Prix Cervantès en 1987
Souvent cité comme potentiel prix Nobel de littérature, Carlos Fuentes avait obtenu en 1987 le prix Cervantès, considéré comme le prix de littérature de langue espagnole le plus prestigieux au monde.
Il était notamment l'auteur de "La mort d'Artemio Cruz" (1962) ainsi que d'une vingtaine d'autres livres et portait depuis plus d'un demi-siècle un regard critique sur la société mexicaine contemporaine.
Né au Panama le 11 novembre 1928 de parents diplomates, il a passé son enfance entre les Amériques et l'Europe. En 1950, après un diplôme en droit à Mexico et une formation aux relations internationales à Genève, il embrassa la carrière diplomatique avant de s'orienter vers la littérature et le journalisme.
L'écrivain acquiert une notoriété internationale dès l'âge de 30 ans avec son premier roman, "La plus limpide région" (1958) qui, dit-il, reconstitue "la mosaïque des courants souterrains de l'histoire mexicaine qui est celle d'une frustration".
Son obsession des temps historiques et sa recherche de l'identité mexicaine apparaissent notamment dans "La mort d'Artemio Cruz" (1962), "Une certaine parenté" (198O), "Les années avec Laura Diaz" (1999).
"L'Oranger ou les cercles du temps" (1995) fait apparaître en filigrane les rapports entre l'Europe et l'Amérique, les allers-retours de l'Histoire, le métissage culturel entre les strates africaine, indienne et espagnole sud-américaines.
Son roman le plus ambitieux, "Terra Nostra" (1975) lui vaut le prix Romulo-Gallegos, la plus haute distinction littéraire latino-américaine, pour sa vision de la civilisation ibérico-latino américaine.
Après la publication de "Ce que je crois" (2002), abécédaire intime, il se lance dans la politique-fiction avec "Le siège de l'aigle" (2003), reflétant un Mexique futuriste, puis un pamphlet virulent "Contre Bush" (2004) après la réélection du président.
Son dernier ouvrage, "Vlad" (publié en 2010), n'a pas été traduit en français.
Sa carrière diplomatique l'a conduit à se partager entre Mexico, Paris et Londres, où il vivait une partie de l'année. En France, où il a été ambassadeur de 1975 à 1977, l'ancien président François Mitterrand lui avait décerné la Légion d'Honneur en 1992.
(avec AZP)
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