Patrice Carmouze : La chronique du 22/05/2012 dans A La Bonne Heure
Créé le 22/01/2012 à 10h55

L'Abbé Pierre est décédé il y a 5 ans / AFP
L'Abbé Pierre offrait à ses compagnons un toit, un travail, et une nouvelle dignité... Il est enterré à Esteville en Seine-Maritime et 5 ans après son décès, un lieu consacré à sa mémoire ouvre ce dimanche. L'ouverture de ce lieu de mémoire a couté 1,2 million d'euros et a été réalisée grâce au travail de plusieurs communautés Emmaüs.
Philippe Dupont, le directeur du musée Emmaüs dans la chambre de l'Abbé Pierre (Photo Frédéric Veille/RTL)
Une canne, un béret et une robe de bure: le visiteur reconnaîtra aisément les attributs emblématiques de l'Abbé Pierre dans le lieu consacré à sa mémoire et à sa postérité qu'Emmaüs ouvrira dimanche à Esteville (Seine-Maritime) où il est enterré.
Dans ce capharnaüm, le visiteur reconnaitra ses grosses lunettes, son béret, sa canne et sa robe de bure de moine capucin, mais il ne verra pas sa célèbre cape que lui avait donné un colonel des pompiers en 1954. Elle a été rendue à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris comme l'avait stipulé l'Abbé Pierre dans son testament.
L'ouverture de ce lieu de mémoire qui a couté 1,2 million d'euros et qui a été réalisé grâce au travail de plusieurs communautés Emmaüs n’interrompra pas l'activité de cette maison consacrée à l'accueil d'une vingtaine de jeunes en très grande difficulté. "Ce sera un lieu de mémoire mais aussi un lieu de vie où les jeunes hébergés participeront à l'animation", précise Philippe Dupont.
Cette bâtisse a été donnée en 1964 à Emmaüs par Georges Lanfry, un entrepreneur en bâtiment de Rouen spécialisé dans la restauration de monuments historiques. Elle abrita une communauté de chiffonniers et le secrétariat international de l'Abbé Pierre avant de devenir en 1972 une maison de retraite pour les vieux compagnons puis en 1999 ce centre d'accueil pour jeunes.
L'Abbé Pierre venait se reposer et se ressourcer durant de plus ou moins longues périodes dans ce lieu où il recevait ministres, artistes ou grands patrons qui souhaitaient le rencontrer. "Il faut l'imaginer le matin téléphonant aux grands de ce monde pour les presser d'agir et l'après-midi débarrassant des greniers avec ses compagnons", dit Philippe Dupont.
Né il y a cent ans, le fondateur d'Emmaüs a été enterré en 2007 dans le cimetière d'Esteville aux côtés de sa fidèle secrétaire, Lucie Coutaz, et du premier compagnon, Georges Legay, un ancien bagnard qu'il avait sauvé du suicide. Depuis, chaque année, près de 3.000 personnes viennent se recueillir sur sa tombe.
(Avec AFP)
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