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ÉCONOMIE INTERNATIONAL

Bourse : les 500 milliards de la BCE ne rassurent pas

Créé le 21/12/2011 à 19h00

La tension est palpable dans la salle des marchés de Sao Paulo au Brésil

La tension est palpable dans la salle des marchés de Sao Paulo au Brésil / AFP

La zone euro savourait un répit mercredi, mais de courte durée. Les banques ont été généreusement approvisionnés par la BCE lors d'une opération de prêt sur trois ans inédite à hauteur de 489 milliards d'euros de prêts. Mais malgré tout, cette somme colossale ne suffira probablement pas à guérir les pays en proie à la crise de la dette, selon les économistes. D'ailleurs, à la cloture, les places boursières européennes ont terminé en baisse. Le marché reste inquiet

La Bourse de Paris a terminé sur une baisse mercredi (-0,82%), dans un marché inquiet de la situation des banques européennes après les emprunts massifs qu'elles ont faits auprès de la Banque centrale européenne (BCE). A la clôture, l'indice CAC 40 a lâché 24,92 points pour s'inscrire à 3.030,47 points, dans un volume d'échanges modeste à l'approche des fêtes de fin d'année de 2,4 milliards d'euros.

Après une matinée orientée dans le vert et une hausse de 2% grâce à la détente sur les taux longs espagnols et à une première réaction positive à l'opération de prêt de la BCE, le marché s'est essoufflé à mi-journée.  Avec l'arrivée des opérateurs américains, la cote a perdu du terrain alors qu'ils vendaient des valeurs européennes, dont françaises, explique-t-on dans les salles de marché.

Un prêt de 500 milliards d'euros

 A l'origine de ce renversement de tendance, l'interprétation du marché à l'opération de prêt sur trois ans lancée par la BCE. Cette dernière a alloué un montant très élevé - 489,191 milliards d'euros - à 523 banques de la zone euro. Considérée tout d'abord comme un succès et comme preuve de la bonne volonté de la banque centrale à soutenir l'économie, les investisseurs ont, après réflexion, interprété cette opération comme une illustration des difficultés du secteur bancaire.

La crise continue encore et encore

Hormis ce versement, ailleurs, la crise fait toujours son travail de sape. Ainsi, le Royaume-Uni pourrait à terme perdre son triple A, meilleure note possible pour les agences de notation financière selon le rapport annuel de l'agence Moody's.  A Bruxelles, le président de l'UE, Herman Van Rompuy, a convoqué pour le 30 janvier le prochain sommet des dirigeants européens, appelé à être encore dominé par la crise de la dette et notamment un projet de pacte sur la discipline budgétaire. 

Europe toujours, l'économie italienne s'est contractée au troisième trimestre (-0,2% par rapport au trimestre précédent). Selon le gouvernement, le pays, qui a pris de sévères mesures d'austérité afin de rassurer les marchés, est déjà en récession. D'ailleurs, l'agence de notation Fitch a menacé d'abaisser les notes des dettes à long terme de 41 régions, départements et villes italiennes et de 14 régions, provinces et municipalités espagnoles.  De son côté, l'Allemagne, dont la dette constitue une valeur refuge au sein de la zone euro pour les investisseurs, prévoit d'emprunter 250 milliards d'euros sur les marchés en 2012, contre 275 milliards en 2011.

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