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FAITS DIVERS

Une enseignante suspendue pour avoir accordé trop de temps à la Shoah

Créé le 01/09/2010 à 07h25

La célèbre inscription en allemand "Arbeit macht frei" (Le travail rend libre), à l'entrée de l'ancien camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau (Pologne)

La célèbre inscription en allemand "Arbeit macht frei" (Le travail rend libre), à l'entrée de l'ancien camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau (Pologne) / AFP

Une enseignante juive d'histoire de Nancy a été suspendue quatre mois de ses fonctions pour avoir manqué à ses obligations "de neutralité et de laïcité" dans son enseignement et lors de voyages scolaires dans des anciens camps de concentration. Catherine Pederzoli, 58 ans, avait l'habitude d'organiser des voyages en Pologne et en République Tchèque depuis une quinzaine d'années avec ses classes de seconde, première et terminale du lycée public Henri-Loritz de Nancy. Mme Pederzoli a fait l'objet d'une enquête de l'Inspection générale de l'Éducation nationale à la suite d'une manifestation organisée par certains de ses élèves en décembre à Nancy, lors d'un déplacement du ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel. Les lycéens protestaient contre la décision de réduire de moitié le nombre d'élèves participant au prochain voyage. La professeur avait été suspectée d'avoir organisé la manifestation et manipulé ses élèves. Les inspecteurs estiment aussi que Mme Pederzoli consacre trop de temps à l'organisation de voyages sur l'histoire des juifs en Europe centrale, comprenant des visites à des camps comme celui d'Auschwitz-Birkenau, dans l'actuelle Pologne."Un temps non négligeable de préparation étant consacré au projet, des parties du programme risquent de lui être plus ou moins sacrifiés", écrivent-ils, dans leur rapport.
Les auteurs notent en outre que, lors de leur entretien avec la professeur, cette dernière a prononcé 14 fois le mot "Shoah", "tandis que le terme à la fois plus neutre et juridiquement fondé de "génocide" n'(a été) mentionné que deux fois, comme en passant", écrivent-ils.
"Cette enseignante aurait été chrétienne, on n'aurait pas pu dire qu'elle faisait du lavage de cerveaux", affirme son avocate.

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