Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 17/09/2009 à 08h05 - Mis à jour le 17/09/2009 à 10h00

Patrick Pélata sur RTL / RTL.FR
Le directeur général délégué du Groupe Renault répondait jeudi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Patrick Pélata a admis que l'affaire de tricherie au Grand prix de Singapour 2008 était un choc pour Renault. "L'écurie a considéré qu'il y avait eu faute, toute faute appelle sanction. Piquet était déjà parti et Pat Simons (l'ingénieur en chef) est parti", a-til souligné, ajoutant : "Flavio Briatore a considéré qu'il était moralement responsable et a démissionné".
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Jean- Michel Aphatie : Bonjour, Patrick Pélata.
Patrick Pélata : Bonjour.
Renault a présenté, hier, quatre voitures électriques au salon de Francfort. C'est important. Nous allons en parler. Mais tous les amoureux de Formule 1 attendent vos propos évidemment, puisqu'hier, Renault a reconnu que son équipe de Formule 1 dirigée par Flavio Briatore avait triché lors du grand prix de Malaisie, l'année dernière. On imagine que c'est un choc pour la marque Renault ?
Oui, effectivement. Moi je ne connais pas tous les détails mais l'écurie a considéré qu'il y avait eu faute. Toute faute appelle sanction. Piquet était déjà parti et Pat Simmons est parti.
Et Briatore, aussi !
Briatore... Il a considéré qu'il était moralement responsable et il a démissionné.
D'accord. La responsabilité principale, c'est Pat Simons, et donc Briatore solidaire de son manager ?
Encore une fois, on en saura plus sur les détails après ce qui va se passer, lundi prochain, avec la FIA. Pour l'instant, on a des hypothèses mais c'est clair qu'à la base, il y a une faute.
C'est un coup dur pour vous, pour Renault ?
Oui, on n'aime pas ça, mais il ne faut pas non plus que la faute de deux personnes rejaillissent sur le travail de toute une entreprise et de toute l'équipe de Formule 1.
Certains pensent que vous en profiterez pour vous retirer de la Formule 1 qui vous coûte chère : 350 millions d'euros par an ?
Non, ça nous coûte moins cher que ça ; mais ce n'est pas le débat, ce n'est pas le débat aujourd'hui. On aura ce débat-là calmement.
Calmement. Vous pensez que c'est important de rester en Formule 1, ou vous pouvez en sortir parce que ce n'est pas compatible, par exemple, avec l'image que vous voulez avoir aujourd'hui de constructeur de voitures électriques ?
La Formule 1, c'est le spectacle le plus regardé au monde. Il faut respecter ça. La Formule 1 a su être en pointe sur la technologie et tirer la technologie de l'automobile, ce n'est probablement pas le cas en ce moment. Ca pourrait être le cas, à nouveau ; et c'est toujours ce que Renault a cherché à faire.
Alain Prost remplaçant de Briatore ?
Non ! Il est trop tôt pour parler de toutes ces questions-là.
Vous avez présenté quatre voitures électriques, hier, à Francfort. C'est un virage stratégique très important pour Renault. Quatre d'un coup, ce n'est pas trop ? Vous êtes les seuls à faire ça comme grand constructeur ?
Mais ça montre notre détermination. Nous pensons que l'automobile, aujourd'hui, fait face à des défis très importants : la hausse du prix du pétrole, la conscience de la planète : qu'il faut arrêter le réchauffement planétaire et l'opportunité d'une technologie : celle des batteries du camion qui a énormément évolué. Nissan travaille depuis presque vingt ans sur ces batteries-là, avait donc de l'avance ; et nous sommes des entrepreneurs, nous prenons des risques face à un défi social, face à un défi de la planète, face aussi à une image de l'automobile qui se dégrade, nous amenons une autre solution et nous le faisons de façon carré, c'est-à-dire avec quatre voitures assez innovantes, en tout cas pour l'une d'entre elles très innovante.
On va en parler. Vous dites : c'est un risque. On peut dire que c'est un pari pour Renault, un pari, ça peut être gagné ? Ca peut être perdu ? C'est un quitte ou double pour Renault ?
C'est un pari qu'on a lancé déjà en interne à petite échelle, il y a trois ans, puis on est monté en puissance depuis deux ans. Il faut dire que ce qu'on voyait, il y a deux ans, n'a fait que renforcer la validité de notre choix ; et c'est pour ça qu'au moment de pousser sur les boutons des investissements, aujourd'hui, nous disons : la probabilité que le prix du pétrole soit haut a plutôt augmenté. La conscience que la planète se réchauffe et qu'il faut faire quelque chose a plutôt augmenté ; et la technologie, elle, pendant ce temps-là, elle accélère. Vous avez aujourd'hui une vingtaine d'entreprises mondiales qui se battent sur l'amélioration de cette technologie ; et ça, ça produit toujours du progrès technique.
Vous dites, Patrick Pélata, que Renault est en capacité de commercialiser ses quatre modèles à partir de la deuxième partie de 2011, c'est-à-dire très, très vite ; et beaucoup de gens ont du mal à vous croire ?
Ecoutez, les révolutions c'est toujours comme ça. Ca se prépare... Il y a des choses profondes qui se passent avant ; puis, ensuite, ça arrive. Là, on prévient. On dit : voilà il y en a deux qui arriveront à la mi-2011. Il y en a une qui arrive fin 2011 : Twizy, le petit véhicule amusant ; et puis on aura Zoé qui va arriver, fabriquée dans l'usine de Flins en gros volume à la mi-2012.
Vous espérez, par exemple, à partir de 2012, vous commercialiserez la Zoé, vous le dites : c'est Flins qui fabriquera. Quels sont les objectifs de vente pour une voiture comme ça ?
On n'en parle pas beaucoup mais c'est un nombre à six chiffres.
Six chiffres, ça veut dire quoi ?
Ca veut dire plus de 100.000.
Plus de 100.000, chaque année, sur le marché européen ?
Tout à fait et nous pensons que ça montera, ça montera relativement vite, encore une fois parce que la dynamique qu'il y a derrière est puissante. On n'est pas en train de parler de petites tendances légères, légèrement détectables, on est en train de parler de choses profondes qui bougent déjà depuis longtemps et qui apparaissent avec la crise comme absolument nécessaires maintenant.
Donc voitures électriques dans un an et demi, deux ans sur le marché français. A quel prix moyen, ces voitures peuvent être vendues ? La Zoé que vous évoquez, c'est une petite citadine. Quel est le prix moyen de vente que vous envisagez ?
Pour que ça ait un impact réel et c'est la raison pour laquelle c'est Renault en Europe qui porte ce projet - ce n'est pas tout à fait par hasard -, c'est parce que c'est de la technologie pour tout le monde. Donc, le prix ce sera un prix pour tout le monde. On veut vendre Zoé, par exemple, qui aura à peu près la taille d'une Clio au prix d'une Clio diesel, déduction faite de la prime du gouvernement qui, vous le savez, pour un véhicule électrique, sera de 5.000 euros.
Mais on dit, on lit que la batterie, la seule batterie, qui est d'une technologie tout de même assez particulière peut vous coûter à vous constructeur : entre 15.000 et 20.000 euros. Alors, comment vous arriverez à vendre cette voiture au prix que vous indiquez là ?
Non, si ça nous coûtait ce prix-là, on n'aurait pas fait ça. Ca nous coûte beaucoup moins cher que ça. On les produit... On ne parle pas forcément du prix. Mais cette batterie, on la louera et donc, l'utilisateur du véhicule électrique achètera sa voiture comme aujourd'hui. Au lieu d'acheter de l'essence, il aura un forfait dans lequel il aura la location de sa batterie et l'accès à l'électricité. Et ce que nous visons et pensons avoir déjà obtenu, au moins dans notre projet, c'est que ce qu'il aura à payer tous les mois, dès lors qu'il fait 10.000, 12.000, 13.000 kilomètres par an, sera inférieur à ce qu'il paie aujourd'hui avec une petite voiture diesel.
Une batterie, ça se décharge vite ? Il y aura partout des bornes pour recharger la batterie. C'est quand même un défi technologique important, ça ?
Il faut effectivement que l'infrastructure se développe avant que nos voitures arrivent en masse.
C'est l'Etat qui doit le faire. Ce n'est pas vous qui le ferez ?
Ca peut être un opérateur privé, c'est le cas, par exemple, en Israël. C'est le cas aussi au Danemark où les infrastructures sont déjà en train de sortir de terre. Il y en aura de trois sortes, si vous voulez : il y a la recharge à la maison, ça ce n'est pas compliqué à faire. Et on travaille depuis deux ans avec EDF pour faire que ce soit accessible. Il y aura la recharge dans les parkings des entreprises. Il y aura des recharges publiques dans la rue et il y aura aussi quelque chose qu'on a développé qui est le quick drop, c'est-à-dire qu'on change de batterie en trois minutes dans une station-service.
Et tout ça, ce sera au point dans un an et demi ?
Ecoutez, on fait tout pour que ce soit comme ça.
Donc, Vincent, dans un an et demi, vous avez une voiture électrique !
Vincent Parizot : Ca fait tellement d'années qu'on en parle ! On a l'impression que, peut-être, cette fois, c'est la bonne, on verra !
Patrick Pélata, invité de RTL, ce matin, bonne journée.
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