Les Dossiers de RTL.fr - La grève du 29 janvier 2009
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Raymond Soubie : "Le Président maintiendra le cap"

Créé le 30/01/2009 à 13h25 - Mis à jour le 09/02/2009 à 12h04

Raymond Soubie

Raymond Soubie / La rédaction de RTL

Au lendemain de la journée nationale d'action, le conseiller du Président de la République Nicolas Sarkozy pour les affaires sociales répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Raymond Soubie a déclaré qu'il y aurait "maintien du cap" des réformes, soulignant que la rencontre entre le président et les syndicats ne serait pas simplement "d'agenda". Il s'agira "d'examiner le programme de réformes et le train de mesures de l'année 2009 et les méthodes pour le traiter", a-t-il expliqué. Regardez la vidéo de l'entretien

Bonjour Raymond Soubie

Bonjour

Que dites-vous de la journée d'hier, Raymond Soubie : un succès ou pas pour les syndicats ?

Ah, je crois surtout que c'est une manifestation des attentes, des angoisses très légitimes, a dit le Président, hier soir, des Français face aux conséquences d'une crise qui, je le rappelle, est la pire crise économique et financière depuis un demi-siècle. Donc, je pense que cette manifestation a eu en sorte une double fonction, une fonction d'exorcisme à l'égard de la Crise, et une fonction plus générale de manifestation de cette angoisse. Il ne s'agissait pas de faire retirer un projet comme ça a été le cas dans l'histoire des retraites en 2003 ou dans celles du CPE en 2006. Je crois que c'est une vraie manifestation d'inquiétude et d'angoisse organisée très légitimement par les syndicats mais d'abord une manifestation d'inquiétude.

Peut-être qu'il y a une 3ème raison à cette manifestation, c'est : on n'est pas satisfait des réponses qu'apporte le gouvernement, du Plan de relance que propose le gouvernement. Ca n'existait pas ça dans la manifestation ?
   
Moi, je crois que ça pouvait exister chez un certain nombre de manifestants mais je crois que fondamentalement, c'est une manifestation d'une inquiétude. Et le Président disait hier soir qu'il y a deux devoirs pour l'Exécutif donc pour lui-même : le premier devoir, c'est de l'écouter cette inquiétude, de la comprendre et de dialoguer à son sujet. Et le deuxième devoir, c'est de maintenir et de renforcer sa détermination, vous venez de le dire, à porter des solutions concrètes. Les gens ont besoin de solutions concrètes parce que cette Crise, c'est de l'inconnu : crise économique, crise financière, durée, importance, ampleur, conséquences sur l'emploi et l'inquiétude aussi crée de l'angoisse. Donc ce que, je crois, les manifestants, les Français en général, attendent du Président et du gouvernement, c'est
1. - de montrer qu'il sait où il va, qu'il tient le cap.
et 2. - qu'il peut et qu'il veut apporter des solutions concrètes, autrement dit qu'il y a quelqu'un sur le bateau qui est un capitaine et maintient le cap quelque soient les vents forts, au contraire.

On pourrait déduire de votre réponse, Raymond Soubie, à l'instant sur RTL, que le Président de la République ne changera pas grand chose au Plan de relance qui est celui du gouvernement et aux choix qui ont été faits, il y a quelques semaines. C'est-à-dire que la demande des syndicats notamment et les manifestants sans doute à la relayer à leur façon, de faire quelque chose immédiatement pour le pouvoir d'achat, pour la consommation. Ceci risque de ne pas être entendu ?
   
Je crois que le Président et le gouvernement ont pris la mesure, très vite, de l'ampleur de la crise. Sans doute l'un des premiers gouvernements européens, sinon le premier avec le Royaume Uni à l'avoir fait, depuis en fait mi-septembre. Tout ça a démarré mi-septembre avec la faillite de Lehman aux Etats Unis. Et donc avec beaucoup de détermination, il s'est attaqué à l'essentiel. Et l'essentiel, le 20 septembre, c'était quoi ? C'était de sauver le système bancaire parce que sans système bancaire, il n'y a plus de crédits aux Particuliers. Les économies des Particuliers disparaissent et il n'y a plus de création d'emplois. Donc, c'était la priorité absolue dans le temps. C'est ça qu'il a fait.
Deuxièmement, c'était de relancer l'activité par l'investissement. Vous l'avez dit (ou Alain Duhamel l'a dit tout à l'heure). Alors, est-ce que c'est suffisant ? Nous le verrons.
   
Est-ce que la consommation doit être aidée ?
   
Nous le verrons. Alors sur le thème de la consommation. Un petit rappel historique. Il y a eu deux cas de relance par la consommation en France au cours de ces 30 dernières années. Il y en a eu un en 1974 après le premier choc pétrolier. Ca a abouti : 1976, Raymond Barre, la rigueur. Vous avez eu la relance de 1981, ça a abouti aux discussions avec les visiteurs du soir. Et puis, au tournant de la rigueur  en 1983. Historiquement, ça n'a pas marché. Ca, c'est un premier point.
Le deuxième point, c'est que dans le cas de la France, à la différence d'autres pays, je rappelle que nous avons une énorme redistribution de revenus, ce qu'on appelle les Régimes sociaux : 550 milliards d'euros, qui n'existe pas aux Etats Unis, qui n'existe pas, qui sont maintenus et qui sont un formidable amortisseur de Crise. Alors bien entendu, il y a des mesures pour la justice sociale. Il faut en prendre : le RSA, c'est une mesure pour la justice sociale. Le minimum vieillesse également. Est-ce qu'économiquement, économiquement (socialement, il y a toujours besoin de ça) mais est-ce qu'économiquement, c'est le meilleur moyen de soutenir l'activité.
Dans l'instant présent, l'analyse du Président et d'ailleurs de la quasi totalité des Economistes, c'est que l'investissement est préférable. Si un jour, la situation change, si les données changent, si les réalités changent, eh bien je pense que le Président et le gouvernement seront réactifs.

Si le Président tient ce discours aux représentants syndicaux qu'il recevra en février, il risque d'être déçu les représentants syndicaux ?
   
Il le leur a déjà tenu car le Président a reçu les dirigeants syndicaux avant son discours de Douai, là où il a annoncé la relance, le 2 décembre dernier. Et ils ont eu une discussion sur ce sujet-là. Les leaders syndicaux défendent la relance par la consommation. Le Président leur dit : moi je vous écoute, je vous comprends mais je regarde la situation et la priorité économique, c'est aujourd'hui la relance par l'investissement car c'est par l'investissement qu'il y aura plus d'emplois, qu'il y aura le maintien des emplois et qu'il y aura plus de revenus et un meilleur niveau de vie.

Donc, on peut synthétiser votre propos, Raymond Soubie, ce matin : pas de changement de cap pour le gouvernement après la manifestation ?
   
Pas de changement de cap ! Maintien du cap parce que je vous rappelle d'ailleurs entre parenthèses, que le Plan de relance commence à se déployer, avant que de dire : il est insuffisant, il en faut un 2ème, un 3ème, un 4ème, il faut d'abord que l'actuel Plan de relance se déploie et produise ses effets. Et d'autre part, le Président a dit, hier, il y a beaucoup de sujets dont il faut discuter. De là, la réunion qui n'est pas une réunion d'agenda comme l'a dit Bernard Thibault.

Bernard Thibault a peur que ça ne soit que ça : l'agenda pour 2009. Alors, qu'est-ce qu'il y aura d'autre ?
   
C'est lui qui a utilisé le mot. Qu'est-ce qu'il y aura d'autre dans cette réunion ? Ce qu'a dit le Président, hier, c'est qu'il s'agit d'examiner le programme de réformes et les trains de mesure de l'année 2009 et les méthodes pour les traiter. C'est Bernard Thibault qui a dit il faut ... (c'est lui qui emploie le propos d'agenda). Donc, il va y avoir des discussions préparatoires avec les organisations syndicales et patronales. Il va y avoir cette réunion et on va fixer un programme qui est au fond le programme de travail en commun 2009 sur des sujets, pas seulement mais en grande partie sociaux donc qui intéressent tous les Français.

Mais pas de relance de Pouvoir d'Achat, comme l'espérait, par exemple, Bernard Thibault, hier soir ?
   
Pour l'heure, le premier Plan de relance, le plan de relance est un plan de relance fondé sur l'activité parce que c'est la situation qui, semble-t-il, exige ça.

Avez-vous la date de cette réunion en février, à l'Elysée, Raymond Soubie ?
   
Non, non, non. Elle va être fixée en commun avec les organisations syndicales et patronales quelque part dans le mois de février.

Le Président de la république a eu quelques phrases qui ont beaucoup nourri les commentaires ces derniers jours, alors il y a six mois : c'était quand il y a une grève en France, on ne s'en rend plus compte. A Provins, la semaine dernière, c'était : j'écoute mais je ne tiens pas compte. Et Alain Duhamel ce matin qualifiait ces phrases d'Arlequinade. Alors, vous qui êtes le conseiller social du Président Nicolas Sarkozy, quand vous entendez ces phrases, vous vous dites quoi ! Ah aïe, aïe, aïe, c'est pas bien  ?

Moi je dis que sur la première qui concernait en fait le Service minimum et l'application de service minimum, je voudrais quand même rappeler qu'hier, le service minimum a très bien fonctionné car je rappelle qu'il y avait, même si c'est insuffisant, 70 à 75 % des métros, qu'il y avait 80% des bus, pas mal de trains : 50% et il n'y aurait jamais eu ça s'il n'y avait pas eu les mesures sur le service minimum. Donc, ce que veut dire le Président c'est que le service minimum ça fonctionne.

Et donc, il ne faut plus y toucher ? Les députés qui ont envie d'y toucher, à votre avis ?

Et donc le coeur du service minimum, je crois qu'il ne faut plus y toucher, qu'il peut y avoir des sujets ponctuels, des sujets de SUD, Gare Saint Lazare, qui ne relèvent pas du service minimum et qui sont, comment dirais-je, un peu des abus de droit.


Juste une affaire un peu périphérique (mais le conseiller social que vous êtes y est sans doute intéressé), il y a beaucoup de commentaires autour de la mutation du Préfet, Jean Charbonniaud de la Manche, à la suite, semble-t-il, de manifestations qui ont eu lieu à Saint Lô, le 12 janvier lorsque le Président s'y est rendu. Vous avez quelque chose à dire sur ce sujet, ce préfet muté après la manifestation ?

Ecoutez, moi je n'ai rien à dire ni sur ce préfet, ni plus généralement sur les autres préfets. Il y a périodiquement des mutations de préfet. Ca a été une mutation de préfet. Ca n'est pas un élément nouveau dans l'histoire de la république.
   
Et celle-là vous paraît normale, ordinaire, pas liée aux manifestations ?
   
Celle-là ne me paraît pas anormale. Il y a eu des manifestations à la fois des manifestants qui ont approché très près du Président et des réactions ...
   
Trop près ?
   
Et puis, il y a eu des réactions très fortes à l'égard de quelques syndicalistes, dans l'autre sens.

Raymond Soubie, conseiller social du Président de la république, qui a répondu à sa façon, je crois, aux syndicalistes qui devaient l'écouter attentivement ce matin. C'était sur RTL.

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