Crédit : Frédéric Perruche
Une "horde"
L'enquête se poursuivait lundi après l'agression samedi soir à Villeurbanne, près de Lyon, de trois jeunes juifs portant la kippa par une dizaine d'individus qui les ont frappés à coups de marteau et de barre de fer. Les enquêteurs de la police, qui ont déjà entendu un témoin, devaient en entendre plusieurs autres dans la journée mais il n'y a pas d'interpellation pour l'instant, selon une source judiciaire.
En visite lundi matin en Moselle, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a dénoncé cette agression "très grave" et exprimé sa "solidarité avec les victimes".
Samedi vers 18h30, les trois jeunes âgés de 18, 23 et 24 ans, coiffés d'une kippa, se rendaient à un office religieux à l'école juive Beth Menahem de Villeurbanne lorsqu'ils ont été "insultés et bousculés par trois individus".
Décrits comme "d'origine maghrébine", les agresseurs, rejoints par une dizaine de personnes, sont revenus à la charge. S'en est suivi un "échange de coups" durant lequel "deux des trois jeunes" ont reçu "un coup de marteau et un coup de barre de fer au niveau de la tête", selon la police. Le troisième jeune a été frappé au bras.
A leur sortie de l'hôpital, les trois victimes ont déposé plainte et la police a ouvert une enquête.
Lundi matin, aucun renfort policier n'était présent aux abords de l'école Beth-Menahem, qui dispose de son propre dispositif de sécurité depuis l'attentat à la voiture piégée visant une école juive voisine, en septembre 1995.
"C'est très grave, c'est une violence insupportable", a réagi Jean-Marc Ayrault, en marge d'une visite à Forbach, en Lorraine. "J'exprime ma solidarité avec les victimes, c'est une évidence pour moi", a-t-il ajouté. Selon lui, "il faut mener en permanence le combat contre toutes les formes d'antisémitisme, de racisme. Il faut le faire à la fois à travers la fermeté mais aussi l'éducation".
"Faisons preuve de fermeté et en même temps éduquons, transmettons", a-t-il fait valoir.
Cet agression s'inscrit "dans la suite de la tuerie de l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse" par Mohammed Merah, a affirmé le président du Crif, Richard Prasquier, qui a exprimé son "inquiétude".
Le vice-président du Front National Louis Aliot a mis en cause les "milieux jeunes" et "musulmans" dans cet acte "bien sûr" condamné par le FN.
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10/04/2013 - 09h48
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