Crédit : Bernard Lehut
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Crédit : Sarah Kalmann
Le père du jeune Olivier
L'écrivain a donc connu un succès international avec "Les allumettes suédoises", premier volet des aventures d'Olivier, vendues à des millions d'exemplaires dans le monde, dans lesquelles cet enfant de Montmartre a raconté sa jeunesse. Romancier comblé, au style populaire, haut en couleurs, il était également l'auteur d'une dizaine de recueils de poèmes et d'une monumentale "Histoire de la poésie française", fruit de 40 années de travail.
Né le 17 août 1923 à Paris, orphelin à l'âge de 12 ans, Robert Sabatier avait appris le métier de typographe en Haute-Loire avant de regagner la capitale au lendemain de la guerre pour vivre sa passion de la littérature.
Son premier roman, "Alain et le nègre", paru en 1953, est adapté au cinéma par Julien Duvivier. Mais c'est avec "Les allumettes suédoises", en 1969, qu'il rencontre un énorme succès public et rate de peu le prix Goncourt.
Sept épisodes des aventures du jeune Olivier suivront en trente ans - "Les noisettes sauvages" (1974), "David et Olivier" (1986), "Olivier 1940" (2000)... - qui, sans rencontrer le même succès que "Les allumettes...", le consacreront comme un écrivain populaire auquel le public est resté fidèle.
Passionné de poésie, Robert Sabatier a publié à partir de 1976 une "Histoire de la poésie française" en neuf volumes, et écrit lui-même de très nombreux poèmes rassemblés dans une dizaine de recueils. Un pan de son œuvre qui lui a valu en 1969, le Grand prix de poésie de l'Académie française.
Personnage influent du monde de l'édition pendant plus de 40 ans, il avait été élu en 1971 jury du prix Goncourt.
Apprenant le décès du grand écrivain en marge de l'élection du nouveau président du Syndicat national de l'édition, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a regretté la disparition d'une "grande figure de la littérature".
Tahar Ben Jelloun, membre de l'académie Goncourt, dont Robert Sabatier était le doyen, a regretté la disparition d'un "homme d'une grande culture et d'une grande discrétion, doté d'une grande présence, subtile et jamais véhément". "La rentrée littéraire sans lui va être bien triste", a-t-il déploré. "C'était mon voisin de gauche à la table du jury du Goncourt (qui se réunit chaque année le jour de la remise du prix littéraire au restaurant Drouant, à Paris, ndlr). Il était là avant nous tous et en a vu passer beaucoup, Aragon, Gennevoix..."
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