Introduction en Bourse de Facebook : des informations cachées aux petits actionnaires ?

Tableau d'affichage du Nasdaq à Times Square, New York, le 18 mai 2012

Tableau d'affichage du Nasdaq à Times Square, New York, le 18 mai 2012

Crédit : Getty Images/AFP / S.Platt

Sale temps pour le réseau social le plus renommé de la planète ! Alors que l'introduction en Bourse se devait d'être une grande fête, le titre a perdu près de 20% sur les trois premières séances de cotation. Les plaintes en nom collectif d'actionnaires se multiplient contre Facebook et ses banques. Ces dernières sont soupçonnées d'avoir caché des informations importantes aux petits actionnaires. La Commission bancaire du Sénat a même annoncé l'ouverture d'une enquête informelle. Une personne révélait que l'opération a permis aux établissements financiers organisateurs d’empocher 100 millions de dollars lors du premier jour. Le directeur financier de Facebook est accusé d'avoir augmenté de 25% le nombre de titres émis.

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Les banques organisatrices auraient caché des informations importantes aux petits actionnaires

Crédit : Rémi Sulmont

L'entrée en bourse est-elle réellement un échec ?

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Facebook a t-elle dégradé son image en décidant de se lancer au Nasdaq ? Les réponses de Jérôme Bouteiller, auteur de "Bienvenue sur Facebook" (Albin Michel)

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Mardi, des informations de presse affirmaient que les trois principales banques ayant piloté l'opération avaient abaissé leurs prévisions de résultats pour Facebook quelques jours avant l'entrée en Bourse en ne prévenant que certains gros actionnaires.

"Si c'est vrai, c'est un véritable scandale", s'indignait sur Twitter Sallie Krawcheck, ex-dirigeante de la gestion de fortune de Bank of America et star de Wall Street.

Lancé en Bourse vendredi à 38,00 dollars, le titre a perdu près de 20% sur les trois premières séances de cotation, même s'il a regagné 3,23% à 32,00 dollars mercredi.



La banque Morgan Stanley riposte

Morgan Stanley, en tête des banques organisatrices, s'est défendue mardi, affirmant avoir respecté toutes les procédures habituelles et légales.

Elle a souligné que les analystes des banques organisatrices avaient abaissé leurs perspectives à la suite d'informations publiées par Facebook lui-même, et avoir prévenu tous les investisseurs.

Pour tenter de couper l'herbe sous le pied aux critiques et poursuites, Morgan Stanley a dit à ses clients qu'elle étudiait un par un les ordres d'achat et vente reçus, et qu'elle tenterait d'"ajuster" les échanges au prix qui avait été demandé par ces clients.

D'autant que, selon une source au fait de l'opération, l'ensemble des banques organisatrices a gagné 100 millions de dollars au premier jour de cotation de Facebook, lors des échanges réalisés par les banques pour soutenir le cours du site internet.

Le directeur financier de Facebook mis en cause

David Ebersman, 41 ans, a gardé "une forte emprise" sur toutes les décisions importantes prises lors du processus, "ne consultant pas ses banquiers comme le font beaucoup de sociétés", a écrit le Wall Street Journal sur son site internet.

La décision du "CFO" (Chief Financial Officer) d'augmenter le nombre de titres pourrait avoir "condamné" à l'échec l'entrée en Bourse du site communautaire, a affirmé le journal, disant avoir interviewé plus d'une douzaine de personnes impliquées dans le processus.

Selon le WSJ, M. Ebersman avait pour "principal confident" le co-directeur des opérations bancaires liées au domaine technologique de Morgan Stanley, Michael Grimes. Le quotidien financier explique que ce dernier l'avait assuré que la demande en actions Facebook était forte... ce qui n'a finalement pas été le cas.

Morgan Stanley, en tête des banques organisatrices, s'était défendue mardi d'avoir averti seulement certains gros actionnaires de l'abaissement des prévisions de résultats du site aux 900 millions d'utilisateurs. Elle avait affirmé avoir respecté toutes les procédures habituelles et légales.

Des plaintes qui visent Facebook et ses banques

Les plaintes en nom collectif d'actionnaires s'estimant lésés se multipliaient mercredi à l'encontre de Facebook et ses principaux banquiers conseils, Morgan Stanley, Goldman Sachs et JPMorgan Chase.

L'une d'entre elles, enregistrée auprès d'un tribunal de Manhattan, vise personnellement le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, d'autres dirigeants ou administrateurs du réseau aux 900 millions de membres, ou encore ses banques.

Dans un communiqué, Facebook a jugé cette plainte "infondée", promettant de se "défendre vigoureusement".

Une autre, déposée par le cabinet Lieff Cabraser Heimann & Bernstein, estime que le prospectus boursier présentant l'opération aux investisseurs a été "préparé avec négligence" et qu'il ne "révélait pas des données clé sur les activités de Facebook et ses perspectives".

Une troisième, déposée en Californie, accuse les banques responsables de l'opération et Facebook de n'avoir révélé "qu'à une poignée de gros investisseurs, pas au grand public" l'abaissement des perspectives de revenus du site internet juste avant son entrée en Bourse.

Mais aussi le Nasdaq...

La plate-forme boursière Nasdaq était également visée par des plaintes en nom collectif comme celle de Phillips Goldberg, un investisseur du Maryland (est), pour ne pas avoir été en mesure de traiter en temps et en heure les ordres boursiers massifs pendant la première journée de cotation de Facebook.

Dans une note aux courtiers, le Nasdaq explique que l'entrée perturbée de l'action FB sur le marché a été due à une multitude d'ordres d'achats et d'annulations de ces achats reçus pour le prix d'introduction après le début de la cotation.

A l'avenir, le Nasdaq "n'acceptera plus d'ordres contradictoires après que le prix final de lancement aura été fixé", conclut-il.

La commission bancaire du Sénat  américain ouvre une enquête informelle

"J'ai demandé à mon équipe de se pencher sur les problèmes évoqués dans la presse en ce qui concerne l'introduction en Bourse de Facebook", a indiqué dans un communiqué le président démocrate de cette commission Tim Johnson, confirmant une information donnée dans un premier temps par la chaîne de télévision CNBC, puis par une source démocrate de la commission.

M. Johnson a indiqué que son équipe participait à des entretiens bipartites "avec Facebook et avec les régulateurs et les autres parties prenantes".

"Une fois que ces entretiens seront terminés et que mon équipe m'en aura référé, je déterminerai si une audition de la commission Bancaire du Sénat est nécessaire", écrit le sénateur.

Aucune enquête formelle n'a été ouverte à la commission mercredi.

(avec dépêches)

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2commentaires
Signaler un abus top jacobsg4 le 27/05/2012 à 11h43 ben ça commence bien , une arnaque de plus et vous voudriez faire confiance à la bourse?
la bourse à toujours été pour les initiés et ceux qui ni pige que pouic en sont pour leurs frais
Signaler un abus top pdj60 le 24/05/2012 à 10h50 LA bourse ce n est pas une loterie.

il y a quelques années eurotunel puis mickey entrainaient des milliers d actionnaires et de gogos qui pensaient que l argent se gagne facilement et sans rien faire.
on est pas riche par hasard !!!!
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