Crédit : Yaêl Goosz
Les centres éducatifs fermés, un "fantasme" dont il faut sortir, dixit Christiane Taubira !
Au lendemain de la polémique provoquée par la Garde des Sceaux, une question : Sur quelle jambe marche réellement François Hollande ? La chronique de Yaël Goosz.
Ah, ce qui est certain, c'est que sur les questions de sécurité, il n'y a plus seulement la jambe droite,
incarnée par Manuel Valls, son ministre de l'Intérieur, qui joue beaucoup, on le verra, sur la fermeté...
Non depuis mardi et ce coup d'éclat signé Christiane Taubira, il y a une autre ligne qui s'affirme, très indépendante...
Oui, parce que jusqu'ici on avait compris que la gauche n'avait plus de complexe sur les centres éducatifs fermés créés par la droite en 2002
Et des centres que François Hollande veut multiplier par deux, c'est un engagement... Ecoutez comment il s'en prenait aux caïds pendant la campagne :
"La sécurité est un droit aux petits caïds... je les avertis, la République vous rattrapera..."
Et c'est un style que cultive aussi beaucoup Manuel Valls depuis qu'il est ministre
Mélange de fermeté et d'humanisme.Enfin, c'est souvent le mot "fermeté" qui revient dans sa bouche :
"Je suis inquiet par rapport à la jeunesse de cette délinquance, l'état de droit doit s'appliquer avec la plus grande fermeté".
Et ce n'est pas un hasard si les sympathisants UMP ont une bonne image de lui. Vous savez ce que dit l'ancien ministre Xavier Bertrand de Manuel Valls ?
Non...
Que "c'est Nicolas sarkozy sans le son !" Et son collègue Christian Estrosi a cette phrase : "Manuel et moi on parle le même langage...Le problème c'est que toute sa démonstration est détruite par Christiane Taubira !"
Vous cherchez la petite bête, les deux ministres ont redit récemment qu'ils étaient d'accord sur l'essentiel
Et vous croyez qu'elle est d'accord, la garde des sceaux, quand Manuel Valls continue à démanteler des camps de Roms, sans "solutions alternatives", solutions pourtant promises par François Hollande ? D'ailleurs, quand Libération lui pose la question pour savoir s'il y a une différence avec Nicolas Sarkozy, Christiane Taubira botte en touche et répond : "Allez place Bauveau, ici on est place Vendôme".
Mais sur les centres éducatifs fermés, elle a rectifié le tir dans un communiqué pour dire qu'elle appliquerait bien la feuille de route du président.
La vérité, c'est que Christiane Taubira a surtout dit ce qu'elle pensait, en plein mois d'août, au moment où son collègue de l'intérieur est en vacances et ne donne plus d'interviews..
Et qu'est-ce qu'on en dit à l'Elysée ?
Rien, on renvoie sur Matignon.
Et à Matignon ?
On dit aux journalistes qu'ils ont mal compris l'interview de la garde des sceaux...
Alors, ce serait juste un petit couac estival ?
Chez Manuel Valls, on minimise à fond les propos de Christiane Taubira, "C'est juste une interview, rien de plus..." Oui mais alors une interview qui redonne beaucoup d'air à la droite et au Front national, l'opposition attaque le maillon faible du gouvernement, du moins c'est ce qu'ils croient...
Ca pose aussi question pour la suite des événements. Est-ce que toute la gauche est aussi décomplexée que Manuel Valls, sur les questions de sécurité, de lutte contre la délinquance, pas sûr...
Enfin : le président peut-il se permettre d'avoir un électron libre, au poste de numéro 3 dans son gouvernement ? C'est risqué, mais ça lui permet de marcher sur deux jambes.
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10/04/2013 - 09h48
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