Les banques françaises sont-elles suffisamment solides pour faire face à une crise financière ? : le "Débat" avec Serge Maître, président de l'Association française des usagers des banques (Afub)
Créé le 13/12/2011 à 20h15

Les portraits robots des deux principaux suspects dans le meurtre de Valentin. / AFP
Le poids des mots, le choc de la vidéo. Un homme bronzé à l'apparence juvénile, vif dans ses réponses : Stéphane Moitoiret n'avait rien du fantôme qu'il est aujourd'hui dans les vidéos de sa garde à vue en 2008, visionnées mardi par les assises de l'Ain, devant lesquelles il est jugé pour l'assassinat du petit Valentin.
Celui qui est dans le box, âgé de 42 ans et sous neuroleptiques, se regarde sur l'écran, la bouche pincée et les yeux fixes, comme depuis le début du procès il y a huit jours. "Ca me choque de me voir", a-t-il lui-même reconnu dans un filet de voix.
La question de son degré de discernement au moment des faits est au centre des débats, d'où la demande de ce visionnage émise par ses avocats, afin de mieux saisir son état d'esprit après les 44 coups de couteau qu'il est accusé d'avoir portés au garçonnet de 10 ans dans une rue de Lagnieu, dans l'Ain.
***Un DVD "rare"
Il est très rare que de telles vidéos soient diffusées devant une juridiction. L'enregistrement audiovisuel des personnes gardées à vue est obligatoire en matière criminelle depuis 2008, à la suite de l'affaire d'Outreau. Le président de la cour d'assises, Dominique Bréjoux, a accepté que plusieurs bandes soient montrées. Sauf que la défense de Moitoiret souhaitait voir la toute première des huit auditions de la garde à vue. Mais celle-ci a disparu lors de son transfert sur DVD, ce qui a été découvert mardi matin. Cet incident a provoqué la colère des avocats, qui ont annoncé le dépôt d'une plainte.
La deuxième audition, qui a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 août 2008, soit le soir de son arrestation cinq jours après les faits, a par défaut, été présentée à la cour. Moitoiret, interrogé sur son itinéraire durant la semaine écoulée, y répond qu'"on s'embête ni avec les jours ni avec le nom des villages", en compagnie de celle qui partage sa route depuis vingt ans, Noëlla Hégo, poursuivie pour "complicité".
***"Un esprit" par une "pensée"
Il triture une casquette, se passe la main sur son bouc ou dans ses cheveux mi-longs et répond du tac au tac avec le souci du détail. Ainsi, dans sa septième audition menée quelques heures plus tard, également diffusée, il corrige un gendarme en parlant d'"esprit" et non de "pensée".
Son délire refait surface: "on cherchait à savoir qui bloquait les accords", dit-il, parlant de traîtres "dans la politique, dans l'armée". L'air las, il reste silencieux quand les questions le gênent, tout en concédant qu'il a pu tuer Valentin "sans s'en rendre compte". "C'est possible que ça ait été moi manipulé", selon lui. "Je suis baisé", lâche-t-il au sujet de son ADN qui l'a confondu.
***"Il est devenu fou furieux"
Dans la foulée mardi après-midi, défenseurs, président et avocat général l'ont poussé dans ses derniers retranchements, afin de lui faire admettre son geste, en lui désignant les parents de la victime éplorés sur les bancs des parties civiles. "C'est pas moi", leur a-t-il répété.
Noëlla Hégo, 52 ans, accusée d'être l'instigatrice du crime, s'est mise à pleurer pour la première fois à l'évocation de cette soirée fatidique. "Il savait que c'était fini entre nous (...) il est devenu fou furieux", a-t-elle relaté, en confiant sa "pitié" pour l'homme d'aujourd'hui, qui fait preuve "d'une sorte de malignité, de fourberie".
Les avocats de Moitoiret ont demandé pour lui une nouvelle expertise psychiatrique, après les avis divergents exprimés vendredi et lundi par neuf psychiatres entendus à la barre. La cour a rejeté cette requête en début de soirée, avant les plaidoiries des parties civiles et le réquisitoire mercredi. "T'es fou ou pas?", a demandé Me Franck Berton à son client. "Non", a-t-il rétorqué.
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