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Dette - Référendum : et si les Grecs votaient "non" ?

Créé le 01/11/2011 à 19h45

Le Premier ministre grec Georges Papandréou le 16 juin devant le Parlement

Le Premier ministre grec Georges Papandréou le 16 juin devant le Parlement / AFP /

C'est la question qui angoisse les dirigeants de la Zone Euro : et si les Grecs disaient tout simplement "Non" à la question "Souhaitez-vous l'adoption du nouvel accord concernant la crise grecque ?" ?. La décision de Georges Papandréou, le premier ministre grec, d'organiser un référendum sur l'accord européen sème en tout cas la panique à travers l'Europe. Et pour cause : s'il n'en a informé personne, un "Non" plongerait la Zone Euro dans un chaos sans précédent, menaçant tout simplement son existence même. Et, sur place, la population semble vouloir massivement voter le "Non"... ***Un pari complètement fou ?

Le Premier ministre grec Georges Papandréou a créé la surprise lundi en annonçant l'organisation d'un referendum et d'un vote de confiance au Parlement sur l'accord européen. Un vote de confiance qui devrait intervenir vendredi et où le chef du gouvernement pourrait y laisser sa veste. Un vrai pari donc de la part du socialiste.

Les Grecs "veulent-ils l'adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils ? Si les Grecs n'en veulent pas, il ne sera pas adopté", a déclaré le Premier ministre à des élus du Parti socialiste (Pasok) au pouvoir. "Nous faisons confiance aux citoyens. Nous croyons en leur jugement. Nous croyons en leur discernement", a-t-il ajouté.

***Le "Non" partout en Grèce...

Georges Papandréou dispose d'une faible majorité de 153 députés au  Parlement (sur 300 sièges), mais fait face à une montée des oppositions au sein de son propre parti. La date du référendum n'a pas été fixée mais il devrait être organisé d'ici quelques semaines, une fois le plan finalisé, a précisé le chef du gouvernement.

Un sondage paru le week-end dernier montre qu'une majorité de Grecs jugent les décisions du sommet européen négatives, 12,6% seulement les jugeant positives. Le sondage, mené par l'institut Kapa Research pour le journal To Vima, a été mené auprès de 1.009 personnes.

***L'angoisse des dirigeants européens

Sonnés par cette nouvelle catastrophe, les dirigeants européens ont réagi durement et certains n'ont pas mâché leurs mots, comme les Premiers ministres belge Yves Leterme et luxembourgeois Jean-Claude Juncker. "Papandréou porte une très lourde responsabilité" avec cette décision, car "de l'insécurité a de nouveau été créée alors que le monde entier a justement besoin de sécurité et de confiance", a accusé Yves Leterme.

La Grèce risque la faillite en cas de rejet du plan de sauvetage, a pour sa part averti Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.

Le Premier ministre grec a semble-t-il pris tout le monde par surprise. "Il n'en a parlé ni avant, ni pendant, ni après le sommet" des dirigeants de la zone euro mercredi dernier à Bruxelles, a assuré M. Leterme. "Il s'agit d'un choix inattendu qui crée des incertitudes après le Conseil européen et à la veille de l'importante rencontre du G20 à Cannes", a déploré le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.

***Un référendum sur l'avenir de l'Europe

"Le référendum ne va pas rendre les choses faciles, car il devient un référendum sur l'appartenance de la Grèce à la zone euro", a pour sa part analysé le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb. Un non des Grecs "augmente le risque d'un défaut forcé" de la Grèce et celui d'une éventuelle sortie de ce pays de la zone euro, avec de "graves conséquences financières pour la stabilité financière et la viabilité de la zone euro", a mis en garde l'agence de notation franco-américaine Fitch Ratings dans un communiqué.

***Sarkozy et Merkel "déterminés"

Artisans du plan de sauvetage approuvé mercredi dernier à Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel se sont déclarés mardi "déterminés" à le faire appliquer. Les deux dirigeants se sont entretenus par téléphone pour arrêter la marche à suivre. Ils ont souhaité l'adoption "rapidement" d'une "feuille de route" pour assurer l'application de ce plan.

Ils sont convenus de se retrouver mercredi après-midi à Cannes, d'abord avec le FMI et l'UE, puis avec les autorités grecques, à la veille du sommet du G20 dans cette ville du sud de la France.

Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont contacté mardi M. Papandréou et l'ont appelé a respecter ses engagements à l'égard de la zone euro. "Nous avons pleinement confiance dans le fait que la Grèce honorera les engagements pris en relation avec la zone euro et la communauté internationale", ont ils déclaré dans un communiqué commun. "Nous sommes convaincus que cet accord est le meilleur pour la Grèce", ont-ils soutenu.

***Retour sur l'accord

Le plan comprend un effacement de 100 milliards d'euros de dette du pays détenus par des banques privées, complété par des garanties de 30 milliards d'euros apportées par les gouvernements de la zone euro pour inciter les créanciers privés à échanger en janvier leurs titres obligataires grecs contre de nouveaux, avec une perte de 50% au passage.

Il inclut aussi de nouveaux prêts de la communauté internationale à la Grèce pour 100 milliards d'euros. Mais il impose en contrepartie de lourds sacrifices au pays et a provoqué une contestation sociale généralisée en réaction à la brutale chute du niveau de vie de pans entiers de la population.

La dette de la Grèce s'élève à 350 milliards d'euros, soit environ 160% de son PIB. Selon les termes de l'accord, la dette devrait être ramenée à 120% du PIB d'ici 2020.


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