La reconstitution d'une cabine première classe du Titanic
Crédit : Frédéric Veille/RTLCrédit : Frédéric Veille
Revivre de l'intérieur le naufrage du Titanic: c'est ce que propose depuis vendredi la Cité de la mer à Cherbourg (Manche), de l'insouciance persistante des premières classes aux mécaniciens qui furent, dans les cales, les premières victimes de la catastrophe.
Projeté sur un pont extérieur du bateau quittant Cherbourg, le 10 avril 1912 à 20h10, grâce à un écran de 24 mètres de large, le croisiériste du XXIe siècle est d'abord saisi par la sérénité qui émane de la mer calme et du paquebot réputé insubmersible.
Mais le chronomètre, qui s'égrène tout au long de l'exposition permanente, comme un compte à rebours jusqu'à la disparition du navire le 15 avril à 2h20, laisse poindre l'angoisse.
281 des 2.201 passagers et membres d'équipage du Titanic embarquèrent à Cherbourg, avant-dernière escale entre Southampton (Angleterre) et Cobh (Irlande).
Bernard Cauvin :"L'escale de Cherbourg est la plus symbolique"
Musée du monde sous-marin installé dans la gare maritime de 1933 de Cherbourg, la Cité de la mer a investi 3,3 millions d'euros dans ce nouvel espace de 2.500 m2 consacré au naufrage. L'inauguration officielle est prévue mardi 10 avril.
"L'escale de Cherbourg est la plus symbolique de la société de l'époque", affirme Bernard Cauvin, le président de la Cité de la mer : "Arméniens, Syriens, Libanais, pour la plupart paysans en quête d'un eldorado, en 3e classe. Milliardaire made in USA, baron écossais ou artiste connu en 1ère".
Le président de la "Cité de la mer" Bernard Cauvin (RTL/Frédéric Veille)
Avant d'embarquer, le croisiériste virtuel a pu consulter la liste des passagers, leurs profils, leurs bagages, leurs destins, via des écrans interactifs installés dans la salle des bagages aux comptoirs de bois, inscrite à l'inventaire des monuments historiques, jusqu'alors fermée au public.
Une fois sur le bateau, il passe du piano et des rires des salons des premières classes aux violons irlandais des troisième classe, séparés par un rideau de fer qui fut fatal à bien des migrants. Très vite, les indices du drame à venir s'accumulent.
"Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille", lit-on sur un hublot citant la philosophe Anna Arendt. Alors que les "bip bip" lancinants des messages en morse se font plus insistants, on pénètre dans la salle où travaillent les télégraphistes.
"Seuls 40% des messages d'alerte aux icebergs envoyés par d'autres navires ont été décodés. Les passagers étaient plus demandeurs des cours de la bourse à New-York", souligne Bernard Cauvin, qui est aussi le maire PS d'une petite commune de l'agglomération cherbourgeoise.
Arrivé sur la passerelle de pilotage, on apprend que les marins n'ont jamais mis la main sur les jumelles qui devaient s'y trouver.
Plusieurs ponts plus bas, l'immensité des turbines du paquebot, sur les photos d'époque, impressionne presque autant que celle du réacteur nucléaire de troisième génération EPR en construction à 30 km de Cherbourg. Mais il s'avère "qu'une soute à charbon s'était enflammée dès Southampton et que les mécaniciens ont mis plusieurs jours à en venir au bout", poursuit M. Cauvin.
L'iceberg passe presque discrètement devant les hublots/écrans. Bruits sourds. Nous sommes le 14 avril. Il est 23H40. Deux heures quarante plus tard, "il n'y a plus rien", conclut le président de la Cité de la mer. 711 personnes s'en sortirent, dont 499 passagers (203 de 1ère classe, 118 de 2e et 178 de 3e). Il y avait 1.178 places dans les canots.
Pratique : "Titanic, Retour à Cherbourg", nouvelle exposition permanente de la Cité de la Mer. L'entrée du musée reste à 15,50 euros par adulte.
Plus d'informations sur le site de la Cité de la Mer
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