Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 12/06/2009 à 07h50 - Mis à jour le 12/06/2009 à 13h14

Henri Giscard d'Estaing sur RTL le 12 juin 2009 / RTL.FR
Le président-directeur général du Club Méditerranée répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie.
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- Tapie monte à l'assaut du Club Med
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Henri Giscard d'Estaing.
Henri Giscard d'Estaing : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Depuis un mois et demi maintenant, Bernard Tapie réfléchit publiquement à son entrée dans le capital du Club Méditerranée que vous présidez ; et hier, vous avez déposé plainte contre Bernard Tapie pour, je cite "diffusion d'informations fausses et trompeuses et manipulation des cours". De quoi accusez-vous exactement, Henri Giscard d'Estaing ?
Le conseil d'administration du Club, qui a la responsabilité d'une entreprise, c'est-à-dire de salariés, de clients à travers le Monde, a considéré que ce que disait Bernard Tapie sur le Club était dénigrant et inexact.
Alors il dit des choses désagréables : que le Club est mal géré, qu'il perd de l'argent ; et effectivement, le Club Med perd de l'argent. Il dit des choses que tout le monde peut voir, Henri Giscard d'Estaing ?
Tout le monde a le droit de juger une entreprise. Par contre, dire, par exemple, que les comptes sont maquillés ou que les choses ne sont pas claires, ça notamment lorsqu'il y a des investisseurs qui investissent dans une entreprise, on n'a pas le droit de le dire ou en tout cas, dans ce cas-là, il faut en défendre les raisons.
Effectivement, il a dit, hier, dans "Libération" : "J'essaie de comprendre l'entreprise. Tout est tellement maquillé. On n'y voit pas très clair". Donc, ça c'est ce qu'il a dit. Cette accusation de non-clarté des comptes, vous la récusez ?
Ah complètement... Et c'est d'ailleurs l'objet de la plainte du conseil d'administration. Nous avons fait un travail depuis cinq ans de transformation du Club. C'est un travail qui est extraordinairement difficile. Quel est l'objectif ? De faire du Club Med une entreprise française qui soit un spécialiste mondial. Pour ça, il fallait rénover nos villages. On a investi, dans la période, 700 millions d'euros pour les rénover. Il fallait faire évoluer notre clientèle pour notamment capter une clientèle qui voulait plus de confort. Il a fallu investir en publicité, en marketing. Il fallait changer, améliorer encore les services. On a créé 45 SPA, on a fait toute une série de choses. Tout ça est très clair. Tout ça était difficile, long et a coûté de l'argent.
Et tout ça se retrouve dans les bilans comptables. Celui qui veut peut y voir clair, d'après vous, Henri Giscard d'Estaing ?
Ah ça, sans aucun doute !
Vous avez vu Bernard Tapie, à sa demande je crois, à la fin du mois d'avril où il est venu vous indiquer que le Club Med pouvait l'intéresser et qu'il pouvait avoir envie d'entrer dans le capital. Ca s'est mal passé entre vous, ce jour-là ?
Ah non ! Il m'a exprimé ce qu'il pensait du Club qui était plutôt positif avec quelques idées. Et moi je lui ai dit : il y a trois défis.
- Premier défi : le Club a un fantastique potentiel ; et un potentiel notamment international. Et il faut donc qu'on puisse se développer le plus vite possible dans le monde entier ;
- Deuxième défi : il faut finir la montée en gamme pour en faire quelque chose d'unique et appporter notamment à nos clients, qui sont des familles, des produits exceptionnels. Donc, il y a encore des investissements à faire ;
- Et pour ça, troisième défi : il faut renforcer nos structures financières. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'après, nous avons fait une augmentation de capital.
Ca, vous étiez d'accord avec lui ? Ou du moins, il était d'accord avec vous ?
Il me semblait !
Et alors pourquoi est-ce que ça se passe mal aujourd'hui ?
Ah ça, ce n'est pas à moi d'y répondre. C'est à lui.
Vous l'accusez de manipulation des cours, tout de même... Enfin, du moins la plainte : manipulation des cours.
Est-ce que vous pensez que Bernard Tapie, par exemple, est en train de racheter vos actions ? De faire par ses déclarations et le témoignage de son intérêt : monter le cours... C'est ça que vous voulez dire ?
Nous avons fait donc, je le disais à l'instant, une augmentation de capital. Celle-ci est d'ailleurs très réglementée, ce qui est d'ailleurs tout à fait normal sous le contrôle de ce qu'on appelle l'autorité des marchés financiers. On a dans cette période une obligation de communiquer de manière extraordinairement précise et constante. C'est normal puisqu'il y a des gens qui vont investir ou qui vont vendre, d'ailleurs, chacun fait son choix. Et donc quand on tient des propos contradictoires, c'est-à-dire qu'un jour, on dit : je vais me retirer ; le lendemain, je suis prêt à prendre 5% ou à prendre le contrôle, on donne des informations qui peuvent influencer dans un sens ou dans un autre. Moi, mon rôle comme président de la société et le rôle du conseil d'administration, c'est veiller à l'intérêt de tous. Essayer de faire en sorte que les choses soient claires et transparentes.
Est-ce que vous pensez que Bernard Tapie spécule sur le Club Méditerranée, qu'il achète des actions, qu'il fait monter les cours, qu'il essaie de profiter et de créer le désordre pour en profiter personnellement ? Est-ce que c'est votre sentiment ? Est-ce que c'est le but de la plainte que de le démontrer, Henri Giscard d'Estaing ?
Je n'en sais rien. Le but c'est de faire en sorte que ce qu'il dit sur le Club Méditerranée soit juste. Chacun a le droit de juger. Chacun a le droit de critiquer. Simplement on doit le faire de manière constante, précise, spécifique et pas changer d'avis constamment.
Il n'y a plus aucune conciliation possible entre vous ?
Disons qu'aujourd'hui, le Club Méditerranée a une stratégie. On a tout à fait le droit de dire : ce n'est pas la bonne ou il faut en changer. Dans ce cas-là, il faut la présenter, la mettre en œuvre et puis, convaincre l'ensemble des actionnaires que ce n'est pas la bonne. Ce que je constate c'est que lorsqu'on a demandé l'avis aux actionnaires - et ça, c'est ce qu'on appelle l'augmentation de capital - ils ont été au rendez-vous.
Tous ?On dit que certains actionnaires, notamment Gérard Augustin Normand, de Richelieu Finances, pourrait en quelque sorte encourager Bernard Tapie dans sa volonté d'entrer dans le capital du Club Med.
Ecoutez, on demandait 100 millions d'euros d'actions nouvelles. On nous en a proposés pour 150 millions, et si on compte ce qu'on appelle les garanties, ça fait 200 millions. C'est un signe de confiance.
Donc, vos actionnaires vous suivent, Henri Giscard d'Estaing ?
Oui.
Vous êtes rassuré ?
C'est ce que notamment le conseil d'administration unanime, indique.
Ce dossier ne ressemble à aucun autre parce qu'après tout, des batailles boursières autour du capital d'une société, il y en a beaucoup ; mais on lit dans Le Figaro Magazine du 23 mai que Bernard Tapie aurait rencontré pour cette histoire du Club Med, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, le 6 mai. Vous avez des informations, vous, là-dessus ? Vous cherchez à vous renseigner ? Vous cherchez à savoir si c'est vrai ? Si c'est faux ? Si le pouvoir regarde ce dossier ?
Ce qui a été dit de la part de la République, c'est une négation de cela. J'en prends acte.
Et ça, vous en prenez acte !
Moi ce qui me préoccupe, ce qui m'intéresse, ce qui me concerne avec toutes nos équipes dans le monde, c'est de faire du Club Med un spécialiste mondial d'origine française. On n'a pas tant d'entreprises qui soient un spécialiste mondial et qui puissent offrir, notamment aux jeunes, des perspectives d'emploi, de travail.
C'est aussi ce que dit Bernard Tapie. Je vais en faire une belle entreprise mondiale.
Ecoutez ! Qu'il m'explique, qu'il nous explique comment il va la faire différemment, et surtout qu'il en convainc les actionnaires !
Vous avez présenté, hier, des résultats. Vous perdez 22 millions d'euros sur les six derniers mois. Le chiffre d'affaires est en baisse. Réservation en baisse pour l'été. Le Club ne va quand même pas bien. On peut le dire comme ça, Henri Giscard d'Estaing ?
Ah le Club paie le prix de la crise comme toutes les entreprises. Simplement, si on regarde les choses un peu avec un autre angle, le taux d'occupation de nos villages, c'est-à-dire le nombre de clients dans nos villages, il a augmenté sur le premier semestre sur l'hiver. La rentabilité de nos villages, elle a aussi augmenté. Ensuite, il y a le fait que la crise nous oblige à fermer quelques villages, nous oblige à faire des restructurations. Que ça se voit dans les comptes, c'est ça qui explique ce qu'on appelle la perte nette.
A quel horizon, vous gagnerez de l'argent ?
Ca va dépendre de la situation économique. Ce qu'on sait, aujourd'hui, c'est qu'on a transformé le modèle du Club et que le Club est préparé pour l'avenir. Je suis confiant. Ensuite, quelle sera la conjoncture ? Ca, je ne la connais pas.
Henri Giscard d'Estaing, P-DG du Club Med, était l'invité de RTL ce matin ; et sans doute, Bernard Tapie aura l'occasion de lui répondre.
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