Les banques françaises sont-elles suffisamment solides pour faire face à une crise financière ? : le "Débat" avec Serge Maître, président de l'Association française des usagers des banques (Afub)
Créé le 17/11/2011 à 08h55

La campagne "Madame ou Madame" est lancée / DR
"Mademoiselle" prend la mouche. Mais si la question peut paraître anodine, c'est un vrai raz-de-marée féministe qui pourrait chambouler les administrations. Alors "Madame ou Mademoiselle" ? Si on n'impose pas aux hommes de dire s'ils sont mariés, des organisations féministes ont donc décidé de partir en guerre, en exigeant le retrait de la case "mademoiselle" dans les formulaires administratifs. La ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, a annoncé mardi avoir fait une demande en ce sens au Premier ministre François Fillon, au nom de l'égalité entre les sexes. Une révolte ? Non, une révolution.
Roselyne Bachelot souhaite aussi que, dans ces formulaires, le "nom d'épouse" soit remplacé par "nom d'usage". "On a toujours le droit de garder son nom de jeune fille. C'est d'ailleurs très curieux de voir que certaines administrations ou certains organismes sont extrêmement réticents", a-t-elle dit.
"Très symbolique des inégalités"
"Ouverture de compte en banque : impossible de se dire "Madame" si on est célibataire. C'est forcément "Mademoiselle". Pour les hommes, c'est Monsieur ou Damoiseau ?", ironise Christine sur le site www.viedemeuf.fr, qui recense toute sorte de clichés sexistes vécus au quotidien.
"Ca peut paraître un détail mais c'est très symbolique des inégalités", explique Julie Muret, d'Osez le féminisme !, qui lance mardi, avec Les Chiennes de garde, une campagne pour la fin de la case "mademoiselle". C'est aussi ce que pense Laurence Waki, auteur de "Madame ou mademoiselle" (Editions Max Milo) : on impose une identité "soit en fonction de l'âge soit du statut matrimonial, c'est insupportable". "Implicitement, on vous dit que vous n'êtes pas finie tant que vous n'êtes pas mariée", poursuit-elle.
"Mademoiselle est connotée"
"Cela oblige la femme à exposer une situation personnelle et familiale", insiste Julie Muret, notant "la connotation condescendante" de "mademoiselle". "Je ne vois pas pourquoi on fait ce distinguo, qui n'a plus aucun sens", abonde Brigitte Grésy, auteur "Petit traité contre le sexisme ordinaire" (Ed. Albin Michel), qui épingle les comportements quotidiens qui "infériorisent les femmes".
Même si cela est "moins important que les écarts de salaires (entre les sexes), les violences ou les difficultés d'accès à l'avortement", cette question n'est pas un détail car "le langage reflète la réalité du monde", poursuit Mme Grésy, qui a milité pour la féminisation des noms de métiers. 
La campagne "Madame ou Madame"
***Les Allemands ne disent plus mademoiselle...
Julie Mouret rappelle d'ailleurs que de nombreux pays ont abandonné la distinction, comme l'Allemagne, où on n'utilise quasiment plus le mot "Fräulein" (mademoiselle). Qui plus est, souligne Mme Waki, "le "mademoiselle" n'a aucune valeur légale, c'est simplement un usage" alors que l'on pense souvent que c'est la loi qui impose le "madame" aux femmes mariées et l'interdit aux célibataires.
***Dès 1983, Yvette Roudy parlait de "discrimination"
Dès 1972, le ministre de la Justice de l'époque, René Pleven, indiquait qu'"aucune réglementation - fût-ce pour l'établissement des documents officiels (...) - n'impose un choix entre les deux". En 1983, la ministre des Droits de la femme, Yvette Roudy, parle même de "discrimination". En 2007, l'association Mix-Cité saisit la Halde du cas d'une femme à laquelle on réclamait 145 euros pour modifier le "mademoiselle" en "madame" sur sa carte grise.
Plusieurs lettres ou circulaires administratives ont demandé aux services de supprimer cet usage. Pourtant, force est de constater que la case "mademoiselle" n'a pas disparu de notre quotidien...
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