Montupet : les salariés de la fonderie mis au pied du mur

La décision par un employeur de baisser les salaires, objet d'un âpre conflit social à la Fonderie du Poitou Aluminium (FDPA), appartenant à l'équipementier automobile français Montupet, relève d'une procédure très encadrée par des règles juridiques strictes. L'entreprise a annoncé son intention de réduire les salaires de 15% et faire passer la semaine de travail de 38,5 à 35 heures, des mesures qu'elle juge indispensables pour assurer l'avenir du site, situé à Ingrandes-sur-Vienne (Vienne). Le plan a été annoncé au personnel en comité d'entreprise, qui a réagi en assignant la direction devant le tribunal de grande instance de Poitiers, dans l'espoir d'obtenir son annulation.

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A Ingrandes où est basée l'entreprise, on cherche la riposte

Crédit : Christian Panvert

La direction a également demandé à ses 80 cadres de participer à l'effort des 400 ouvriers de l'usine en leur demandant de revenir aux 35 heures et d'abandonner ainsi 14 jours de RTT. "Cette procédure est possible, mais elle est très encadrée", a déclaré Christophe Noël, avocat en droit du travail.

L'entreprise Bosch par exemple, sous la menace d'une délocalisation, avait poussé en 2008 les salariés de son usine de Vénissieux (Rhône) à accepter de travailler 36 heures payées 35, de renoncer à leurs primes et de voir leurs salaires gelés pendant trois ans. Plus récemment, en juillet 2010, les salariés de General Motors à Strasbourg, consultés lors d'un referendum, ont aussi accepté à plus de 70% de sacrifier leurs primes, un tiers de leurs RTT et de geler leurs salaires en contrepartie du maintien de l'emploi.

"Il y a deux solutions, soit la direction passe par un accord conventionnel avec les syndicats - ce qui est peu probable - soit elle passe en force dans le cadre d'une modification unilatérale des contrats de travail des salariés", a indiqué Me Noël. "Pour les RTT, c'est le même principe, c'est aussi une modification du contrat de travail" a-t-il ajouté. Pour une telle modification, il faut passer par une dénonciation individuelle de chaque contrats de travail sous la forme d'un courrier recommandé.

Le délai qu'impose la loi est de trente jours et le défaut de réponse vaut acceptation. Si le salarié refuse le nouveau contrat, l'employeur peut engager une procédure de licenciement pour raisons économiques. C'est pour cela que l'entreprise a intérêt à "invoquer des difficultés économiques extrêmement importantes pour que cela soit justifié et ensuite à expliquer en quoi la diminution de la durée du travail et du salaire est rendue nécessaire par ces difficultés économiques", a précisé Me Noël.

"On imagine mal une entreprise proposer ce genre d'accord sans solide argumentaire économique", a estimé Claude-Emmanuel Triomphe, de l'association Astree, qui mène des études sur le monde du travail. "L'activité fonderie est sujette à de vrai problèmes en Europe, parce que les fonderies asiatiques sont plus compétitives, a-t-il expliqué. "En Allemagne, ce type d'accord est banal, alors que le syndicats y sont beaucoup plus puissants qu'en France. Le choix doit être fait entre le pire et le moins pire", a conclu M. Triomphe.


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7commentaires
Signaler un abus top dominiqueh le 03/08/2011 à 17h12 malaxeur
bonjour
le partage des richesses!!!
laissez-moi rire....
un jour un collègue socialo-communiste à été nommer au grade supérieur
il jouait dans la cour des grands
nouvelle voiture achat d'un appartement etc....
et du jour au lendemain il a renié son entourage
lui le pur et dur qui disait à la place du patron je ferrais ça ou ça
et bien aujourd'hui c'est lui qui à la tache de licencier du personnel...
ma conclusion est
tant que l'on est pauvre on partage tous puisqu'on a rien
quand on devient riche on ne partage plus rien....
Signaler un abus top dominiqueh le 03/08/2011 à 16h41 bonjour
à mon avis les salariés devraient commencer à chercher du travail ailleurs....
bon courage à ceux qui franchiront le pas...
par expérience les premiers à partir obtiennent des PETITS avantages que les suivants n'auront plus
Signaler un abus top jacobsg3 le 03/08/2011 à 07h39 et dans deux ans on délocalise c'est à peu près le temps nécessaire pour installer une usine en Asie (non je ne ferai pas ce jeu de mot N...) la situation devient trop préoccupante
Signaler un abus top malaxeur le 02/08/2011 à 23h39 Tout d'abord encore un exemple du refus de partager les richesses, nous sommes de plus en plus confrontés à ce genre de situation en effet nous devons constamment céder pour sauvegarder des emplois, à la pression de ces requins de la finance qui prennent pour exemple des pays ou le coût de la main d'oeuvre est moins élevé. Bel exemple de profit. Jusqu'ou irons nous pour leur offrir la fortune?
Signaler un abus top caloone le 02/08/2011 à 19h17 Cela ressemble à 1929, n'est-ce pas ?
Signaler un abus top tibu28 le 02/08/2011 à 13h40 - 15 % sur les salaires alors que l'ensembles des produits de cosommation courante augente régulièrement ?............ on se fout de qui encore une fois ????...........
Signaler un abus top ROBERTCARVER le 02/08/2011 à 13h18 on nous disait travailler plus pour gagner plus...les 35h sont une horreur économique!!!
assez amusant!!!
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