Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 18/03/2010 à 07h20 - Mis à jour le 18/03/2010 à 08h12

Christian Menanteau
Un protocole d'accord pour le rachat de l'industriel Heuliez vient d'être signé avec un Fonds d'Investissement de Turquie. Est ce que l'on peut dire que, désormais, Heuliez est sauvée ? La chronique de Christian Menanteau.
Ecoutez, du côté du ministère de l'Industrie, on veut bien croire que ce dossier est finalement bouclé. Il ne s'agirait désormais plus que d'organiser les détails d'une opération qui prévoit que cet investisseur turc engage 20 millions d'euros au côté des 10 millions du fonds stratégique d'investissement et des 5 millions de la région Poitou-Charentes. A priori, donc, il faut se réjouir de cette annonce. Il y a, vous le savez, 600 emplois à la clé. Un potentiel industriel tout à fait intéressant et semble t-il des brevets et des technologies dans les domaines des petits véhicules électriques citadins tout à fait précieux. Mais il y a quand même un bémol dans cette affaire qui traîne depuis près d'un an. Elle devait être conclue mardi et maintenant, on nous dit qu'elle ne le sera sauf accident que le 31 mars.
Vous pensez qu'il y a peut-être un loup, là dessous ? Que cet accord n'est pas définitif.
La seule certitude c'est finalement que rien n'est gravé dans le marbre. Au contraire : tout incite à la mesure, voire même à la circonspection.
Bernard Krief Consulting, dirigé par un très proche de la majorité, a baladé son monde durant huit mois avant d'être éjecté du dossier sous la pression des échéances électorales.
Madame Royal a fait, de son côté, miroiter l'intervention d'une grande mutuelle. Le suspens a duré une semaine. Et là, nous avons Monsieur Manas dont le Fonds d'Investissement est présent dans plusieurs entreprises en Turquie, et notamment dans une compagnie de bateaux-taxis à Istanbul, qui tient depuis un mois le rôle de sauveur. Face à une telle succession de rebondissements, il paraît légitime,quand même, de garder une certaine réserve, surtout que l'examen attentif de ce protocole et quand même un peu troublant.
D'abord rien n'engage le candidat de façon définitive. Il n'y a même pas d'indemnité de rupture. Et puis, l'investisseur se déclare prêt à racheter Heuliez ou une partie d'Heuliez que si certaines conditions sont remplies : d'abord qu'un nouvel examen du dossier soit positif, et surtout qu'il soit en mesure d'attirer des industriels turcs pour investir à ses côtés. Alors bien sûr, ce sont évidemment de dispositions de prudence, mais enfin on voit bien que les zones d'ombre restent nombreuses et que rien n'est définitivement bouclé.
Quand même, c'est curieux cette affaire : si le projet Heuliez est si prometteur qu'on nous le dit, pourquoi c'est si difficile de trouver un repreneur ?
D'abord, parce que nous en sommes en crise et que tous les industriels sont, semble t-il, aux abris. Mais sur le fond, vous posez la bonne question. 30 ou 40 millions d'euros pour un outil industriel, des brevets de l'Ingenierie et le savoir-faire de 600 personnes, ça me paraît être une somme dérisoire. C'est le budget d'une équipe de foot de bas de tableau avec une vingtaine de joueurs plutôt moyens. Alors c'est vraiment ce décalage qui interpelle. A ce stade, il paraîtrait quand même indispensable, maintenant, que le ministère de l'Industrie affiche publiquement les atouts, les pistes d'avenir d'Heuliez. Et si ce diagnostic est positif, et bien qu'il garantisse aux salariés que l'usine, les machines, les brevets ne seront pas délocalisés sur les rives du Bosphore à brève échéance.
*** Le bloc-note
Le statut d'auto-entrepreneur fait un véritable tabac : 35.800 personnes ont créé leur petite entreprise en février. Revers de la médaille : ce succès excite l'appétit des URSSAF.
*** La note du jour
4 sur 20 aux questeurs du Parlement Européen. Ils ont réussi l'exploit de supprimer la signalétique en Français du Parlement Européen à Strasbourg. Il faut quand même le faire. Et dans le même temps, la Commission européenne, elle, a réussi celui d'embaucher un porte-parole américain.
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