Les Dossiers de RTL.fr - Crise financière
A écouter
ÉCONOMIE

Qu'est-ce que va changer la perte du triple A ?

Créé le 14/01/2012 à 18h00

La perte du triple A risque d'avoir des conséquences sur l'économie réelle.

La perte du triple A risque d'avoir des conséquences sur l'économie réelle. / AFP

La France a perdu le triple que lui attribuait Standard & Poor's vendredi. Va t-elle pouvoir continuer à emprunter de l'argent aux mêmes taux qu'avant ? Les organismes publics vont-ils pâtir de cette dégradation de la note ? Les particuliers seront-ils les victimes collatérales de la décision de l'agence de notation ? Même si certains analystes expliquent que les marchés avaient déjà anticipé la perte du triple A et que les conséquences seront donc limitées, RTL détaille le panorama des évolutions possibles. Pour l'Etat
 
Ses conditions de financement risquent de se durcir, c'est-à-dire que les taux auxquels il emprunte pour financer sa dette, actuellement 3,2% pour des obligations à dix ans, devraient augmenter. Chaque hausse d'un point de pourcentage de ces taux équivaut à quelque trois milliards d'euros de coût supplémentaire. Une situation délicate d'autant que Paris prévoit d'emprunter au total 179 milliards d'euros sur les marchés en 2012. 
  
Pour les collectivités locales
  
Aucune collectivité locale ne pourra conserver son triple A, après la perte au niveau national de ce précieux sésame sur les marchés, car une grande partie de leur budget provient de l'Etat. Ces dernières pourraient donc avoir plus de difficultés à emprunter pour financer une route ou la construction d'un musée. 
  
Pour les entreprises
  
Les entreprises souffriraient en premier lieu de la dégradation généralisée du contexte économique, pesant sur leur chiffre d'affaires. Cela les pousseraient à reporter investissements et recrutements.

Leur activité serait aussi freinée par un assèchement accru du crédit. C'est surtout les petites et moyennes entreprises qui auraient du mal à trouver des financements pour faire tourner leurs affaires, car les grands groupes français, qui font la plupart de leurs bénéfices hors de France, peuvent trouver d'autres sources de financement au-delà de l'Hexagone.
  
Les grands groupes publics, comme EDF ou Aéroports de Paris, devraient voir en toute logique leur note dégradée dans la foulée de celle de l'Etat actionnaire, avec pour conséquence une fragilisation financière. Ils souffriront en plus de la baisse des commandes publiques. 
  
Pour les banques et les assurances

Avec la dégradation de la note de la France, celle des banques sera également abaissée, rendant leur refinancement plus coûteux, avec pour conséquence possible des prêts aux particuliers et aux entreprises plus onéreux et plus rares, notamment les crédits immobiliers.
  
Côté assureurs, la conséquence d'une hausse du taux des obligations souveraines françaises devrait être quasi nulle, sauf si ces sociétés constataient une forte décollecte sur les contrats d'assurance-vie. Dans ce cas, elles auraient besoin de liquidités et seraient contraintes de vendre à perte leurs obligations. En revanche, si la collecte reste satisfaisante, les assureurs pourront mieux rémunérer les contrats d'assurance-vie en euros.
  
La dégradation des notes de plusieurs pays européens pourrait toutefois déstabiliser le secteur assurantiel. 
  
Pour les particuliers
  
Si les taux augmentent fortement, le surcoût pour l'Etat et les collectivités locales devra être financé, d'où le risque important de hausses d'impôts, y compris locaux, ou de nouvelles mesures de rigueurs budgétaire.

La détérioration des conditions de financement et de l'environnement pour les entreprises peut avoir un impact sur leurs investissements et donc sur l'emploi.

Les banques vont devenir plus frileuses, d'où une baisse possible du crédit, notamment dans l'immobilier.

Il peut y avoir aussi des conséquences plus indirectes. Les voyageurs pourraient aussi être contraints de payer plus cher leurs billets de train si Réseau ferré de France est concerné par la décision de S&P. Ses emprunts sur les marchés coûteraient plus cher avec le risque d'une répercussion sur les péages ferroviaires et par conséquence sur les billets de train.

(avec AFP)

Publicité

J’ai besoin de :
Ménage
Garde d’enfants
Jardinage
Aide aux Seniors

Publicité

Publicité