Exclu RTL : Jérôme Kerviel est l'invité de Marc-Olivier Fogiel dès 18h pour sa première réaction après sa condamnation
Crédit : Marc-Olivier Fogiel
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Crédit : Mathieu Delahousse
Crédit : RTL.fr
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Jérôme Kerviel lance un appel à l'aide sur RTL et dénonce une injustice
Invité de Marc-Olivier Fogiel, l'ex-trader a livré les premières réactions à sa condamnation dans RTL Soir. Sa première pensée à l'énoncé du verdict a été pour sa mère et au "mal que ça lui a fait". Jérôme Kerviel ne s'attendait "pas du tout à cette décision", qui lui "parait totalement inique". "Je comptais sur la relaxe" a-t-il ajouté.
Jérôme Kerviel a profité de son passage sur RTL pour lancer un appel à l'aide : "Je continue à me battre quoiqu'il arrive J'ai le secret espoir que des personnes du milieu bancaire témoignent. Je profite de votre antenne pour faire un appel à témoins : je les supplie de venir m'aider".
Encore sous le choc, il a estimé que cette décision de justice était "un appel à se tirer une balle dans la tête". Avant de se montrer plus rassurant "Je ne le ferai sûrement pas parce que j'ai des proches".
Jérôme Kerviel a répété qu'il n'était "pas dans le déni" et qu'il avait "reconnu ses erreurs".
La même condamnation qu'en première instance
La cour a intégralement confirmé le jugement rendu en première instance en 2010 contre l'ancien trader de 35 ans, rejetant aussi bien la demande de relaxe de la défense que celle de l'accusation, qui souhaitait voir la peine aggravée à cinq ans de prison ferme.
Jérôme Kerviel a toujours admis avoir pris de sa seule initiative des positions vertigineuses de 50 milliards d'euros en 2008 en les masquant par d'autres ordres fictifs censés couvrir le risque.
RETROUVEZ l'interview de Jérôme Kervielen intégralité
A quoi vous avez pensé quand la décision est tombée ?
"J'ai
pense à ma mère et au mal que ça a dû lui faire, au mal que ça lui a
fait. Je l’ai eu au téléphone depuis et je l’ai retrouvé en pleurs…Je
pense à elle énormément et je pense à elle depuis tout à l’heure. "
Vous vous êtes dit l’avenir s’assombrissait de façon sévère ?
"Clairement
oui, je ne m’attendais pas à cette décision, elle est totalement inique
au regard des éléments du dossier, que nous avons reçu, que nous avons
produit lors du procès, je ne comprends absolument cette décision tous
les arguments que nous avons développés, les témoignages que nous avons
soumis à la cours ont été balayés."
Vous espéreriez pus de clémence ?
"Évidemment, je comptais même sur la relaxe pour être franc avec vous.
Vous comptiez sur la relaxe ?
"Évidemment
parce qu’en fait les témoignages ont été d’une qualité assez
impressionnante. Et je ne m’attendais absolument pas à ce jugement."
Vous continuez à dire que vous êtes un jouet dans les mains de la Société Générale ?
"Oui
complétement. Depuis le début je prends mes responsabilités, dès le
premier jour d’enquête j’ai dit ce que j’avais fait, ce que je n’avais
pas fait. Il était évident au regard des éléments du dossier que mes
supérieurs étaient informés. Je pense que le jugement protège la société
générale et que c’est comme ça depuis le début de l’enquête, depuis le
début de la procédure, ça fait quatre ans que je vis ce calvaire."
Pourquoi la justice protégerait la Société Générale ?
"Je
n’en sais rien mais pour moi c’est totalement incompréhensible au
regard des pièces du dossier. Depuis quatre ans je ne crois pas une
seule personne du milieu qui me dit évidemment qu’ils savaient, ça ne
tient pas la route mais systématiquement ces personnes ont peur pour
leur emploi, il y a quelques courageux qui viennent et ça ne suffit
pas."
Le dossier est accablant aux yeux de la justice ?
David Koubbi : "Je
ne pense pas qu’on puisse dire que le dossier soit accablant. La
question qui se posait de cette affaire c’était une question qui était
relativement simple est-ce que la justice trouve à s’appliquer quel que
soit les parties en présence et sans commenter la décision qui vient
d’être rendue. De notre point de vue à tous il l’est beaucoup de moins
depuis qu’on l’a travaillé et depuis qu’on a recueillis de nouveaux
éléments. C’est un résultat qui est dans la continuité absolu. Je
comprends là ce soir que la banque ne pas perdre, on le voit parce que
quand on lit l’arrêt qu’il n’y a rien de nouveau ou qu’il y a des
témoignages anonymes alors qu’il y a des témoignages extrêmement
courageux qui sont venus témoigner c’est un peu faire fi de la réalité
des choses."
Vous décidez de vous pourvoi en cassation ?
Jérôme Kerviel :
"Tout à fait. Je continue à me battre. On continuera à se battre quoi
qu’il arrive. J’ai espoir que des personnes du milieu bancaire, des
anciens salariés de la Société Générale qui ont des documents, des
informations, j’en profite pour faire un appel du témoin, je les supplie
de venir m’aider, parce que ce que je suis en train de vivre, ce qui a
été rendu aujourd’hui c’est un appel à se mettre une balle dans la
tête."
On se demande si vous n’êtes pas à deux doigts de commettre l’irréparable ?
"Non. Je ne le ferais jamais parce que j’ai des proches, c’est quelque chose que je n’envisage absolument pas."
Vous imaginez le jour où vous retournerez en prison ?
"J’y
pense évidemment, j’en ai peur. Cette condamnation ça serait si vous
voulez me condamner à un jour de prison dans la mesure où ça serait le
jour où ma mère aurait un problème et décéderait pendant que je sois
enfermé et que je ne serais pas présent pour elle. Ça serait la plus
lourde peine qui m’arriverait. "
Vous pensez qu’elle pourrait arriver cette peine ?
"Évidemment j’y pense."
La Cassation : une façon de gagner du temps ?
J. Kerviel : "Non. Je ne cherche pas à gagner du temps. Je cherche à ce que la vérité soit dite. Je suis optimiste."
David Koubbi: "Vous
savez ça fait partie des combats qu’on ne peut pas arrêter quand on est
dans la position de Jérôme Kerviel. Donc gagner du temps ce n’est pas
le sujet, le sujet c’est de combattre une iniquité, une injustice. C’est
pénible d’entendre systématiquement un opérateur de marché,
c’est-à-dire un cadre bancaire vous dire évidemment que ça ne tient la
route, évidemment que tout le monde est au courant et de dire en même
temps oui mais Jérôme Kerviel sera condamné. Alors la question qu’on se
pose collectivement c’est qu’est-ce que c’est ce système, est-ce qu’on
est d’accord pour que ça fonctionne comme ça ou pas. Il n’y avait pas de
nom derrière les décisions qui ont été rendus jusque-là, aujourd’hui il
y en a un, la Présidente de la cour a décidé de croire que personne au
sein de la banque n’est au courant, je pense que c’est une erreur de
jugement… C’est une escroquerie et c’est le plus gros casse du siècle.
Félicitations à la Société Générale d’être parvenu à le réaliser. "
Votre quotidien c’est quoi aujourd’hui ?
"J’ai
été suspendu, je pensais que cette sale histoire allait se terminer, ça
fait quatre ans que je suis virtuellement en prison. J’ai travaillé
mais ma tête est occupé depuis quatre ans par ce dossier. J’avais arrêté
de travailler pour préparer le procès depuis plus d’un an.
Je vivais de la solidarité de mes proches…là ça va devenir beaucoup plus compliqué maintenant."
Vous comptez reprendre un travail ?
"Je
ne sais pas encore. Je vis à la seconde qui arrive, je ne sais pas ce
que je vais faire. Je suis encore complétement à l’ouest."
Comment on se projette à plus tard ?
"C’est
très difficile. Je me répète pour me convaincre qu’un jour ou l’autre
ça se terminera et je me base là-dessus." "Je ne suis absolument pas
dans le déni et j’espère que d’autres personnes me rallieront pour
prouver que je ne suis pas dans le déni. J’en profite pour faire un
appel à témoin."
Vous avez pensé à vous excuser ?
"Je
l’ai fait lors du procès, j’ai reconnu mes erreurs je me prends ma part
de responsabilité encore une fois en revanche je ne veux pas payer pour
tout le monde."
David Koubbi: "Nous allons nous pourvoir
en cassation et travailler sur ce dossier avec Patrice Spinosi qui a
courageusement accepté cette défense-là. Ce sont des choses qui sont
particulière, on attend une décision sous un an à un an et demi. C’est
un temps que l’on va employer à continuer à travailler pour arriver à
obtenir des éléments nouveaux qui démontreront que Mr Kerviel n’est pas
coupable de ce dont il est condamné."
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10/04/2013 - 09h48
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