
Bernard Candiard, directeur général du Crédit municipal de Paris, était l'invité de RTL Midi
Crédit : RTLCrédit : Elizabeth Martichoux et Laurent Bazin
Crédit : Jean-Baptiste Durand
Crédit : RTL
"Ma Tante", un baromètre de la société française
Interviewé par Laurent Bazin et Elizabeth Martichoux dans RTL Midi, Bernard Candiard est revenu sur la crise, vue par l'institution qu'il dirige, "Ma Tante". "Nous avions constaté en avril 2008 une augmentation de 30% de notre activité. C'était corrélatif à l'augmentation du prix des matières premières. L'essence avait fait un saut important. C'était avant la crise du mois d'août."
Le directeur général du Crédit municipal de Paris s'est lancé dans une explication détaillée : "Les frais des ménages pèsent lourd quand vous combinez une inflation sur les matières premières avec une augmentation du chômage. C'est ce qui s'était passé en 2008 et c'est ce qui se passe en ce moment. On a le même phénomène en ce début d'année, on a les mêmes signes avant-coureurs de la crise que nous avions connue au mois d'août. Ce n'est pas totalement rassurant compte tenu du fait qu'en 4 ans, on a plus que doublé notre activité."
Alors contrairement, comment cela affecte le "travail" de cette institution ? "C'est un sujet de préoccupation pour nous. Nous sommes un peu un baromètre. Nous savons que nos courbes sont proches du chômage, du moral des ménages".
Les personnes se tournent vers ce mode de crédit quand elles sont
exclues du système bancaire ou quand elles présentent des garanties
jugées insuffisantes pour avoir accès au crédit traditionnel.
Neuf personnes sur dix repartent avec leurs objets au bout d'environ deux ans
Pour autant, les choses ne sont pas toutes négatives selon Bernard Candiard : "Un élément qui rassure, c'est qu'un peu plus de 90% des personnes qui viennent chez nous récupèrent les objets qu'elles ont déposés. Simplement, elles les laissent plus longtemps, environ deux ans."
L'ancien Mont de Piété "détient actuellement en dépôt plus de 1 million d'objets, d'une valeur estimée de plus de 215 millions d'euros".
90% des objets déposés sont des bijoux et 10% sont des objets divers
(argenterie, tableaux, sculptures, timbres, livres, instruments de
musique ou des fourrures, etc.).
"Dans le passé on nous amenait des matelas, des vélos des voitures. Tout cela c'est fini", note Bernard Candiard.
La gamme d'objets pouvant être
déposés s'est donc adaptée aux tendances: il y a eu en 2008 le vin, en
2009 les vêtements vintage, en 2010 la photographie d'art et depuis le
1er avril les bandes dessinées de collection.
Le dépôt moyen atteint 2000 euros par client
Le patron du CMP en vient aux chiffres : "Le dépôt minimum est de 30 euros. Le dépôt moyen est de 1100 euros par contrat. Par client, ça fait pas loin de 2000 euros. Il peut y avoir plusieurs objets dans un contrat."
"Il y a une familiarité avec Ma Tante pour les gens qui nous
connaissent. La honte, c'est la première fois car on ne sait pas comment
ça va se passer", explique-t-il au micro de RTL. "Il y a souvent une attente d'un peu plus d'une heure avant de pouvoir toucher la somme d'argent".
"Ma Tante" accueille chaque mois 1000 nouveaux clients. Au total, ils seraient 60000 à se rendre au Crédit municipal de Paris.
Le site officiel de "Ma Tante"
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10/04/2013 - 09h48
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