Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 11/06/2010 à 07h20 - Mis à jour le 11/06/2010 à 08h09

Bénédicte Tassart / La rédaction de RTL
L'Allemagne avance plus vite que la France, sur le plan économique. Ça commence à en énerver certains. La chronique de Bénédicte Tassart
Oui. Vous savez à quoi pensent tous les matins, en se rasant, Nicolas Sarkozy et François Fillon ? Non, ce n'est pas ce que vous imaginez, ça on verra plus tard. Figurez-vous qu'ils sont obsédés par le spread. "Tous les jours, j'observe l'évolution des spreads" précisait Nicolas Sarkozy à la télé il y a plus d'un an. Et c'est encore plus vrai aujourd'hui. Le spread, savez-vous ce que c'est ? C'est le nouveau terme à apprendre, depuis le début de la crise, après subprime, hedge fund. Le spread, c'est l'écart entre les taux d'intérêt auxquels empruntent les Etats. Un taux d'intérêt bas, c'est que les marchés financiers font confiance au pays pour rembourser sa dette. Alors auparavant, quand tout était rose, la France et l'Allemagne étaient à égalité, on leur prêtait de l'argent à peu près au même taux.
Pourtant, depuis quelques jours, l'écart se creuse. Il a doublé en une semaine. On prête à l'Allemagne, sur 10 ans, à un taux de 2,57% et à la France à 3, 05%. Alors, ce n'est pas dramatique, la France n'a encore aucun problème pour emprunter, mais c'est un message. Les investisseurs privilégient désormais la dette allemande. Berlin les a rassurés avec son plan de rigueur de 80 milliards d'euros, tandis que nous, nous faisons toujours attendre sur l'ampleur de la réforme des retraites, par exemple. Et puis, les propos de François Baroin, sur la situation tendue pour conserver la note AAA de la France, n'ont pas rassuré. Même si le ministre du Budget a démenti, il reste toujours un doute.
Aujourd'hui, plus question de solidarité entre les pays.
C'est terminé la zone Euro unie, tous solidaires. Auparavant, même le spread entre l'Allemagne et la Grèce n'était pas élevé. Mais aujourd'hui, quand on prête à un pays de l'argent, ce n'est plus un soutien, ça devient une sanction avec taux d'intérêt et primes de risques énormes.
*** Le Bloc Note
Attention à l'avis de tempête au Japon. Le premier ministre reconnaît ce matin que la colossale dette publique du pays peut créer un risque d'effondrement financier, comme en Grèce.
En attendant notre reforme des retraites, sachez que l'âge légal pour les femmes fonctionnaires en Italie est passé d'un coup de 61 à 65 ans, pour s'aligner sur celles des fonctionnaires hommes et sur celles du privé.
Et puis, Vladimir Poutine est à Paris et pas pour faire des courbettes, ce n'est pas son genre. Le Premier ministre russe veut absolument acheter le Mistral mais en échange, il faudrait qu'on lui donne gratuitement notre technologie sur l'armement et le système de transmission de ce porte-hélicoptère.
*** La Note du Jour
2 sur 20 à British Petroleum qui, non seulement n'arrive pas à colmater la fuite de pétrole dans le Golfe du Mexique, mais qui déclenche maintenant une petite guerre diplomatique entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. L'action BP a perdu 44% depuis de 20 avril dernier, depuis l'explosion de la plateforme. Le géant pétrolier n'arrive pas à prendre de décision. Versera-t-il, oui ou non, ses 8 milliards d'euros de dividendes à ses actionnaires, principalement des fonds de pension, petits retraités britanniques, contre l'avis de l'opinion publique américaine ? David Cameron, le premier ministre britannique, doit en discuter, ce soir, au téléphone, avec Barack Obama.
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