Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 26/08/2008 à 07h45 - Mis à jour le 26/08/2008 à 10h52

Alain Duhamel / La rédaction de RTL
Laurence Ferrari a présenté lundi soir son premier 20 Heures sur TF1 en tant que titulaire succédant à Patrick Poivre d'Arvor. Est-ce un évènement politique ? La chronique d'Alain Duhamel.
Un événement politique ? Oui, bien sûr. Parce qu'hier, Laurence Ferrari est devenue en fait, la femme française la plus influente en politique. Pas la femme politique, mais celle qui en réalité, aura le plus d'impact, plus que les femmes ministre, même des Finances ou de l'Intérieur, plus que les femmes dirigeant l'opposition.
Pourquoi ? D'abord parce qu'elle jouit d'un privilège que n'ont pas les femmes politiques justement, qui est celui de la présence, de l'exposition, de la durée, de la stabilité, tout ce que les dirigeants politiques n'ont pas.
Ensuite, parce qu'il se trouve que le fauteuil qu'elle occupe, celui qu'occupait avant elle, Patrick Poivre d'Arvor, c'est celui du média français le plus important. Je ne dirais pas le média de référence, mais celui qui est le plus écouté, le plus influent. Quand un sujet est traité à TF1, c'est difficile de ne pas le traiter ailleurs. Et quand quelqu'un veut obtenir la consécration, il faut être invité dans le 20h de TF1.
Ce n'est pas un monopole, on sait bien que les radios vont beaucoup plus vite, beaucoup plus loin, et beaucoup plus libres. On sait bien que la presse écrite a beaucoup plus de place, et quelquefois plus de qualité. On sait bien que Internet aujourd'hui, c'est une sorte de critique pas toujours responsable, mais corrosif, qui n'existe pas là-bas. Et puis il y a d'autres télévisions, que le service public est peut être plus exigeant et plus sérieux, que les autres télévisions privées sont plus imaginatives et plus audacieuses, que les télévisions d'informations ont plus de place et de diversités.
Reste que la première des places est à TF1, que la première des journalistes c'est Laurence Ferrari, et donc elle est devenue la femme la plus influente en politique.
Ça veut dire que le présentateur du 20 Heures de TF1 donne une coloration politique à son journal ?
Bien entendu, il s'en défend. On sait même qu'en fait, TF1 a peur de la politique. A TF1, il n'y a pas d'éditorial politique, il n'y a pas d'émission politique ; et on fait le moins de politique visible possible. Ce sont des souvenirs par exemple, de la campagne présidentielle de 1995.
Mais derrière ça, on sait très bien qu'il y a une idéologie politique, il suffit de regarder le journal de Jean-Pierre Pernaut qui est d'ailleurs fort bien fait au demeurant, c'est très facile de le typer.
Et puis d'ailleurs, il y a après chaque élection présidentielle, des sondages qui sont faits sur la manière dont ont voté ceux qui regardent les différentes chaînes de télévision, et évidemment ceux qui regardent les chaînes de télévision de TF1, en majorité, c'est relatif, mais en majorité, penchent vers le centre droit.
Et puis la présentatrice a un rôle essentiel. De quel sujet est-ce qu'on parle? Comment est-ce qu'on les aborde? Avec quel angle? Dans quelle hiérarchie? Avec quelle longueur? Tout cela c'est l'univers politique des Français qui est constitué.
Et puis il y a ce que j'appelle la politique de la mimique, dont d'ailleurs Patrick Poivre d'Arvor était le premier virtuose d'Europe. Il suffit de soulever un sourcil à un moment, en écoutant quelqu'un. Il suffit d'avoir un petit sourire, soit aimable: "ah tiens ce jeune là a l'air intéressant"... soit sceptique: "ah tiens untel n'est pas en forme aujourd'hui"... et d'une certaine manière, sans qu'il y ait une volonté partisane, il y a des réactions politiques.
Comment avez-vous trouvé Laurence Ferrari hier soir, pour ses débuts de titulaire ?
Elle était bien, d'ailleurs elle est très professionnelle, on le sait bien ici. Il faudra évidemment au moins une dizaine d'années pour qu'elle finisse par être le Dieu Lar du foyer comme l'était Patrick Poivre d'Arvor.
Moi j'ai quand même déjà remarqué deux choses. La première, c'est qu'hier il y avait énormément de place à l'international, d'abord les 9 premières minutes du journal, et plus de la moitié du journal. Or on sait que l'international, c'est la grande faiblesse de TF1. Elle veut réagir.
Et puis d'autre part, elle sait poser des questions, c'est une intervieweuse, et ça, parmi les présentateurs et présentatrices de TF1, c'est peut être un monopole.
PS : Le premier journal télévisé de Laurence Ferrari sur TF1 a attiré 8,3 millions de téléspectateurs, pour une part d'audience de 40,2%, selon les chiffres de Médiamétrie communiqués par la chaîne.
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