Crédit : Martine Audusseau
Crédit : Christophe Decroix
Quatrième plan d'aide accordé à un pays de la zone euro depuis fin 2009
Ce plan d'aide sera le quatrième accordé à un pays de la zone euro depuis le début de cette crise fin 2009, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Il s'agira cette fois de renflouer le secteur bancaire de l'Espagne, asphyxié par son exposition à l'immobilier, une aide dont le montant est évalué par l'Eurogroupe à cent milliards d'euros au maximum.
L'Espagne va demander "une aide financière européenne" pour redresser son secteur bancaire, a annoncé à Madrid le ministre de l'Economie Luis de Guindos, après une réunion téléphonique des ministres des Finances des 17 pays de la zone euro. Il a affirmé qu'en échange, il n'y aurait aucune condition de réformes économiques "hors du domaine du secteur financier".
"Les conditions seront imposées aux banques, pas à la société espagnole", a ajouté le ministre, tentant de rassurer le pays, au taux de chômage record de 24,44% et déjà soumis à une rude cure d'austérité pour réduire son déficit public de 8,9% en 2011 à 5,3% cette année.
Jusqu'à 100 milliards d'euros d'aide
"Cela n'a rien à voir avec un sauvetage", a insisté M. de Guindos, précisant que l'aide sera réservée aux "30% (des banques) qui ont le plus de difficultés", et identifiées comme telles dans le rapport du Fonds monétaire international , mais la zone euro s'est dite prête à "répondre favorablement à une demande d'aide" de l'Espagne en faveur de son secteur bancaire et à lui prêter jusqu'à 100 milliards d'euros. "C'est une somme maximum", a souligné Luis de Guindos, et, "très clairement, il y a une marge de sécurité" dans ce chiffre.
Pour formuler une demande précise, Madrid attend, en plus du rapport du FMI, les résultats de l'audit réalisé par les cabinets allemand Roland Berger et américain Oliver Wyman, qui seront connus "dans quelques jours". L'Espagne a donc échappé au nouveau plan d'austérité qu'elle redoutait. Mais elle n'en reste pas moins sous surveillance étroite de ses partenaires européens.
Accord salué samedi soir par les
Etats-Unis, la France et l'Allemagne
L'Eurogroupe s'est dit ainsi "confiant que l'Espagne honorera ses engagements de réduction de déficit et en ce qui concerne les réformes structurelles, en vue de corriger les déséquilibres macroéconomiques" : "les progrès dans ces domaines seront surveillés de très près et régulièrement, parallèlement à l'assistance financière" fournie.
"Nous avons un nouveau concept : un sauvetage 'léger', sans conditions matérielles pour la dette et seulement pour les banques qui le demandent", analysait Charles Diebel, économiste chez Lloyds Banking Group, avant de poser la question suivante : "C'est la dernière en date d'une longue liste de mesures pour combattre la crise. Cela sera-t-il suffisant ?"
L'accord conclu avec l'Espagne a été salué samedi soir notamment par les Etats-Unis, la France et l'Allemagne. La présidente du FMI, Christine Lagarde, s'est félicitée de l'aide "crédible" proposée par l'Eurogroupe à Madrid. 
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10/04/2013 - 09h48
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