Eric Zemmour : "Hold up moral dans le foot business !"
Créé le 03/09/2010 à 18h55

Vue du casino d'Uriage-les-Bains, dans la proche banlieue de Grenoble / AFP / Jean-Philippe Ksiazek
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a exprimé jeudi soir sa "très vive indignation" après la mise en examen et la remise en liberté du second braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains, dans l'Isère, ce qui avait déjà suscité la colère des syndicats de police. Monsif Ghabbour, 25 ans, avait été interpellé lundi matin dans les environs de Grenoble. Il est soupçonné d'avoir participé à ce braquage dans la nuit du 15 au 16 juillet aux côtés de Karim Boudouda, qui avait trouvé la mort lors d'un échange de tirs avec la police, après une course-poursuite. Le syndicat national des officiers de police le SNOP appelle à l'"union sacrée" magistrats-policiers afin de lutter contre l'insécurité.
"Je viens d'apprendre, avec consternation", dit le ministre dans un communiqué, "la libération par le juge des libertés et de la détention du second suspect" dans l'enquête sur le braquage le 16 juillet du casino de Saint-Martin-d'Uriage et "suivi de tentatives d'homicide volontaire sur des agents de la force publique".
La mort de Boudouda, dont le complice avait pris la fuite, avait provoqué trois nuits de grandes violences urbaines dans le quartier de la Villeneuve, où Boudouda a passé son enfance.
"Comme ministre en charge de la protection de nos concitoyens, j'exprime ma très vive indignation face à une telle décision", ajoute M. Hortefeux. Il souligne que "cette interpellation était le fruit d'une enquête minutieuse et approfondie des services de police judiciaire et d'une excellente coopération entre la police et la gendarmerie en vue de retrouver et de confondre ce malfaiteur présumé".
Par ailleurs, poursuit le ministre de l'Intérieur, "dans cette affaire, l'extrême gravité des faits rend totalement incompréhensible que le suspect, pourtant mis en examen des chefs de vol à main armée en récidive et tentative d'homicide volontaire sur agents de la force publique, ait pu être remis en liberté, avec tous les risques pour la sécurité que crée une telle situation".
"J'observe qu'heureusement, le Parquet, prenant en compte ces considérations, a décidé de faire immédiatement appel, même si celui-ci n'a pas d'effet suspensif", relève M. Hortefeux. "Cette affaire démontre une nouvelle fois que certes, la protection de nos concitoyens doit passer par l'action déterminée et très professionnelle de la police et de la gendarmerie, mais impose aussi des décisions de justice mettant effectivement les délinquants hors d'état de nuire", conclut le ministre de l'Intérieur.
Michèle Alliot-Marie a demandé au parquet général de Grenoble de faire appel de cette remise en liberté. La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Grenoble devrait examiner cet appel le 9 ou le 16 septembre.
Synergie (second syndicat d'officiers de police) a parlé d'"acte de forfaiture". "Les policiers sont écoeurés", a déclaré à l'AFP Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat. Nicolas Comte, secrétaire général d'Unité police SGP-FO (premier syndicat des gardiens de la paix) a exprimé à l'AFP "le ras-le-bol" des policiers en se demandant s'ils "devaient encore prendre des risques pour interpeller les truands". "C'est inadmissible, intolérable et scandaleux", a déclaré enfin Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d'Alliance (Second syndicat de gardiens de la paix) qui a accusé "certains magistrats" de se livrer "à une croisade anti-policière".
Ecoutez aussi :
- Christophe Régnard sur RTL :"Je demande à Michèle Alliot-Marie de soutenir les magistrats"
- François Rebsamen :"La moindre des choses était de garder ce suspect en détention provisoire"
- Grenoble : un des jeunes hommes mis en examen pour "incendie volontaire"
- Opérations de police à Grenoble : cinq des six gardés à vue relâchés
- Descente de police à Grenoble : vrai succès ou coup de "com" ?
- Dix-neuf gardes à vue après les violences de Grenoble
- Grenoble : la mère du braqueur abattu par la police témoigne sur RTL
- Brice Hortefeux à Grenoble : "Nous allons rétablir l'ordre public"
Publicité
Publicité
Publicité