
L'appartement de James Holmes, piégé par des explosifs, n'a toujours pas été "visité" par les démineurs de la police américaine
Crédit : AFP/T.CooperCrédit : Jean-Vincent Russo
"Des fils de détente, des bocaux remplis de munitions"
La tuerie a soulevé une vague d'émotion dans tout le pays, les candidats à la présidentielle de novembre, Barack Obama et Mitt Romney, ayant suspendu leur campagne. La fusillade a aussi relancé l'éternel débat sur la réglementation des armes à feu.
Des experts artificiers ont essayé jusqu'à la tombée de la nuit vendredi d'entrer dans l'appartement du tireur présumé du cinéma d'Aurora, dans la banlieue de Denver, après avoir découvert que le logement était piégé avec un arsenal de produits chimiques et explosifs.
"Il y a un amas de fils électriques, de fils de détente, de bocaux remplis de munitions, de liquides. Plusieurs choses qui ressemblent à des munitions de mortier. Entrer dans cet appartement en toute sécurité est un vrai défi", a expliqué le chef de la police d'Aurora, Dan Oates, lors d'une conférence de presse, ajoutant que les opérations reprendraient samedi.
Le chef de la police d'Aurora a affirmé que l'appartement était considéré trop dangereux pour que des hommes y pénètrent. Le salon de l'appartement est traversé de câbles métalliques apparemment connectés à des bouteilles en plastique contenant un liquide indéterminé, a indiqué un responsable des pompiers.
Selon une source policière, une musique très forte passe en boucle dans l'appartement. "(...) Ces pièges étaient sans aucun doute destinés à tuer et blesser les premières personnes entrant dans l'appartement", a confié la source.
A l'intérieur, les services de police espèrent pouvoir récolter des indices leur permettant de comprendre le mobile de James Holmes, 24 ans, habitant d'Aurora et qui a été arrêté sans opposer de résistance.
Il avait auparavant ouvert le feu dans une salle du multiplex "Century 16 Movie Theater" lors d'une première à minuit de "The Dark Knight rises", dernier volet de la trilogie Batman dont la sortie était attendue par des millions de fans. Le dernier bilan fait état de 12 morts et 58 blessés.
Un étudiant lambda
Vendredi soir, les habitants d'Aurora se sont rassemblés pour des veillées. Des centaines de personnes endeuillées ont tenu des bougies et exprimé leur peine, en mémoire des morts et des blessés.
Samedi, dans son message radiophonique hebdomadaire, le président Obama a promis que "le gouvernement fédéral ferait tout pour traduire en justice le responsable de ce crime atroce". Il a donné l'ordre de mettre les drapeaux en berne sur les édifices publics jusqu'au 25 juillet.
James Holmes est un étudiant originaire de San Diego, en Californie, qui n'était jusqu'alors pas connu des services de police, hormis pour un excès de vitesse. Il allait quitter l'Université du Colorado où il était inscrit en neurosciences depuis juin 2011, a précisé un porte-parole de l'établissement dans le quotidien local Denver Post.
Cheveux rouges pour ressembler au "Joker" de Batman ?
Sur la tuerie en elle-même, Dan Oates, le chef de la police, a également donné plus de détails. L'homme est apparu devant l'écran, un masque à gaz sur le visage, et a d'abord jeté une bombe lacrymogène dans la salle, à la faveur d'une scène où des coups de feu étaient échangés, puis a commencé à tirer sur les spectateurs. Il s'était teint les cheveux en rouge pour essembler au "Joker"
Le tireur a monté lentement les marches en choisissant ses victimes au hasard, selon plusieurs témoins, alors que la salle était envahie de fumée. L'homme était armé d'un fusil d'assaut, d'un fusil de chasse et d'une arme de poing. Il portait par ailleurs un gilet pare-balles lorsqu'il a été arrêté, sur le parking du cinéma. Une arme de poing a également été retrouvée dans sa voiture garée à l'arrière du bâtiment, a précisé la police. L'auteur présumé de la fusillade, qui se serait teint les cheveux en rouge, a pu pénétrer dans la salle, malgré sa tenue voyante, car plusieurs spectateurs étaient déguisés en personnages du film, l'un des principaux «blockbusters» hollywoodiens de l'été.
6.000 cartouches acheté sur internet
Sur une photo transmise par l'université, le jeune homme à la bouille ronde, les cheveux noirs légèrement décoiffés, affiche un sourire satisfait et porte un tee-shirt orange foncé. Le FBI le décrit comme un homme blanc de 1,90 mètre, né le 13 décembre 1987, n'ayant aucun lien avec le terrorisme.
Il avait néanmoins acheté plus de 6.000 cartouches sur l'internet ces deux derniers mois, selon le chef de la police d'Aurora. Ses services ont saisi un fusil d'assaut, un fusil à pompe et un pistolet dans sa voiture, et ont retrouvé un autre pistolet dans le cinéma. Les armes ont été acquises en toute légalité, selon le magasin qui les a vendues, Bass Pro Shops.
"Sur Internet, il a également acheté plusieurs chargeurs pour le fusil d'assaut de calibre .233, dont un chargeur de 100 balles, qui a été retrouvé sur les lieux. Des experts m'ont expliqué qu'avec ce chargeur, il aurait pu tirer de 50 à 60 balles... en une minute. Et pour ce que l'on en sait, c'était un rythme de tir assez rapide dans ce cinéma", a noté le chef de la police
Le maire de New York interpelle Obama et Romney
Cette nouvelle fusillade aux Etats-Unis (l'une des pires depuis celle de Virginia Tech en avril 2007 qui avait 33 morts) ravive le débat sur la réglementation des armes, un sujet que M. Obama est accusé d'avoir soigneusement évité depuis son arrivée à la Maison Blanche.
Vendredi, interrogé sur la question, le porte parole de la Maison-Blanche a semblé un peu perdu face à la polémique, confirmant l'embarras du clan Obama sur le sujet. "Le président croit que nous devons prendre des mesures de bon sens qui
protègent les droits des Américains au regard du deuxième amendement
tout en faisant en sorte que ceux qui ne devraient pas posséder d'armes
selon les lois en vigueur n'en obtiennent pas."
Mitt Romney, qui avait pourtant légiféré sur le port d'armes dans son état du Massachusetts, aura lui du mal à défier de défier la National Rifle Association, le puissant lobby des armes à feu, en pleine campagne
Le maire de New York, Michael Bloomberg, favorable à la réglementation des armes, a pourtant appelé "les deux hommes qui veulent être président des Etats-Unis à dire ce qu'ils vont faire à ce sujet, car il s'agit à l'évidence d'un problème qui concerne tout le pays". "Il y a tellement de meurtres commis chaque jour avec des armes à feu, cela doit cesser», a-t-il ajouté.
Le maire Bloomberg risque d'être déçu. La dernière fusillade à avoir
provoqué un émoi national, qui avait failli coûter la vie à la
représentante démocrate Gabrielle Giffords, à Tucson, n'avait entraîné
aucune modification des lois américaines sur les armes à feu.
Massacre lors d'une première de Batman aux Etats-Unis : toutes les vidéos sur RTL.fr :
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10/04/2013 - 09h48
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