Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 06/02/2012 à 20h15

Les agents de RTE ont négocié sans dommages le pic de consommation. / IDE
La France a frôlé une nouvelle fois lundi soir son record de consommation d'électricité en raison de la vague de froid qui sévit sur le pays depuis une semaine, sans toutefois l'égaler. Le Var et les Alpes-Maritimes ont été placés en "alerte rouge" face à un risque réel de coupures. D'après RTE, la filiale d'EDF qui gère les lignes à haute tension, la consommation de courant nationale a atteint un pic autour de 96.300 mégawatts (MW) à l'heure de pointe (19 heures), manquant ainsi de peu le précédent sommet établi à la mi-décembre 2010 (96.710 MW). Jeudi dernier, elle avait déjà presque égalé ce record historique, grimpant jusqu'à 96.390 MW.
La région PACA en "alerte rouge"
EDF et les autorités ont multiplié depuis ce week-end les déclarations rassurantes.
Le patron du groupe d'énergie, Henri Proglio, a assuré à RTL que ce pic serait franchi "sans problème" grâce à une forte disponibilité des centrales nucléaires (55 sur 58 en fonctionnement), couplée à des moyens de production complémentaires (barrages hydrauliques et centrales thermiques fonctionnant au fioul, au charbon ou au gaz). Sans oublier des importations de courant, principalement d'Allemagne.
La situation est cependant délicate en Bretagne et surtout en PACA, deux régions à fort risque de coupures car elles ne produisent qu'une fraction du courant qu'elles consomment et leurs lignes, situées en bout de réseau, sont au bord de la saturation lors de tels records.
Précarité énergétique
Cette situation a relancé les critiques des opposants à l'atome, l'Observatoire du nucléaire accusant les autorités de ne pas admettre "la faillite de leur stratégie basée sur le nucléaire et le chauffage électrique", principale cause des pics de consommation.
Le ministre de l'Energie Eric Besson a répliqué que si la France avait fermé la moitié de ses réacteurs, "comme le demandent François Hollande et Eva Joly", elle serait aujourd'hui obligée d'importer massivement du gaz russe, en raison du rendement faible ou nul des turbines éoliennes et des centrales solaires aux heures de pointe.
Par ailleurs, le bond de la consommation d'électricité a relancé le débat autour de la "précarité énergétique", phénomène qui frappe des millions de ménages.
Le gouvernement a assuré la semaine dernière que l'attribution automatique des tarifs sociaux de l'énergie à tous les foyers qui y ont droit, mais l'ignorent, était bien applicable depuis le 1er janvier, comme il s'y était engagé. Et ce, même si le décret encadrant ce dispositif n'est pas encore paru, ce qui avait suscité l'inquiétude d'élus.
Le patron d'EDF Henri Proglio a assuré qu'aucun ménage ne serait privé de courant tant que la vague de froid durerait. "Nous ne couperons aucun Français, aucun consommateur pendant la période de grand froid", a-t-il réaffirmé lundi.
Publicité
Publicité
Publicité