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JUSTICE FRANÇOIS HOLLANDE

Quelle allure pour le programme "sécurité" de Hollande ?

Créé le 06/02/2012 à 20h20

François Hollande visite un centre de vidéosurveillance à Dijon, le 6 février 2012

François Hollande visite un centre de vidéosurveillance à Dijon, le 6 février 2012 / AFP / Christophe Ena

Le candidat socialiste continue de détailler les différents éléments de son programme. Au menu du jour : la sécurité, déclinée selon quatre principes. "Prévention, dissuasion, sanction et réparation". Lors d'un déplacement à Dijon, François Hollande a également évoqué la justice des mineurs, un terrain sur lequel la gauche est traditionnellement moins à l'aise que la droite. A moins de trois mois de l'élection présidentielle, le candidat socialiste a exprimé sa volonté de "protéger à la fois les jeunes (délinquants) et la société". Pour y parvenir, il a annoncé le doublement du nombre de centres éducatifs fermés, à moyens budgétaires constants. François Hollande le rassembleur

François Hollande s'est posé en rassembleur, rejetant les formules-choc, comme celles employées par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne pour la présidentielle de 2007. "Je ne ferai pas de formule à l'emporte-pièce", a-t-il dit. "Je crois que ça a fait assez de bruit, sans efficacité, pour ne pas répéter les erreurs. Celui qui doit représenter l'Etat doit être capable de réunir la Nation sur ces objectifs. Pas besoin de stigmatiser, pas besoin de diviser, au contraire."

François Hollande a expliqué sa proposition de doubler de 40 à 80 le nombre de "centres éducatifs fermés" (CEF). Structure pour mineurs délinquants multirécidivistes et alternative à l'incarcération, elle fut créée sous le dernier mandat de Jacques Chirac, à l'origine combattue par la gauche. Son coût est très élevé.

Le candidat PS a admis qu'il ne consacrerait pas de crédits ou d'effectifs nouveaux à cette mesure : "Ça se fait dans le cadre du budget de la justice". Il envisage un redéploiement de crédits, et notamment de revoir le programme de nouvelles places de prison, a-t-il dit. "Nous ferons moins cher et mieux." Il n'est question dans son programme que de 1.000 recrutements dans la police, la gendarmerie et la justice, chiffre qui est jugé très faible par les syndicats compte tenu des retards français dans ce domaine.

Quid de la "vidéoprotection" ?

Sur un autre sujet controversé à gauche, la vidéosurveillance, rebaptisée "vidéoprotection" par le maire de Dijon François Rebsamen, fidèle de François Hollande, le candidat PS, visitant les équipements locaux, a aussi marqué une adhésion limitée et très prudente, mais nouvelle à gauche.

Son équipe estime que c'est un "outil de dissuasion, en tout cas de surveillance, mais certainement pas de prévention". Elle souligne que les études montrent qu'elle permet une baisse des vols et cambriolages "réelle mais peu significative" mais n'a aucun impact sur les délits violents.

Parallèlement, le candidat PS, qui a tenu une table ronde avec des personnels de la Protection judiciaire de la jeunesse - service de la justice qui met en oeuvre les décisions judiciaires concernant chaque année près de 400.000 mineurs - a mis l'accent sur les principes plus traditionnels de la gauche. Il propose de généraliser la signature entre l'Etat et les collectivités de "contrats locaux de prévention de la délinquance", où polices, services sociaux et diverses administrations siègent ensemble.

Le terrain glissant de la Gauche

Le thème de la sécurité, sur lequel la gauche a, dans les années 1970 et 1980, fait prévaloir les idées de prévention et de traitement social, est considéré comme une des raisons de la défaite au premier tour du socialiste Lionel Jospin en 2002.

Le candidat socialiste avait pâti de son aveu public de "naïveté" sur le sujet et d'un bilan jugé médiocre. En 2007, Ségolène Royal avait tenté sans succès de batailler sur des conceptions plus répressives, comme l'idée de "camps à encadrement militaire" pour les jeunes délinquants.

François Hollande s'estime plus à l'aise qu'en 2007 car tandis que 10.000 postes de policiers ont été supprimés depuis 2007, le bilan de Nicolas Sarkozy est très critiqué, du fait d'une forte progression des actes de violence sur les personnes.

Il y a plus de 10.000 viols déclarés en France chaque année et 340.000 cambriolages. La situation dans les banlieues pauvres est jugée par ailleurs préoccupante avec une violence endémique et un recours accru à des armes de guerre. 

La réponse de l'UMP

Eric Ciotti, secrétaire national de l'UMP en charge de la sécurité, a estimé que le candidat PS à l'Elysée "n'est pas crédible en matière de sécurité". Le député des Alpes-maritimes a critiqué son "attitude irresponsable et démagogique".

"M. Hollande semble découvrir l'importance de la lutte contre la délinquance des mineurs (...) Je tiens à rappeler que lui et ses collègues parlementaires se sont farouchement opposés à toutes les dispositions que le gouvernement a mis en place pour lutter plus efficacement contre la délinquance des mineurs", écrit-il dans un communiqué.

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