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Rachida Dati : "Je n'ai pas voulu toutes les couvertures de magazines" (vidéo)

Créé le 17/07/2009 à 08h04 - Mis à jour le 17/07/2009 à 10h31

Rachida Dati à RTL le 17 juillet 2009

Rachida Dati à RTL le 17 juillet 2009 / La rédaction de RTL

C'était sa première intervention depuis qu'elle a été élue au Parlement européen. L'ex-Garde des Sceaux Rachida Dati répondait vendredi matin aux questions de Marc Tronchot. Marc Tronchot : Bonjour, madame.

Rachida Dati : Bonjour.

Je ne vais pas vous étonner si je vous dis que beaucoup doutent encore... Ca vous étonne que je vous appelle "madame" ?

Non, c'est sur le doute...

Oui, mais votre vocation européenne effectivement. On vous a forcé à rien : c'est ce que vous avez dit. Vous n'êtes pas une novice, vous l'avez dit aussi mais votre départ programmé de la place Vendôme, est-ce que ça vous laissait un choix meilleur que Strasbourg ? est-ce que vous en aviez un autre de choix ?

Tout d'abord on m'a rarement forcé à beaucoup de choses dans ma vie; c'est peut être aussi ce qui fait, et ce qui a aussi donné le parcours que j'ai eu. Ensuite de dire "est-ce que j'ai eu un meilleur choix que Strasbourg ?", je trouve que c'est faire injure à tous ceux qui ont construit l'Europe, qui se sont battus justement pour construire l'Europe. Après la Deuxième Guerre mondiale, qui pouvait croire à cette Union européenne qui existe aujourd'hui, qui a été c'est vrai au départ, une Union basée sur des aspects économiques qui devient de plus en plus une Europe du droit, des droits de l'homme. Et aujourd'hui dire que l'Europe c'est un pis aller ou ça n'existe pas. Qui peut le croire, comment peser face à l'Inde : plus d'un milliard d'habitants, la Chine plus d'un milliard d'habitants, les Etats Unis : 400 millions d'habitants...

... Que l'Europe soit importante, ça ne fait de débat pour personne... Il s'agit de vous en l'occurrence...

Oui, mais vous dites l'Europe c'est important, mais que finalement que je sois députée européen, c'est finalement pas si bien.

Non la question c'est : est-ce que c'est le Parlement européen, faute de mieux ou est-ce que c'est l'attente d'autre chose ?

Le combat européen , est pour mois un combat essentiel. C'est pour ça que j'ai choisi d'être à la commission des affaires économiques et monétaires et à la commission industrie parce que on a vu ces secteurs là, l'économie en période de crise et l'industrie, sont des secteurs capitaux pour protéger les citoyens européens...

... C'est plus important que les affaires intérieures, la justice, la Constitution que vous auriez pu choisir comme commissions au Parlement européen... Ca paraissait plus logique compte tenu de votre parcours.

Oui, mais la logique, elle est aussi dans les combats politiques, la logique elle est aussi de se battre pour les citoyens européens . Mais de manière la plus large qui soit. Je n'ai pas forcément à me cantonner sur une spécialisation ou un secteur précis. Moi j'ai envie, justement dans cette période de crise économique d'être au cœur de ces enjeux.

Daniel Cohn-Bendit a parié une bouteille de champagne et des fleurs que vous ne seriez plus à Strasbourg dans un an. Et que vous ne seriez pas très présente dans l'hémicycle européen...

... Il s'est excusé, il s'est excusé de ses propos.

Donc il devra vous offrir le champagne en 2010 !

Le combat européen est plus sérieux que ça...

Les humoristes, vos adversaires politiques, des reportages vous ont décrit et continuent de le faire comme une femme aimant le luxe, le paraître, le pouvoir pour le pouvoir. Est-ce que vous en souffrez, est-ce que vous le revendiquez, vous l'assumez, ou vous trouvez tout ça injuste ?

Moi, j'ai jamais répondu aux polémiques parce que je ne me suis pas engagée en politique pour répondre aux petites phrases ou aux polémiques. Je pense que, quand vous avez des convictions, quand vous avez des valeurs, quand vous avez un engagement, moi je me suis toujours battue pour, par exemple, lutter contre les violences conjugales, pour la protection des mineurs, pour la prévention de la délinquance, qui pour moi sont des sujets majeurs sur lesquels je me bats depuis très longtemps. D'ailleurs lorsque j'étais conseillère du président de la République, alors ministre de l'Intérieur, nous avons pu faire adopter une loi sur la prévention de la délinquance avec des dispositifs qui protégeaient beaucoup mieux les femmes victimes de violences, mais également les mineurs qui n'avaient pas d'environnement, qui étaient très déstructurés. Donc mes combats sont là. Le reste c'est absolument pas important.

Mais il y a des choses que vous regrettez, des reportages photos que vous auriez du refuser. Est-ce qu'il y a une autocritique sur la période passée pour la période présente très nouvelle ?

Bien sûr qu'il y a sans doute des erreurs. Mais je tiens quand même à le dire : vous savez, les couvertures de magazines, je ne les ai jamais voulues. J'ai jamais, à aucun moment, à l'exception d'une couverture que j'ai sans doute, que j'aurais peut-être pas du faire... mais toutes les autres couvertures et les autres magazines plus people comme on a pu les décrire, n'ont jamais été à mon initiative ou à ma demande. Vous le savez très bien, vous êtes journaliste, vous savez très bien que vous pouvez faire tout à fait un article , un papier, une couverture sans même demander...

... Mais une demande de reportage ça se refuse...

Il n'y a jamais eu de reportage sur ma vie ou dans un magazine autre que ceux dont je vous parle, qui étaient sur le fond et sur mon travail que j'ai sollicités ou demandés... Jamais.

Est-ce qu'il va y avoir une nouvelle Rachida Dati, une image différente, des chantiers nouveaux auxquels vous allez vous attacher ?

Mais peut être que les journalistes vont peut être s'intéresser enfin à des choses plus de fond, plus importantes...

Non mais la question c'est : vous, vous allez intéresser à quoi en particulier ? Est-ce qu'il y a des chantiers auxquels vous souhaitez qu'on vous associe ?

Monsieur Tronchot, intéressez-vous aux rapports que je porterai dans cette commission des Affaires économiques et monétaires, et puis on viendra en reparler...

Je pense qu'on s'y intéressera, oui... Vous avez vécu le départ de la place Vendôme comme une disgrâce ou pas ?

J'ai été ministre de la Justice de mon pays. Je ne vais quand même pas me plaindre de ça. Je ne vais quand même pas avoir une amertume d'avoir été Garde des Sceaux de la France. Moi, j'en garde, c'est ma plus belle expérience ; c'est mon plus grand souvenir avec la naissance de ma fille. Je vais quand même pas être amer ou faire des commentaires là-dessus.

Beaucoup vous imaginent future candidate à la mairie de Paris. Je sais que vous répondez toujours par une pirouette en disant que c'est une capitale européenne. Mais est-ce qu'on pourrait sincèrement savoir si vous y pensez ou si c'est seulement une ambition qu'on vous prête à tort ? Clairement.

Je me suis présentée d'abord là où le président de la République a raison quand on fait de la politique, il suffit pas de se contenter d'une nomination. Moi, je le remercierai de ma vie, je lui serai reconnaissante de m'avoir nommé garde des sceaux. Mais la légitimité politique, elle passe par le suffrage et par les élections. Je l'ai fait en me présentant à la mairie du VIIème arrondissement. Et je l'ai fait en me présentant aux élections européennes et on a vu le résultat pour les élections européennes mais aussi pour la mairie du VIIème arrondissement. Je suis conseiller de Paris ; le projet parisien m'intéresse ; en plus, encore une fois le président de la république a mis sur la table le projet du Grand Paris; moi je suis très impliquée dans le projet parisien.

Comment vous qualifiez aujourd'hui votre relation avec Nicolas Sarkozy ?

Ce sont des relations de confiance , moi je l'ai toujours dit, je n'ai jamais été familière avec le président de la république; il a été , lorsque j'étais conseillère, il était ministre, c'était mon patron. J'ai été porte parole lorsqu'il était candidat à l'élection présidentielle, c'est le chef de l'Etat ; mois j'ai beaucoup de respect , de déférence et une immense reconnaissance.

Rapport de confiance, vos projets quels qu'ils soient ne dépendront pas nécessairement du bon vouloir du président de la République.

J'en discute forcément avec lui.

Il y a une femme européenne qui est votre référence ?

Simone Veil.

Vous savez que jour pour jour aujourd'hui, elle était au Parlement européen élue à la présidence. C'est une ambition qu'on peut vous prêter ?

La présidence du Parlement européen. Je ne crois pas .

Rachida Dati qui était l'invitée de RTL ce matin.

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