Crédit : Raphaël Vantard
Crédit : Christophe Ponzio
Un cercle vicieux
A la clôture à 17h, l'indice CAC 40 a perdu 2,89% à 3.101,53 points, dans un volume d'échanges assez faible de 2,408 milliards d'euros. "Il y avait longtemps que nous n'avions pas eu une séance aussi inquiétante qui rappelle les folles journées de l'été dernier", relève Andrea Tueni, analyste chez Saxo Banque.
Sur le front des valeurs, ce sont les banques, très exposées à la dette espagnole, qui ont vécu une séance noire. Crédit Agricole a enregistré la plus forte baisse de la cote (-5,48% à 3,04 euros) suivi par BNP Paribas (-5,47% à 26,96 euros). Société Générale a reculé de 4,58% à 15,64 euros.
Ce sont donc surtout l'Espagne et les taux exorbitants auxquels elle doit faire face qui inquiètent les investisseurs et leur font craindre que la quatrième économie de la zone euro n'ait besoin à court terme d'un plan de sauvetage global. Face à cette méfiance des investisseurs, les titres espagnols étaient assortis sur le marché secondaire d'un taux record, qui a atteint 7,5% dans la matinée, un chiffre intenable sur le long terme. Autrement dit, l'Espagne emprunte à des taux tellement élevés qu'elle pourrait ne plus pouvoir rembourser dans l'avenir, et donc voir sa dette se creuser dangereusement.
D'autant que l'économie de ce pays continue de se dégrader. L'activité économique de l'Espagne, entrée en récession au premier trimestre, a diminué à un rythme "plus intense" entre avril et juin qu'au cours des deux trimestres précédents, selon des estimations de la Banque d'Espagne publiées lundi.
"Il faudra faire plus (que le plan d'aide aux banques, NDLR) pour sauver l'Espagne. Avec des taux au-dessus de 7% le gouvernement est dans une situation intenable à long terme et chaque levée de fonds est un pas de plus vers la demande d'aide", écrit le groupe bancaire CM-CIC dans sa note quotidienne sur les marchés.
Pour les économistes d'Aurel, on assiste "au retour de la peur" sur les marchés financiers, où les investisseurs fuient les actifs risqués.

Un plan de sauvetage global exclu, pour le moment
Face à ces doutes sur la capacité de l'Espagne à garder la tête hors de l'eau, le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a de nouveau écarté lundi un plan de sauvetage global du pays. Interrogé par des journalistes dans les couloirs de la chambre des députés pour savoir s'il écartait l'éventualité d'un plan d'aide global pour l'Espagne, il a affirmé : "évidemment".
"Avec cette situation d'incertitude, de volatilité, il existe un comportement irrationnel (NDLR : des marchés). L'unique manière d'agir va bien au-delà de la capacité des gouvernements", a expliqué le ministre, faisant allusion à la Banque centrale européenne.
Samedi, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel García-Margallo, avait de nouveau appelé la Banque centrale européenne à agir, notamment en achetant de la dette espagnole afin de mettre fin à la spéculation contre l'Espagne.
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.