
Arnaud Montebourg le 9 octobre 2011 à Montret, en Saône-et-Loire
Crédit : AFP / Philippe DesmazesArnaud Montebourg reste membre du gouvernement français malgré sa condamnation à verser l'euro symbolique pour injure publique envers cinq anciens dirigeants de la société maritime SeaFrance.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a, en effet, estimé que cette condamnation n'était pas de nature à lui faire quitter ses nouvelles fonctions : "Toute condamnation qui disqualifierait un responsable politique pour des actes contraires aux valeurs de la République conduirait à l'exclure du gouvernement", a-t-il affirmé dans un communiqué, ajoutant: "Aucun membre du gouvernement n'est aujourd'hui dans ce cas de figure".
L'ancienne ministre UMP de l'Apprentissage, Nadine Morano, avait demandé "la démission immédiate" de monsieur Montebourg. Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'était, lui, demandé si le président François Hollande allait appliquer ses "engagements électoraux".
"S'il s'agissait d'un ministre de mon gouvernement, on aurait toute la gauche à ses basques pour demander sa démission", a commenté l'ancien Premier ministre François Fillon, jeudi matin sur RTL.
En campagne pour la primaire socialiste, Arnaud Montebourg s'était exprimé après une visite à Calais, dans les locaux du Syndicat maritime Nord CFDT. "On parle souvent de patrons voyous, là il s'agit d'une entreprise publique, c'est curieux... On ne fera pas de miracle, mais on peut dire à la SNCF que s'ils sont des incapables et qu'ils ont mis des escrocs à la tête de SeaFrance, ils vont l'aider à se relever", avait déclaré l'ancien député, dont les propos avaient été repris dans La Voix du Nord du 27 septembre.
Se sentant offensés, le patron de SeaFrance, Pierre Fa, et les quatre autres membres du directoire avaient assigné l'élu socialiste pour injure. Mercredi, la 17ème chambre civile n'a pas retenu les termes d'"incapables" et de "patrons voyous", mais a jugé que le terme "escrocs" était "incontestablement outrageant".
Ce n'est pas la première fois qu'un ministre est condamné : l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux (UMP) était resté en fonction en dépit d'une condamnation pour atteinte à la présomption d'innocence et d'une autre pour injure raciale, suivie d'une relaxe en appel.
(Avec dépêches)
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