Eric Zemmour : "Hold up moral dans le foot business !"
Créé le 11/11/2010 à 15h40

Alain Guilluy, le maire du Moutaret, montre la plaque rajoutée sur le monument aux morts du village pour sortir de l'oubli les trois frères Rattaire / Serge Pueyo
Le 11 novembre aura ce jeudi un relief particulier au Moutaret : les noms de trois de ses combattants, exclus d'hommage posthume en raison d'une obscure querelle, seront enfin inscrits sur le monument aux morts de ce village de l'Isère. Un élu de la région, Philippe Langenieux-Villard, conseiller général et maire d'Allevard, a mené l'enquête et découvert les raisons de cet oubli. Il vient de consacrer un livre à cette affaire ("Les frères Rattaire", sorti en octobre aux éditions Héloïse d'Ormesson).
Après avoir découvert cette histoire "par hasard", ce maire d'un village voisin du Moutaret a décidé de faire la lumière sur cet oubli dans lequel avaient été volontairement plongés les trois fils de l'instituteur de l'époque, catholique "patriote", par le maire socialiste, pacifiste convaincu. Des lettres et des comptes rendus du conseil municipal témoignent de cette querelle entre Adolphe Rattaire, secrétaire de mairie que tout opposait à l'édile laïc, auquel il reprochait de "ne pas montrer l'exemple" en préservant son beau-fils de la mobilisation.
"En période de guerre, lorsque la mort est au bout, l'histoire des planqués avait de quoi fabriquer beaucoup d'inimitié", analyse Philippe Langénieux-Villard.
Honoré, Alfred et Louis Rattaire meurent alors à quelques mois d'intervalle: Honoré à 22 ans d'une péritonite sur le front de la Somme le 18 octobre 1914, Alfred à 26 ans le 17 juin 1915 et Louis à 20 ans d'une balle reçue en pleine tête au pied du fortin de Givenchy le 4 octobre 1915.
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