 juin, souligne-t-on de source gouvernementale française.
Sont notamment sur la table la question d'une supervision commune du système bancaire de la zone euro, avec un système européen de garantie des dépôts, et celle d'une mutualisation au moins partielle de la dette européenne.
La chancelière allemande reste arc-boutée sur son refus d'envisager toute mutualisation des dettes des Etats de la Zone euro, que ce soit sous la forme d'obligations européennes ou par un autre biais, avant une intégration politique plus poussée.
Pour tenter de contourner le "nein" de Berlin, la France s'appuie notamment sur l'idée d'un fonds d'amortissement de la dette européenne, une solution intermédiaire pour l'endettement au-delà de 60% du PIB d'un pays, qui a l'avantage d'être avancée par le Conseil des experts économiques allemands.
Dans un mémorandum transmis la semaine passée à ses partenaires, François Hollande propose désormais d'inscrire la mise en place de véritables obligations européennes dans une perspective à 10 ans et non plus à court terme.
La France admet également la nécessité d'une intégration européenne accrue mais par étapes et strictement subordonnée à la mise en place de nouveaux instruments de relance économique, de solidarité et de stabilisation financières.
Selon une source diplomatique, le Royaume-Uni, d'habitude opposé à une intégration européenne poussée, appuie pour sa part pour la première fois une approche de type fédéral de la gestion de la zone euro, dont il subit la crise économique.
François Hollande, qui n'a pas, comme c'est la tradition, recherché un accord avec l'Allemagne avant de présenter ses propositions, a trouvé un allié en Mario Monti, dont le pays emprunte à des taux plus de trois fois et demi plus élevés que l'Allemagne et plus de deux fois plus élevés que la France.
Le président du Conseil italien a souhaité mardi, au sommet du G20, au Mexique, que le Mécanisme et le Fonds européens de stabilité financière (MES et FESF) puissent acheter de la dette émise par les pays de l'euro les plus en difficulté pour en faire baisser le coût. (voir )
Une proposition appuyée par François Hollande, pour qui "les pays vertueux, comme l'Italie, qui a rétabli ses comptes publics", doivent pouvoir emprunter à des taux différents de ceux de pays considérés "comme n'ayant pas fait d'efforts". Il a cependant admis que ce n'était encore qu'une idée.
La présidence française attend au moins du mini-sommet de Rome "le constat d'un certain nombre de convergences", après un mois de discussions intenses et parfois de frictions dans un couple franco-allemand de nouveau en première ligne.
L'exercice est considéré à Bruxelles d'un oeil nettement plus prudent. "On est encore un peu loin d'un consensus tant on part de positions éloignées", dit-on de source européenne. "On ne fera pas un compromis contre les Allemands mais avec eux. Il faut trouver le moyen de les faire bouger."
Le débat porte tout autant sur des questions de tempo que de contenu : quel degré de solidarité entre les pays de la zone euro peut-il être instauré dès maintenant et qu'est-ce qui peut être étalé dans le temps ?
(Avec dépêches)
Publicité
Publicité
10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
10/04/2013 - 09h36
10/04/2013 - 09h34
Publicité
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.