ÉCONOMIE

Avis de tempête sur l'automobile mondiale

Créé le 31/03/2009 à 07h20 - Mis à jour le 31/03/2009 à 09h49

Christian Menanteau

Christian Menanteau / La rédaction de RTL

Avis de tempête sur l'automobile à travers le monde entier. Aux Etats-Unis, évidemment, pointe la menace d'une faillite pour General Motors et Chrysler. c'était inimaginable il y a encore quelques mois. La chronique de Christian Menanteau. Ecouter aussi :
- L'industrie automobile est-elle en danger de mort ?
- Obama met General Motors et Chrysler au pied du mur

On le voit bien avec cette valse des dirigeants, à la fois en Europe, au Japon, et puis, maintenant, aux Etats-Unis. Tout cela montre une chose : on change partout les têtes pour changer un modèle économique qui est à bout de souffle. Et, bien sûr, c'est en Amérique que c'est le plus spectaculaire. Les ventes sont en recul, là-bas, de 40%. Les modèles coûtent trop chers, ils consomment trop, leur technologie est datée. Et cela donne un résultat financier sans appel : General Motors a perdu 73 milliards de dollars depuis, seulement, 2005. La situation de Chrysler est pire encore.

Alors, l'administration de Barack Obama a donc décidé d'en tirer toutes les conclusions. General Motors a soixante jours pour proposer un plan de survie qui tienne la route. Chrysler n'en a, lui, que trente pour montrer qu'il mérite l'aide du contribuable américain. Au terme de ces deux périodes, la Maison-Blanche leur coupera les vivres et les laissera seuls face à leur destin. Si l'on en juge par les premières appréciations de la Bourse, ce destin est sombre. General Motors a perdu, en quelques heures, hier, le tiers de ce qui lui restait de valeur.

On a quand même du mal à imaginer que l'Amérique laisse tomber et laisse disparaître GM et Chrysler !

Pour Chrysler, le défi est clair : il est, désormais, trop petit pour que sa disparition affole le gouvernement. Il doit donc trouver, d'ici le 1er Mai, une alliance qui lui apporte la technologie et l'expertise industrielle qui lui manque dans les voitures économiques. C'est Fiat qui est le grand favori de cette opération "mariage".

Pour General Motors, le plan, lui, c'est celui d'une faillite "contrôlée". Aux Etats-Unis, c'est une protection qui permet de restructurer une entreprise, à sa guise, sans s'occuper de ses dettes. C'est d'ailleurs grâce à cet outil que les compagnies aériennes américaines ont déjà été sauvées, il y a quelques années, d'une banqueroute totale.

En fait, Barack Obama prépare la relève de General Motors et de Chrysler ?

Bien évidemment. On ne peut pas imaginer, une seconde, que l'Amérique ne va pas sauver une industrie qui pèse autant dans la vie quotidienne des américains. Mais le président américain a tiré toutes les conclusions de la faillite des banques et des assurances parce qu'en échange d'un chèque de 21 milliards de dollars, les constructeurs américains vont "manger leur chapeau".

Jamais un gouvernement depuis Franklin Roosevelt n'a été aussi interventionniste. Il a viré les PDG, nommé leur successeur et même plus de la moitié du conseil d'administration de General Motors. Et comme c'est de l'argent de l'Etat, la politique industrielle sera pilotée par un homme de la Maison-Blanche. Interventionniste, protectionniste : la stratégie du président américain est furieusement pragmatique, pour ne pas dire totalement contraire aux grands principes libéraux. Voyez, on change réellement d'époque !

*** La note du jour

12 sur 20 à Ikea, qui lance un service en ligne de  covoiturage pour que ses clients ne viennent plus individuellement dans ses magasins. Cela paraît écolo, mais c'est surtout malin, car face aux coûts des transports, les chalands désertent les magasins de périphérie.

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