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Rigueur : le gros coup de griffes de Sarkozy à Hollande

Créé le 08/11/2011 à 19h22

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy / AFP

Lundi, c'était la journée Fillon, chargé d'annoncer le mauvaises nouvelles aux Français. Nicolas Sarkozy a repris la main mardi. Le chef de l'Etat, qui doit convaincre qu'il est l'homme de la situation face à la tempête économique et qu'il a le courage de ses décisions, était devant les étudiants strasbourgeois mardi à la mi-journée pour assurer le service après-vente du plan de rigueur dévoilé la veille par le Premier ministre. Devant son auditoire, le chef de l'Etat a assuré avoir choisi le bon "dosage" d'effort pour éviter de peser sur la croissance. Il a défendu l'idée d'une Europe à deux vitesses, fédérale pour les dix-sept pays de la zone euro et confédérale au niveau des vingt-sept membres de l'Union européenne. "Tout est dans le dosage"

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Dans les arbitrages que nous avons rendus, il y a l'absolue nécessité de réduire les déficits. En 2013, on doit être à 3% (de déficit public rapporté au PIB) ... en 2016 on doit être à 0% de déficit. C'est ça le cheminement, on doit y arriver, c'est incontournable", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'un long échange avec des étudiants de l'université de Strasbourg.

"Si on a la main trop lourde, on déprime la consommation et on ne retrouve pas le chemin de la croissance. Or nous avons besoin de croissance", a-t-il ajouté à propos du plan présenté par François Fillon, "tout est dans le dosage".

Aux critiques de la gauche et d'une partie de la droite, qui ont jugé que la deuxième vague de rigueur budgétaire dévoilée lundi faisait peser un risque sur la croissance, le chef de l'Etat a répondu que le programme "d'investissements d'avenir" permettait de "développer des gisements de croissance de l'avenir".

Il a également dénoncé ceux qui considèrent les agences de notation ou les marchés comme "les sorcières du Moyen-Age". "L'accumulation de la dette, des déficits, c'est ce qui fait perdre son indépendance à un pays", a-t-il jugé.

Justifiant à nouveau la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, Nicolas Sarkozy a critiqué une nouvelle fois la proposition de son futur rival socialiste François Hollande, présenté comme "un candidat à la candidature", d'embaucher 60.000 personnes dans l'Education. "On va embaucher 60.000 enseignants, c'est 500 millions d'euros par an multiplié par cinq. Mais depuis quand embauche-t-on un fonctionnaire pour cinq ans ?", a-t-il raillé, "c'est peut-être une innovation, un nouveau contrat (...) c'est niveau master pour découvrir ça".

"Si je vous ennuie, vous m'arrêtez..."

Avant sa visite alsacienne, Nicolas Sarkozy s'en est également pris à François Hollande lors du petit déjeuner de la majorité à l'Elysée en qualifiant de "démagogue", selon un participant, sa décision de réduire de 30% le salaire du chef de l'Etat et de ses ministres s'il est élu. Le plan Fillon a annoncé le gel de la rémunération de membres du gouvernement.

Lors de cet échange de près d'une heure et demie, le président n'est pas revenu plus en détails sur le tour du vis budgétaire présenté lundi. Face à des étudiants très sages, il s'est livré à un long cours magistral sur l'origine de la crise des dettes souveraines, qu'il a attribuée à la volonté des pays développés de "financer la pérennisation de notre modèle social". "Si je vous ennuie, vous m'arrêtez...", a-t-il lancé au milieu de son exposé.

Délibérément optimiste, Nicolas Sarkozy a conclu en voulant croire que cette crise "peut être pour notre pays une opportunité de prendre des mesures qu'il n'aurait jamais accepté en dehors de la période de crise".

Alors que les sondages le donnent toujours largement battu face à Françoiks Hollande en 2012, le chef de l'Etat a voulu croire que "les gens en France sont intelligents (...) ils savent faire la différence entre un discours où on leur dit la vérité et autre chose".

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