POLITIQUE ÉCONOMIE ENVIRONNEMENT

Le monopole des taxis parisiens vers Roissy et Orly est-il menacé ?

Créé le 17/02/2010 à 18h12 - Mis à jour le 18/02/2010 à 07h10

Des taxis parisiens à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle près de Paris, le 30 septembre 2003

Des taxis parisiens à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle près de Paris, le 30 septembre 2003 / AFP

Voilà une décision qui va faire du bruit dans la profession. Trois députés UMP franciliens ont fait adopter mercredi en commission, contre l'avis du rapporteur et du gouvernement, un amendement entraînant la suppression du monopole des taxis parisiens. Leur texte, qui entre dans le cadre de l'examen du projet de loi Grenelle 2, stipule qu'en "vue de faciliter la desserte des aéroports internationaux de la région Ile-de-France par des modes de transports alternatifs au véhicule léger personnel, le monopole des taxis parisiens institué dans leur ressort territorial par la voie réglementaire est aboli". Une vote qui a toute les chances d'être retoqué en séance. Cet amendement, cosigné par les députés UMP Yanick Paternotte, Yves Albarello et Didier Gonzales, a été adopté par la commission du Développement durable à quelques voix de majorité, a précisé une source parlementaire.

Présent en commission, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a indiqué que le monopole des taxis ne relevait pas de sa compétence mais de celle du ministère de l'Intérieur. "Mais si j'étais rapporteur du texte, je serais défavorable à cet amendement", a-t-il lancé, selon des participants.

Le rapporteur UMP du projet de loi Serge Grouard s'est opposé à cet amendement, qui "n'est pas le sujet" et n'a "rien à voir avec le développement durable". Le président de la commission du Développement durable Christian Jacob (UMP) a lui aussi dénoncé l'initiative de ses trois collègues de la majorité en estimant qu'elle allait "mettre le feu à une profession".

D'autres députés présents ont fait le lien entre cet amendement et la tenue des élections régionales, dans quelques semaines, certains y voyant une manœuvre électoraliste.

Voté le 8 octobre au Sénat, le Grenelle 2, dont le processus législatif a pris du retard, doit être examiné en séance publique à l'Assemblée nationale début mai. L'examen en commission doit durer jusqu'à fin mars, l'Assemblée fermant ses portes du 1er au 21 mars pour les Régionales.

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