Crédit : Jérôme Chapuis
Crédit : Eric Vagnier
"Contre une baisse simultanée"
Selon Sophie de Menthon, Nicolas Sarkozy "ne comprend pas pourquoi on demande en même temps une baisse des charges patronales et une baisse des charges salariales". "Il est même farouchement contre la baisse des charges salariales", révèle t-elle à RTL à la sortie de la réunion.
Il paraissait jusque là communément acquis que la TVA dite "sociale", voulue par le gouvernement, consisterait à alléger le
poids des cotisations sociales, patronales mais aussi salariales, moyennant un
transfert sur la TVA.
Ce que les salariés perdaient d'un côté (la TVA entraînant une hausse des prix sur certains produits), ils devaient donc le gagner de l'autre, grâce à une hausse mécanique de leurs salaires (soulagés d'une partie des charges salariales). Selon Sophie de Menthon, ce ne sera donc pas l'option retenue par Nicolas Sarkozy.
Les modalités de cette réforme seront arrêtées après le sommet social qui se tiendra le 18 janvier à l'Elysée. Si ce choix se confirme de la part de Nicolas Sarkozy, d'âpres échanges s'annoncent avec les syndicats.
"Un cadeau pour les employeurs"
Des syndicats qui ne se sont "jamais fait d'illusions". "On essaie de nous faire croire que les cotisations salariales pourraient baisser", explique Véronique Descaque, en charge des questions économiques à la CFDT.
"Or en matière de cotisation familiale, comme pour la cotisation pour la
maladie il n'y a quasiment pas de charges salariales. Donc on savait
bien que cette histoire de transfert de la TVA allait se traduire
uniquement par un cadeau à l'égard des employeurs, et que les salariés
n'en bénéficieraient pas sur leurs fiches de paies".
Pour Véronique Descaque, il y a un risque que les salariés soient doublement perdants. Leurs salaires n'augmenteront pas, et "si le gouvernement impose un transfert de cotisations patronales vers la TVA, les prix vont sensiblement augmenter", explique t-elle. "Les plus pauvres et les classes moyennes vont donc voir leur pouvoir d'achat baisser".
Seule échappatoire qui subsiste, pour elle : que le gouvernement "impose aux employeurs, en contrepartie, un minimum d'augmentation salariale". "S'il n'en est pas capable", avertit-elle, "ce sera un scandale absolu".
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10/04/2013 - 09h48
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