"Petits Matins de Campagne 2", un film de Gaya Bécaud - PARTIE 3
Créé le 22/10/2011 à 12h08

Le commissaire divisionnaire Jean-Christophe Lagarde. / AFP
Dans l'affaire de proxénétisme en lien avec l'hôtel Carlton de Lille, le commissaire Jean-Christophe Lagarde, qui avait été placé en garde à vue depuis jeudi par l'IGPN a été mis en examen vendredi pour proxénétisme aggravé en bande organisée et recel d'abus de biens sociaux par les juges d'instruction chargés de l'affaire en lien avec l'hôtel Carlton de Lille, ont annoncé ses avocats. Le commissaire divisionnaire, chef de la Sûreté départementale du Nord, a été interpellé jeudi matin par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices". La justice cherche notamment à déterminer dans quelle mesure M. Lagarde a pu être impliqué dans l'organisation de déplacement de prostituées et de parties fines dans un hôtel parisien.
Pour son avocat, "il n'a commis aucune infraction"
"Le commissaire Lagarde a toujours expliqué qu'il n'avait commis aucune infraction dans cette affaire et il maintient ce soir n'avoir commis aucune des infractions qui lui sont reprochées", a déclaré à la presse l'un de ses avocats Me Olivier Bluche.
Le fait d'impliquer le commissaire Lagarde "était au coeur du système de défense d'un certain nombre de protagonistes de cette affaire qui avaient cru bon d'associer son nom à cette affaire", a ajouté Me Bluche.
Placé en garde à vue jeudi par l'Inspection générale de la police (IGPN), les enquêteurs avaient cherché à déterminer dans quelle mesure M. Lagarde avait été impliqué dans l'organisation de déplacement de prostituées et de parties fines dans un hôtel parisien avec la participation supposée de Dominique Strauss-Kahn.
Le nom du commissaire Lagarde avait également été mentionné parmi les participants à des voyages à Washington avec également des rencontres avec DSK.
"Il va mieux. Vous imaginez bien que la garde à vue en règle générale n'est facile pour personne. Encore moins pour un commissaire de police, devant ses propres hommes. (...) C'est effectivement très pénible. Il a su faire face, il a fait preuve de beaucoup de dignité", a déclaré son autre avocat, Me Julien Neveux.
Le nom de DSK plane sur l'affaire
Un homme d'affaires du Pas-de-Calais devait également être déféré dans l'après-midi, selon une source judiciaire. Son ancienne compagne, qui dirige une société d'événementiel, a quant à elle été présentée devant les magistrats dans la matinée, selon la même source.
Selon le Figaro, l'entrepreneur est soupçonné d'avoir réglé une partie des factures d'hôtel pour des soirées à Paris avec des prostituées, auxquelles auraient notamment participé Dominique Strauss-Kahn et le commissaire Jean-Christophe Lagarde.
David Roquet, le directeur d'une entreprise de BTP du Pas-de-Calais, mis à pied par sa maison mère Eiffage vendredi, aurait pris en charge une autre partie de ces frais. Il avait été mis en examen le 14 octobre pour proxénétisme aggravé en bande organisée et écroué.
L'ancienne compagne de l'entrepreneur, qui devait être déféré vendredi, aurait quant à elle pris en charge des frais de déplacements vers Washington pour rendre visite à Dominique Strauss-Kahn.
Au total, cinq personnes ont été mises en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée par deux juges lillois. Parmi elles, seul l'avocat Emmanuel Riglaire a été laissé libre.
Coups durs en série pour la police
Patron du renseignement mis en examen dans une affaire d'espionnage de journalistes, N°2 de la PJ de Lyon écroué, commissaire en garde à vue dans une affaire de proxénétisme : plusieurs affaires secouent la police depuis quelques semaines, suscitant inquiétudes et malaise dans ses rangs.
Au point que le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a annoncé vendredi de prochaines initiatives pour renforcer la déontologie policière. "Il y a une ligne jaune à ne pas franchir. Un homme seul peut,
parfois, ne pas apprécier exactement le franchissement", a fait valoir
le ministre de l'Intérieur. Ces "incidents sont de
nature à nous faire réfléchir à ce qu'il convient de faire pour éviter"
qu'ils "se renouvellent", a-t-il ajouté.
"Plus de 3.000 sanctions sont prononcées" par an contre des
policiers, le corps de fonctionnaires au "plus fort taux de sanctions", a
précisé le ministère de l'Intérieur.
"Cela donne une mauvaise image de la police dans l'opinion" et suscite "la préoccupation de nos collègues", a admis vendredi le "patron" de Synergie Patrice Ribeiro. "Mais il ne faut pas tout mélanger, des affaires de délinquance et d'autres plus politiques".
"C'est triste", a déploré Dominique Achispon, son homologue du Snop, le syndicat majoritaire des officiers qui "se posent des questions sur leur métier".
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