Les Dossiers de RTL.fr - La bataille pour les retraites
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Eric Woerth lâché par les syndicats à l'approche du débat sur les retraites

Créé le 03/09/2010 à 10h21

Le ministre du Travail est empêtré depuis plusieurs mois dans l'affaire Bettencourt

Le ministre du Travail est empêtré depuis plusieurs mois dans l'affaire Bettencourt / AFP

A quatre jours du débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée nationale, la situation d'Eric Woerth apparaît de plus en plus délicate, voire intenable, après qu'il a reconnu être intervenu pour l'attribution de la Légion d'honneur au gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt. Certes, François Fillon a réaffirmé son soutien à son ministre du Travail, martelant que l'intéressé "mènera à son terme" le dossier phare du quinquennat. Mais les appels à la démission se multiplient dans l'opposition en raison des soupçons de trafic d'influence qui pèsent sur Eric Woerth. Les deux principaux syndicats français, CGT et CFDT, s'y joignent aujourd'hui en estimant dans "Les Echos" que le maintien du ministre constitue un problème dans le débat. Dès mercredi, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, avait jugé à la sortie du Conseil des ministres que le soutien du président à son ministre ne faisait "pas l'ombre d'un doute". Mais en coulisse, la musique est un peu différente. "Ca devient vraiment très compliqué", lâche un proche du chef de l'Etat. "On ne pourra pas tenir comme ça pendant deux mois encore", abonde une source gouvernementale.

Jeudi, François Fillon a redit que la réforme serait "conduite par le ministre en charge qui ira la défendre devant le Parlement", mais sans prononcer le nom du ministre. C'est bien évidemment Eric Woerth, a-t-on précisé dans son entourage, et "toute autre interprétation serait pure malveillance". Mais la participation du Premier ministre jeudi prochain à une émission télévisée consacrée aux retraites a été perçue comme un nouveau camouflet à Eric Woerth, déjà considéré comme une des victimes du remaniement annoncé pour novembre.

Les députés PS le jugent "totalement disqualifié". Un avis partagé par le PCF et le  NPA, qui réclament de nouveau sa démission, en plus du retrait de la réforme. Pour Benoît Hamon, porte-parole du PS, les "mensonges" d'Eric Woerth invalident la parole de Nicolas Sarkozy et François Fillon qui, "en toute connaissance de cause (l') ont protégé".

Côté syndical, pour la première fois, François Chérèque (CFDT) juge dans "Les  Echos" de vendredi qu'il y a "un vrai problème". "On n'aborde plus du tout le fond du dossier", dit-il. "Eric Woerth est objectivement plus occupé, et préoccupé, par autre chose que par le sujet qui nous, nous intéresse", déclare pour sa part Bernard Thibault (CGT) dans le même entretien.

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