Frédéric Mitterrand sur RTL : "Je me suis endurci"

Créé le 24/10/2009 à 17h35 - Mis à jour le 31/10/2009 à 15h03

Harry Roselmack, Nicolas Milovanovic et Frédéric Mitterrand au château de Versailles

Harry Roselmack, Nicolas Milovanovic et Frédéric Mitterrand au château de Versailles / V. Spitz / RTL

Chaque samedi, Harry Roselmack confie la direction du Journal Inattendu à une personnalité emblématique, choisie pour son talent, son expérience ou ses idées. Investi de ce rôle exceptionnel, ce rédacteur en chef apparaît sous un jour nouveau. "La seule chose qui compte, c'est d'avancer": Frédéric Mitterrand a jugé samedi que la récente polémique sur sa vie privée lui avait permis d'achever sa mue de simple citoyen à ministre.
   
Tout en assurant qu'il ne se départirait pas de sa "part d'émotion" à l'avenir, le ministre français de la Culture, interrogé sur RTL, a expliqué qu'il serait désormais "un peu plus prudent" dans son expression publique.
   
Frédéric Mitterrand s'est retrouvé dans la tourmente fin septembre pour avoir apporté un soutien appuyé au cinéaste franco-polonais Roman Polanski lors de l'arrestation de ce dernier en Suisse pour une affaire de viol sur mineure aux Etats-Unis remontant à 1977.  Il a été ensuite accusé par le Front national et certains dirigeants socialistes de faire l'apologie du tourisme sexuel dans son livre sorti en 2005 intitulé "La mauvaise Vie".
   
Une polémique dont le ministre dit aujourd'hui sortir "endurci" et "sans rancoeur".
   
"Tous les ministres ont leur passage au feu, leur superbizutage, le mien était carabiné. Mais je pense que je pourrai en tirer tous les enseignements et, au fond: ni ressentiment, ni rancoeur, ni rancune. La seule chose qui compte, c'est d'avancer", a-t-il déclaré.
   
"Je me suis endurci. Les seules traces, c'est que j'ai appris un certain nombre de comportements qui peuvent être ceux d'un ministre que je n'avais peut-être pas totalement maîtrisés", a-t-il reconnu.
   
Neveu de l'ancien président socialiste François Mitterrand et novice en politique après une carrière de journaliste et de réalisateur, Frédéric Mitterrand a estimé que l'affaire lui permettrait de "trouver l'équilibre entre citoyen et ministre".
   
"Je vais être un peu plus prudent", a-t-il expliqué tout en revendiquant sa "part d'émotion". "Je ne veux pas devenir un monstre administratif ou qui fait carrière politique".
   
Il n'a pas confirmé le dépôt d'une plainte en diffamation contre Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, qui a lancé la polémique en lisant des extraits de son livre à la télévision avant de réclamer sa démission.

Le rédacteur en chef :


Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture.

Ses invités :

Serge Toubiana: directeur de la Cinémathèque française.

Nicolas Milovanovic: commissaire de l'exposition, conservateur chargé des peintures du XVIIe siècle et du Cabinet des dessins au château de Versailles et professeur.

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