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400.000 Minitels seraient toujours en service
Crédit : AFP/File, BinhCrédit : Sophie Joussellin
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L'arrêt définitif du système n'est pas uniquement dû à la désaffection du grand public pour le terminal mais correspond aussi à des impératifs techniques liés à l'arrêt du réseau X25 (Transpac) supportant le système du Minitel et qui est arrivé en phase d'obsolescence. Pour autant, les derniers utilisateurs du Minitel ne sont pas tous de simples nostalgiques. Certains, comme les personnes habitant des zones très reculées dites "blanches" donc non couvertes par l'ADSL, n'avaient jusqu'ici pas d'autres moyens pour accéder à certains services. France Télécom assure avoir développé pour eux un accompagnement spécial afin de pouvoir leur proposer des solutions alternatives, comme l'internet par satellite ou l'internet mobile. 
Photo de Minitels prise le 12 juin 2012 dans les locaux de la sociéte "Envie 2e" à Toulouse
Ils ne veulent pas lâcher leur Minitel
Ils sont plus de 400.000 usagers jusqu'au-boutistes en France à devoir se résoudre à éteindre leur Minitel. "C'est un crève-coeur pour moi, mon Minitel c'était sacré, c'était une belle aventure", soupire Solange Gieux gestionnaire d'une ferme d'élevages à Vitré (Ille-et-Vilaine). Le Minitel était "très simple à utiliser et très peu onéreux. C'est dommage qu'on nous enlève un outil comme ça, je ne comprends pas." Elle fait partie de quelque "420.000 utilisateurs du Minitel répartis dans toute la France", précise une porte-parole de France Telecoms. La plupart toutefois ne s'en sert que "de façon ponctuelle" avec "au moins une connexion par an".
Mais les usagers réguliers, parfois installés dans des régions non desservies en haut débit, bien éloignés de ces quelque 60 % de Français qui vivent à l'ère du wifi, devront consentir un effort d'adaptation à l'ordinateur ou aux tablettes. Non sans appréhension. Pour Solange Gieux, 52 ans, il n'était "pas question d'investir dans l'ordinateur", "trop compliqué" et sur lequel "il faut taper ceci, il faut taper cela". Le "Minitel c'était le top".
Adieu les messageries roses
"Les adeptes des messageries roses l'appréciaient parce qu'il n'y a pas d'intrusion sur le Minitel, le réseau est bien sécurisé", explique Georges Gallet de l'association armoricaine de recherches historiques sur les télécommunications (ARMORHISTEL) qui prévoit des festivités le 30 juin à l'Espace Ferrié, qui abrite le musée des transmissions, à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine). "Je comprends très bien leur attitude: ce sont des gens qui n'ont pas envie d'être harcelés par des messages commerciaux une fois connectés sur un site, qui veulent préserver leur vie privée, leur anonymat. Ce sont des fonctions qui manquent sur internet", relève Bernard Marti, 69 ans, un des pères fondateurs du Minitel. Un précurseur
Son écran noir et blanc de 23 centimètres et son clavier minimaliste donnent l'impression au Minitel de sortir de l'âge de pierre informatique à l'heure des tablettes et des smartphones. Pourtant, le remiser au grenier avec les téléphones à cadran serait injuste car son influence subsiste encore dans le monde des télécoms. "Le Minitel a été une façon de préparer les Français aux usages internet qu'on connaît aujourd'hui, à travers des services de communication électronique, la messagerie, ou la consultation de bases de données", défend la directrice des portails chez Orange France, Hélène Viot-Poirier. "Il y a aujourd'hui des services de cloud (gestion dématérialisée des données informatiques) peu différents dans l'esprit de ce qu'on trouvait dans les systèmes de consultation de bases de données sur Minitel", souligne-t-elle.
Plus encore que dans l'outil, simplifié au maximum pour convenir au plus large public possible, c'est dans la gestion de son réseau que se situait l'innovation du Minitel. Le Kiosque, "business model" inventé spécialement pour le Minitel, a permis une tarification simple, au temps de connexion, gérée par l'administration des télécoms plutôt que par les fournisseurs de services, en intégrant le coût de la consultation des services directement sur la facture de l'abonné. Ce système en a inspiré de nombreux autres, comme la téléphonie portable ou les boutiques en ligne comme l'App Store d'Apple, racontent Valérie Schafer et Benjamin G. Thierry dans leur ouvrage "Le Minitel, l'enfance numérique de la France".
Free peut remercier le Minitel
Le partage de revenus entre fournisseurs de contenus et opérateurs a aussi favorisé l'émergence des développeurs de services. "Le Minitel a permis de créer en France tout un écosystème de fournisseurs de contenus qui va perdurer au-delà de la fin du service, car ces start-up ont clairement réussi leur transformation en passant de modèles Minitel à des modèles internet en ajoutant de nouvelles solutions de paiement ou des modèles publicitaires", estime Mme Viot-Poirier.
Pour l'expert en innovation et nouveaux médias Damien Douani, "si on a des acteurs aussi virulents d'un point de vue commercial dans l'internet français, c'est grâce au Minitel". Il cite en exemple le fournisseur d'accès à internet Free, "qui a financé son développement grâce à son service d'annuaire inversé et aux messageries roses sur Minitel".
Un reportage pour les dix ans du Minitel (source : Ina.fr) :
Alors Premier ministre, Lionel Jospin, voulait ouvrir le Minitel à Internet pour lui permettre de rester dans le coup (source : Ina.fr) :
Photo prise le 9 juillet 1985 de Louis Mexandeau, ministre des PTT, inaugurant le Minitel à Paris :

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