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La place financière refuse la "taxe Tobin" de Sarkozy

Créé le 08/01/2012 à 21h30

La Bourse de Paris

La Bourse de Paris / AFP

L'idée d'une taxe sur les transactions financières ne plaît pas du tout à Paris Europlace, qui représente l'ensemble des acteurs du secteur en France. Cet organisme a déclaré dimanche être opposé à la mise en place d'une telle taxe, si elle n'est pas largement appliquée dans la zone euro. "Si elle n'est pas européenne, elle va affaiblir l'économie française", explique t-il dans un communiqué. Nicolas Sarkozy a déclaré vendredi que la France n'attendrait pas que ses partenaires européens trouvent un consensus sur le sujet pour mettre en œuvre la taxe sur les transactions financières et dimanche, Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement, a confirmé qu'il y aurait un "texte financier en conseil des ministres probablement en février". Une taxe seulement française serait "inappropriée"

Paris Europlace argue que la crise financière mondiale a démarré sur le marché américain, avec les dysfonctionnements du marché des "subprimes" et les risques pris par les grandes banques d'investissement anglo-saxonnes.
  
"Une taxe, sanctionnant spécifiquement l'industrie financière française, serait inappropriée", estime l'association. Elle souligne que, dans les faits, cette taxe ne toucherait pas uniquement les transactions considérées comme spéculatives mais aussi les transactions réalisées par les investisseurs privés, les entreprises et les investisseurs institutionnels.
  
Risque de délocalisations

"Si cette taxe était appliquée seulement en France, elle entraînerait inéluctablement une délocalisation des activités concernées des banques, sociétés d'assurance et de gestion, au profit des grandes places financières mondiales, et réduirait en conséquence la maîtrise des conditions de financement de notre économie et le rôle de la place de Paris dans l'économie européenne et mondiale", conclut l'association, qui représente l'ensemble des acteurs de la place financière française (entreprises industrielles, sociétés d'assurance, sociétés de gestion, banques et intermédiaires financiers).

Même son de cloche du côté de Laurence Parisot. La présidente du Medef a estimé que la mise en place de cette taxe serait un "mauvais coup" porté au financement de l'économie française et que cela aboutirait à "une délocalisation massive" des transactions. "Nous serions tous perdants", a-t-elle insisté.

Nicolas Sarkozy a déclaré vendredi que la France n'attendrait pas que ses partenaires européens trouvent un consensus sur le sujet pour mettre en oeuvre la taxe sur les transactions financières. Pensée en 1972 par l'économiste américain James Tobin et portée par les milieux altermondialistes et l'association Attac, la taxe contestée a fait un long chemin avant d'être reprise par le président Sarkozy.

(AFP)

La taxe sur les transactions financières, dite taxe "Tobin"

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