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Créé le 15/03/2010 à 07h20 - Mis à jour le 15/03/2010 à 08h41

Christian Menanteau
Le plan de sauvetage financier à la Grèce pourrait être officiellement annoncé ce lundi à Bruxelles. Est ce que l'on sait ce que prépare l'Europe ? La chronique de Christian Menanteau.
On sait surtout qu'elle se prépare à passer la vitesse supérieure. Il s'agit, en effet, d'éloigner l'arrivée du Fonds Monétaire Internationale d'Athènes. Ce qui signifie que, pour être pris au sérieux, il va falloir mettre sur la table au moins 20 milliards d'euros. C'est la somme minimum pour être crédible. Athènes doit, en effet, faire face à des échéances dont le montant global est d'environ 20 à 30 milliards d'euros. C'est une manœuvre exceptionnelle à deux titres.
- Il s'agit, en effet, d'un côté, de désarmer la spéculation qui aura, en effet, de nouvelles occasions de tirer sur l'Euro, en avril et en mai, quand de nouvelles échéances seront présentées à Athènes.
- Et puis, de l'autre, celle de mettre un peu d'ordre entre les différentes capitales et, particulièrement, entre Paris et Berlin.
Donc, les capitales européennes devraient passer à la caisse. On imagine qu'elles n'auront pas de plaisir à le faire. Sait-on comment ça va se passer ?
On a évoqué, la semaine dernière, la création d'un Fonds Monétaire Européen. Ce sera indispensable, bien sûr. Mais tout cela va prendre du temps pour être opérationnel. On va donc se rabattre sur des mesures plus classiques et plus brutales, et ainsi imposer à Georges Papandréou des coupes budgétaires très sévères. Une surveillance pointue de ses dépenses, par la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International. Et, si ces conditions sont réunies, lui offrir une garantie, un label "Europe" pour ses futurs emprunts. C'est capital, en effet, pour permettre à la Grèce d'emprunter à des taux plus bas. Les déclarations seront martiales, sur ce sujet, aussi raides que la discipline budgétaire aura été laxiste, ces dernières années.
Si cette opération de secours donne des résultats, les menaces sur l'Euro seront-elles levées ?
Non, pas complètement et pour deux raisons :
- Premièrement : les experts européens estiment qu'il faut, en réalité, au moins 35 milliards d'euros pour ré-oxygéner la Grèce. Dans la foulée, il faudrait d'ailleurs mobiliser 30 milliards d'euros pour l'Irlande et autant pour le Portugal. C'est le prix - 100 milliards environ - pour être sûr que l'euro va passer un été apaisé.
- Et puis, la seconde raison, c'est la fermeté avec laquelle Berlin exige une discipline financière de fer de tous ses partenaires. Cela montre que le danger va s'éloigner, mais non pas disparaître.
Bien sûr, tout cela n'est pas sans conséquences, en France. Le poids de nos dettes grimpe à une telle vitesse que Bruxelles, sous l'aiguillon des Allemands, vient de nous rappeler à la discipline budgétaire que nous avons votée.
*** Le bloc-notes
L'investisseur turc pressenti pour renflouer le carrossier Heuliez va nous faire connaître sa décision, aujourd'hui.
Et puis, mauvaise nouvelle du côté des retraites complémentaires : le rendement, c'est-à-dire le droit à pension que procure une cotisation va, encore diminuer, cette année.
*** La note du jour
3 sur 20 au couple Christine Pujol-André Daguin, les dirigeants du premier syndicat de l'hôtellerie-restauration : ils se livrent à un vaudeville pitoyable. On s'en ficherait un peu si ces 2 responsables syndicaux ne nous avaient pas convaincus - en tout cas, les pouvoirs publics - de leur faire un cadeau fiscal de 3 milliards d'euros avec la fameuse baisse de la TVA dans la restauration.
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