
Tableau d'affichage du Nasdaq à Times Square, New York, le 18 mai 2012
Crédit : Getty Images/AFP / S.PlattCrédit : Rémi Sulmont
Crédit : Rémi Sulmont
Crédit : Marie Drucker
Mardi, des informations de presse affirmaient que les trois principales
banques ayant piloté l'opération avaient abaissé leurs prévisions de
résultats pour Facebook quelques jours avant l'entrée en Bourse en ne
prévenant que certains gros actionnaires.
"Si c'est vrai, c'est un véritable scandale", s'indignait sur Twitter Sallie Krawcheck, ex-dirigeante de la gestion de fortune de Bank of America et star de Wall Street.
Lancé en Bourse vendredi à 38,00 dollars, le titre a perdu près de 20%
sur les trois premières séances de cotation, même s'il a regagné 3,23% à
32,00 dollars mercredi.
La banque Morgan Stanley riposte
Morgan Stanley, en tête des banques organisatrices, s'est défendue
mardi, affirmant avoir respecté toutes les procédures habituelles et
légales.
Elle a souligné que les analystes des banques organisatrices avaient
abaissé leurs perspectives à la suite d'informations publiées par
Facebook lui-même, et avoir prévenu tous les investisseurs.
Pour tenter de couper l'herbe sous le pied aux critiques et poursuites,
Morgan Stanley a dit à ses clients qu'elle étudiait un par un les ordres
d'achat et vente reçus, et qu'elle tenterait d'"ajuster" les échanges
au prix qui avait été demandé par ces clients.
D'autant que, selon une source au fait de l'opération, l'ensemble des
banques organisatrices a gagné 100 millions de dollars au premier jour
de cotation de Facebook, lors des échanges réalisés par les banques pour
soutenir le cours du site internet.
Le directeur financier de Facebook mis en cause
David
Ebersman, 41 ans, a gardé "une forte emprise" sur toutes les décisions
importantes prises lors du processus, "ne consultant pas ses banquiers
comme le font beaucoup de sociétés", a écrit le Wall Street Journal sur son site internet.
La
décision du "CFO" (Chief Financial Officer) d'augmenter le nombre de
titres pourrait avoir "condamné" à l'échec l'entrée en Bourse du site
communautaire, a affirmé le journal, disant avoir interviewé plus d'une
douzaine de personnes impliquées dans le processus.
Selon le
WSJ, M. Ebersman avait pour "principal confident" le co-directeur des
opérations bancaires liées au domaine technologique de Morgan Stanley,
Michael Grimes. Le quotidien financier explique que ce dernier l'avait
assuré que la demande en actions Facebook était forte... ce qui n'a
finalement pas été le cas.
Morgan Stanley, en tête des banques
organisatrices, s'était défendue mardi d'avoir averti seulement certains
gros actionnaires de l'abaissement des prévisions de résultats du site
aux 900 millions d'utilisateurs. Elle avait affirmé avoir respecté
toutes les procédures habituelles et légales.
Des plaintes qui visent Facebook et ses banques
Les plaintes en nom collectif d'actionnaires s'estimant lésés se
multipliaient mercredi à l'encontre de Facebook et ses principaux
banquiers conseils, Morgan Stanley, Goldman Sachs et JPMorgan Chase.
L'une d'entre elles, enregistrée auprès d'un tribunal de Manhattan, vise
personnellement le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, d'autres
dirigeants ou administrateurs du réseau aux 900 millions de membres, ou
encore ses banques.
Dans un communiqué, Facebook a jugé cette plainte "infondée", promettant de se "défendre vigoureusement".
Une autre, déposée par le cabinet Lieff Cabraser Heimann &
Bernstein, estime que le prospectus boursier présentant l'opération aux
investisseurs a été "préparé avec négligence" et qu'il ne "révélait pas
des données clé sur les activités de Facebook et ses perspectives".
Une troisième, déposée en Californie, accuse les banques responsables de
l'opération et Facebook de n'avoir révélé "qu'à une poignée de gros
investisseurs, pas au grand public" l'abaissement des perspectives de
revenus du site internet juste avant son entrée en Bourse.
Mais aussi le Nasdaq...
La plate-forme boursière Nasdaq était également visée par des plaintes
en nom collectif comme celle de Phillips Goldberg, un investisseur du
Maryland (est), pour ne pas avoir été en mesure de traiter en temps et
en heure les ordres boursiers massifs pendant la première journée de
cotation de Facebook.
Dans une note aux courtiers, le Nasdaq explique que l'entrée perturbée
de l'action FB sur le marché a été due à une multitude d'ordres d'achats
et d'annulations de ces achats reçus pour le prix d'introduction après
le début de la cotation.
A l'avenir, le Nasdaq "n'acceptera plus d'ordres contradictoires après
que le prix final de lancement aura été fixé", conclut-il.
La commission bancaire du Sénat américain ouvre une enquête informelle
"J'ai demandé à mon équipe de se pencher sur les problèmes évoqués dans la presse en ce qui concerne l'introduction en Bourse de Facebook", a indiqué dans un communiqué le président démocrate de cette commission Tim Johnson, confirmant une information donnée dans un premier temps par la chaîne de télévision CNBC, puis par une source démocrate de la commission.
M. Johnson a indiqué que son équipe participait à des entretiens bipartites "avec Facebook et avec les régulateurs et les autres parties prenantes".
"Une fois que ces entretiens seront terminés et que mon équipe m'en aura référé, je déterminerai si une audition de la commission Bancaire du Sénat est nécessaire", écrit le sénateur.
Aucune enquête formelle n'a été ouverte à la commission mercredi.
(avec dépêches)
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