Aulnay serait la première fermeture d'usine d'assemblage du 21ème siècle

Christian Menanteau

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La rentrée s'annonce délicate pour l'automobile : les menaces de fermeture de sites de production se précisent avec PSA en première ligne. La chronique de Christian Menanteau.

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Aulnay serait la première fermeture d'usine d'assemblage du 21ème siècle

Crédit : Christian Menanteau

Bien sûr ! P.S.A est en première ligne et c'est malheureusement assez logique parce que ce groupe est, de loin, le premier fabriquant de véhicules "made in France". La moitié de ses douze usines européennes sont dans l'Hexagone et on doit y ajouter onze sites de mécanique. PSA est aussi en première ligne parce que l'entreprise va mal : son cours de Bourse s'est littéralement effondré : il a reculé de 75%. Pour parer au plus pressé, on a vendu le siège parisien, il y a un plan de réduction de 6.000 postes à travers l'Europe et, déjà, on a engagé un milliard d'euros d'économie supplémentaires.

Et puis, PSA enfin est en première ligne parce que ses ventes sont en chute de 15%, ce qui place l'entreprise dans une inextricable situation de surcapacités. Quand on examine l'ensemble de ses sites européens, on découvre qu'ils ne tournent globalement qu'à 75% de leurs capacités.

Franchement, l'usine d'Aulnay a-t-elle une chance d'être conservée ?

Non, je ne le crois pas. Depuis 1992 et la fermeture de Renault à Billancourt, aucune usine d'assemblage n'a été fermée en France. Aulnay serait donc la première fermeture du 21ème siècle. L'annonce semble aujourd'hui ne plus faire de doute, les syndicats eux-mêmes d'ailleurs semblent résignés. Cette décision est exemplaire des difficultés, pour ne pas dire de l'impossibilité de fabriquer des petits véhicules en Europe occidentale.

Aulnay, qui ne produit que la C3 qui est en fin de vie, est spécialisé dans le segment B, c'est-à-dire, celui des petites citadines où les capacités de production en Europe sont déjà très excédentaires et, pire encore, où les marges bénéficiaires sont pelliculaires. Quand vous avez ces deux contraintes, vous ne pouvez pas faire tourner des usines à petite vitesse car les coûts fixes sont impossibles à amortir.

Le site d'Aulnay est-il le seul centre de production concerné ?

Non, probablement pas. Le dossier de la reconfiguration de l'outil de production automobile en France, celui de P.S.A comme ceux de Renault, est désormais ouvert. On sait déjà qu'il y a une réflexion autour du site de Rennes, qui fabrique les grosses voitures du groupe sochalien. On se prépare au pire aussi chez les sous-traitants industriels et tertiaires, ces PME dont on ne parle que trop rarement et qui sont les plus malmenées en période de forte crise.

On peut bien sûr espérer un plan B mais le réalisme commande de ne pas se faire trop d'illusions : 9 sites de production perdent de l'argent en France et si PSA et Arnaud Montebourg cherchent une solution pour les 3.300 salariés, ce n'est pas vers l'automobile qu'ils devront se tourner.

*La note du jour :

5 sur 20 à Thomas Fatome, le directeur de la Sécurité Sociale : la Cour des Comptes a refusé de certifier les comptes de la branche "Famille" parce qu'ils sont truffés d'erreurs et pas une broutille : 1,6 milliard d'euros !

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