Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 28/11/2008 à 07h19 - Mis à jour le 02/12/2008 à 13h57

Christian Menanteau / La rédaction de RTL
Le dossier du travail le dimanche n'est toujours pas bouclé par le gouvernement, et de nombreux élus de la majorité n'arrivent toujours pas à s'entendre sur l'intérêt d'ouvrir ces magasins le dimanche. Alors, Christian Menanteau, dites-nous quels sont les arguments.
Le face-à-face est relativement simple. D'un côté, le gouvernement promet, avec l'ouverture des magasins le dimanche, plus d'emplois et plus de pouvoir d'achat, grâce aux journées payées double. En face : des élus, des économistes, des entrepreneurs considèrent que ce projet ne tient pas la route. Le Credoc, un centre de recherche sur les conditions de vie, publie une étude, commandée par Bercy, qui permet de faire le point. Parmi les conclusions :
- Premièrement, dans le secteur alimentaire : ce sont les grands magasins qui vont profiter du dimanche travaillé, sans pour autant que la consommation augmente. En clair - et on l'avait tous compris - on ne mange pas plus parce que les magasins sont ouverts. Il y a donc un transfert au détriment des petites surfaces alimentaires. En termes d'emploi, l'addition est lourde. Plus de 16.000 postes seraient perdus, dans ce secteur, si le dimanche est travaillé.
- Reste donc le non-alimentaire, l'habillement, les meubles, l'électronique : alors là, l'ouverture le dimanche pourrait créer plus de 14.000 jobs sans aucune incidence sur les prix.
Est-ce que ce travail d'expert rejoint, finalement, les analyses des professionnels ? J'ai interrogé la Fédération Française de la Franchise, parce qu'ils ont 47.000 magasins en France, au total, qui font quand même la bagatelle de 47 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an. Leur réponse est claire, nette : travailler le dimanche, sauf en période particulière - avant les fêtes, par exemple - c'est, au final, plus de charges financières et pas plus de recettes.
Donc, avec une lecture économique : c'est match nul. Pas de création d'emploi, pas de baisse des prix. Et, pour le dire simplement, cette affaire de l'ouverture le dimanche, c'est beaucoup de raffut pour pas grand chose.
Vous parlez de chiffres, mais je souhaiterais parler des gens. Ceux qui veulent soit travailler, ou alors ceux qui veulent faire leurs courses.
On ne s'intéresse pas qu'aux chiffres. On s'intéresse aussi à ce que pensent les français. Les études examinent toutes ces hypothèses avec, classiquement, une petite schizophrénie bien tricolore : 52% des Français sont pour l'ouverture des magasins le dimanche. Plus de la moitié, mais ils ne sont que 39% à vouloir travailler ce jour-là.
Du coup, on se demande qui va tenir les boutiques, sauf, bien sûr, dans les grandes enseignes. Comme elles ont beaucoup de personnel et qu'elles peuvent lisser les périodes d'emploi de leurs salariés, ça ne les dérange pas trop. Et puis, il faut parler de deux points du projet actuel :
- D'abord, l'ouverture des magasins le dimanche serait réservée à des zones géographiques précises. Ca me paraît être un concept trompeur. On va voir se développer l'équivalent d'un commerce frontalier.
- Ensuite, le volontariat. Qui va croire qu'un salarié va repousser longtemps la demande pressante de son patron de bosser le dimanche. Bref, plutôt que de faire croire à un illusoire booster économique, il semblerait préférable d'offrir plus de souplesse dans les horaires, et d'élargir la palette des dimanches exceptionnellement travaillés. Et puis, on va tirer un trait sur cette fausse bonne idée.
*** La note du jour
13 sur 20 à Laurence Parisot, la patronne du Medef, qui, après avoir annoncé, hier matin sur RTL, qu'elle allait briguer un second mandat, va modifier l'organisation du Medef. Les différentes composantes patronales seraient mieux représentées.
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