Exclu RTL : Jérôme Kerviel est l'invité de Marc-Olivier Fogiel dès 18h pour sa première réaction après sa condamnation
Crédit : Marc-Olivier Fogiel
Crédit : RTL.fr
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Jérôme Kerviel dans le studio de RTL
L'intégralité de l'interview de Jérôme Kerviel
A quoi vous avez pensé quand la décision est tombée ?
"J'ai pense à ma mère et au mal que ça a dû lui faire, au mal que ça lui a fait. Je l’ai eu au téléphone depuis et je l’ai retrouvé en pleurs…Je pense à elle énormément et je pense à elle depuis tout à l’heure. "
Vous vous êtes dit l’avenir s’assombrissait de façon sévère ?
"Clairement oui, je ne m’attendais pas à cette décision, elle est totalement inique au regard des éléments du dossier, que nous avons reçu, que nous avons produit lors du procès, je ne comprends absolument cette décision tous les arguments que nous avons développés, les témoignages que nous avons soumis à la cours ont été balayés."
Vous espéreriez pus de clémence ?
"Évidemment, je comptais même sur la relaxe pour être franc avec vous.
Vous comptiez sur la relaxe ?
"Évidemment parce qu’en fait les témoignages ont été d’une qualité assez impressionnante. Et je ne m’attendais absolument pas à ce jugement."
Vous continuez à dire que vous êtes un jouet dans les mains de la Société Générale ?
"Oui complétement. Depuis le début je prends mes responsabilités, dès le premier jour d’enquête j’ai dit ce que j’avais fait, ce que je n’avais pas fait. Il était évident au regard des éléments du dossier que mes supérieurs étaient informés. Je pense que le jugement protège la société générale et que c’est comme ça depuis le début de l’enquête, depuis le début de la procédure, ça fait quatre ans que je vis ce calvaire."
Pourquoi la justice protégerait la Société Générale ?
"Je n’en sais rien mais pour moi c’est totalement incompréhensible au regard des pièces du dossier. Depuis quatre ans je ne crois pas une seule personne du milieu qui me dit évidemment qu’ils savaient, ça ne tient pas la route mais systématiquement ces personnes ont peur pour leur emploi, il y a quelques courageux qui viennent et ça ne suffit pas."
Le dossier est accablant aux yeux de la justice ?
David Koubbi : "Je ne pense pas qu’on puisse dire que le dossier soit accablant. La question qui se posait de cette affaire c’était une question qui était relativement simple est-ce que la justice trouve à s’appliquer quel que soit les parties en présence et sans commenter la décision qui vient d’être rendue. De notre point de vue à tous il l’est beaucoup de moins depuis qu’on l’a travaillé et depuis qu’on a recueillis de nouveaux éléments. C’est un résultat qui est dans la continuité absolu. Je comprends là ce soir que la banque ne pas perdre, on le voit parce que quand on lit l’arrêt qu’il n’y a rien de nouveau ou qu’il y a des témoignages anonymes alors qu’il y a des témoignages extrêmement courageux qui sont venus témoigner c’est un peu faire fi de la réalité des choses."
Vous décidez de vous pourvoi en cassation ?
Jérôme Kerviel : "Tout à fait. Je continue à me battre. On continuera à se battre quoi qu’il arrive. J’ai espoir que des personnes du milieu bancaire, des anciens salariés de la Société Générale qui ont des documents, des informations, j’en profite pour faire un appel du témoin, je les supplie de venir m’aider, parce que ce que je suis en train de vivre, ce qui a été rendu aujourd’hui c’est un appel à se mettre une balle dans la tête."
On se demande si vous n’êtes pas à deux doigts de commettre l’irréparable ?
"Non. Je ne le ferais jamais parce que j’ai des proches, c’est quelque chose que je n’envisage absolument pas."
Vous imaginez le jour où vous retournerez en prison ?
"J’y pense évidemment, j’en ai peur. Cette condamnation ça serait si vous voulez me condamner à un jour de prison dans la mesure où ça serait le jour où ma mère aurait un problème et décéderait pendant que je sois enfermé et que je ne serais pas présent pour elle. Ça serait la plus lourde peine qui m’arriverait. "
Vous pensez qu’elle pourrait arriver cette peine ?
"Évidemment j’y pense."
La Cassation : une façon de gagner du temps ?
J. Kerviel : "Non. Je ne cherche pas à gagner du temps. Je cherche à ce que la vérité soit dite. Je suis optimiste."
David Koubbi: "Vous savez ça fait partie des combats qu’on ne peut pas arrêter quand on est dans la position de Jérôme Kerviel. Donc gagner du temps ce n’est pas le sujet, le sujet c’est de combattre une iniquité, une injustice. C’est pénible d’entendre systématiquement un opérateur de marché, c’est-à-dire un cadre bancaire vous dire évidemment que ça ne tient la route, évidemment que tout le monde est au courant et de dire en même temps oui mais Jérôme Kerviel sera condamné. Alors la question qu’on se pose collectivement c’est qu’est-ce que c’est ce système, est-ce qu’on est d’accord pour que ça fonctionne comme ça ou pas. Il n’y avait pas de nom derrière les décisions qui ont été rendus jusque-là, aujourd’hui il y en a un, la Présidente de la cour a décidé de croire que personne au sein de la banque n’est au courant, je pense que c’est une erreur de jugement… C’est une escroquerie et c’est le plus gros casse du siècle. Félicitations à la Société Générale d’être parvenu à le réaliser. "
Votre quotidien c’est quoi aujourd’hui ?
"J’ai été suspendu, je pensais que cette sale histoire allait se terminer, ça fait quatre ans que je suis virtuellement en prison. J’ai travaillé mais ma tête est occupé depuis quatre ans par ce dossier. J’avais arrêté de travailler pour préparer le procès depuis plus d’un an.
Je vivais de la solidarité de mes proches…là ça va devenir beaucoup plus compliqué maintenant."
Vous comptez reprendre un travail ?
"Je ne sais pas encore. Je vis à la seconde qui arrive, je ne sais pas ce que je vais faire. Je suis encore complétement à l’ouest."
Comment on se projette à plus tard ?
"C’est très difficile. Je me répète pour me convaincre qu’un jour ou l’autre ça se terminera et je me base là-dessus." "Je ne suis absolument pas dans le déni et j’espère que d’autres personnes me rallieront pour prouver que je ne suis pas dans le déni. J’en profite pour faire un appel à témoin."
Vous avez pensé à vous excuser ?
"Je l’ai fait lors du procès, j’ai reconnu mes erreurs je me prends ma part de responsabilité encore une fois en revanche je ne veux pas payer pour tout le monde."
David Koubbi: "Nous allons nous pourvoir en cassation et travailler sur ce dossier avec Patrice Spinosi qui a courageusement accepté cette défense-là. Ce sont des choses qui sont particulière, on attend une décision sous un an à un an et demi. C’est un temps que l’on va employer à continuer à travailler pour arriver à obtenir des éléments nouveaux qui démontreront que Mr Kerviel n’est pas coupable de ce dont il est condamné."
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