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Tunisie : "MAM", "meurtrie", exclut de démissionner

Créé le 03/02/2011 à 11h22

Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, à la sortie du Conseil des ministres le 2 février 2011 au Palais de l'Elysée à Paris

Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, à la sortie du Conseil des ministres le 2 février 2011 au Palais de l'Elysée à Paris / AFP

Pas question de quitter le gouvernement ! Michèle Alliot-Marie a exclu à nouveau mercredi soir de démissionner et s'est dite "meurtrie" par les "mensonges" au sujet de ses vacances tunisiennes. "Je suis meurtrie de voir ce dont on m'accuse", a-t-elle dit sur France 2, dénonçant une "opération autour de ce qui n'existe pas." Se disant "surprise" et "outrée, le chef de la diplomatie française a dénoncé le "caractère extravagant" des attaques à son encontre menées par des élus de gauche. Après la polémique autour de l'aide proposée par la France à Ben Ali, la voici en pleine tourmente pour ce jet privé appartenant à un proche du clan Ben Ali, avion emprunté pendant les vacances de Noël. "L'affaire est close", a déclaré jeudi matin le porte-parole du gouvernement François Baroin. La Gauche réclame son départ du gouvernement. La Droite tente malgré tout de faire bloc derrière elle. Mais la patronne du Quai d'Orsay est fragilisée.
"Si je prends mes vacances parfois en Tunisie, c'est à mes frais, voyages et hôtels", a-t-elle assuré devant l'Assemblée nationale, soulignant à Canal+ avoir "le droit d'avoir des amis". "Je n'ai pas pensé à mal", a précisé sur France 2 la ministre, en ajoutant qu'au vu de la "polémique" et "l'émotion" suscitées, elle ne referait pas un tel voyage dans ces conditions. "Je n'ai pas fait attention, probablement parce  qu'il s'agissait d'amis", a-t-elle admis, en se disant "meurtrie de voir" ce dont elle est accusée.

Michèle Alliot-Marie avait été auparavant sommée de s'expliquer sur les largesses dont elle aurait bénéficié d'un proche du clan Ben Ali lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. Plusieurs ténors de gauche l'ont jugée disqualifiée pour représenter la France. "Très amicalement et très sobrement, madame, je vous dis, partez !", a ainsi lancé le député écologiste Yves Cochet tandis que quelques "démission !" ont éclaté sur les bancs de l'Assemblée. "Michèle Alliot-Marie n'est plus en capacité de conduire la diplomatie française", a renchéri Roland Muzeau, porte-parole du groupe communiste et citoyen. Même son de cloche du côté des députés PS Arnaud Montebourg ou Manuel Valls.

Mercredi matin, Michèle Alliot-Marie a confirmé avoir voyagé avec son compagnon, le ministre des Relations avec le Parlement Patrick Ollier, dans le jet privé d'un homme d'affaires tunisien entre Tunis et la station balnéaire de Tabarka fin 2010, en pleine révolte populaire en Tunisie. L'homme d'affaires Aziz Milad, "nous a proposé de faire le vol avec lui plutôt que de faire (...) deux heures de voiture", a-t-elle déclaré mercredi à sa sortie du conseil des ministres. "Il n'a pas mis son avion à disposition", a-t-elle ajouté en précisant qu'elle avait "toujours payé (ses) vacances".

Selon la ministre des Affaires étrangères, Aziz Milad n'était pas un proche du président déchu Zine Ben Ali. Le Canard enchaîné, qui a donné l'information mercredi, assure que c'était le cas. "Ce Monsieur est surtout une victime du clan Ben Ali", a-t-elle dit en refusant catégoriquement d'envisager de démissionner. "Pour des choses qui sont fausses, pour des assertions qui sont fausses ? Non, pas du tout."

"Arrivés à Tunis, monsieur Miled (Aziz Milad), qui est un de mes amis, nous a proposés, puisqu'il a un jet privé et qu'il est propriétaire d'une compagnie aérienne qui s'appelle Nouvelair, de nous amener à Tabarka en avion en vingt minutes plutôt que de faire deux heures de voiture avec des routes de montagnes", a expliqué Patrick Ollier joint par téléphone sur RTL.






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