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Créé le 09/09/2010 à 08h34

Alain P. est le meurtrier présumé d'une joggeuse à Marcq-en-Baroeul, près de Lille / AFP
Le meurtrier présumé d'une joggeuse à Marcq-en-Baroeul, près de Lille, un homme de 39 ans déjà condamné pour viol, a été mis en examen et écroué mercredi pour "enlèvement", "séquestration", "viol avec arme" et "meurtre", a indiqué le parquet de Lille. Alain P. est en état de récidive légale pour les faits d'enlèvement, séquestration et viol avec arme. Le meurtrier présumé, qui se trouvait en libération conditionnelle depuis un an au moment des faits, après une condamnation pour viol en 2006, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Il est soupçonné d'avoir violé et tué jeudi une jeune femme de 29 ans, cadre dans l'enseigne de magasins de sports Décathlon, alors qu'elle faisait un jogging à Marcq-en-Baroeul (Nord), ville résidentielle de la banlieue lilloise.
Son corps a été retrouvé dans la nuit de lundi à mardi sur un chemin près de la forêt de Phalempin, à une vingtaine de kilomètres du lieu de l'enlèvement, sur les indications du suspect.
L'homme mis en examen, qui a reconnu les faits, avait été condamné le 21 février 2006 par les assises des Hauts-de-Seine à 10 ans de réclusion criminelle pour le viol d'une joggeuse sous la menace d'une arme.
Alors qu'il parlait à la presse devant le palais de justice, l'avocat du meurtrier présumé, Me Abderrahmane Hammouch, a été pris à partie verbalement par l'oncle de la victime, qui l'a accusé d'être "l'avocat du diable". "Refusez le dossier si vous êtes un homme", lui a-t-il lancé.
Selon l'avocat, le mis en examen "se décrit lui-même comme quelqu'un de malade" et "qui veut être soigné". "On arrive à la limite de la psychiatrie", a-t-il poursuivi.
"Je ne pense pas que ce soit le procès de la libération conditionnelle", a-t-il ajouté, ajoutant que son client aurait dû de toute manière "sortir à un moment ou à un autre".
En milieu de journée, alors que le suspect était en cours de défèrement, une dizaine de proches de la victime, faisant part de leur sentiment d'injustice, se sont rassemblés devant le tribunal de Lille, tenant quatre banderolles avec l'inscription "Drame de Natacha, plus jamais ça".
L'une de ses amies, prénommée Louise (qui n'a pas souhaité donner son patronyme), a estimé que le meutrier présumé, qu'elle a comparé à un "caméléon", avait réussi "à manipuler les psychiatres, à berner tout le monde".
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