Erwann Menthéour à propos de Jeannie Longo : "Est-ce que c'est normal qu'une femme de 50 ans gagne des courses ?"
Créé le 12/03/2008 à 07h43 - Mis à jour le 12/03/2008 à 10h35

Alain Duhamel / La rédaction de RTL
Les candidats au second tour des élections municipales ont déposé officiellement leurs listes mardi. Et le MoDem de François Bayrou se retrouve souvent en situation d'arbitrage, et donc de polémique ?
C'est le talent particulier, l'originalité de François Bayrou, il est l'homme de l'entre-deux tours, la vedette de la semaine, l'arbitre le plus engagé de France. On l'avait constaté évidemment au moment de l'élection présidentielle, quand il avait fait un très bon score, et qu'il était parvenu à attirer l'attention à lui, avec son débat avec Ségolène Royal. On le voit encore cette fois-ci alors même que les résultats du MoDem au premier tour, ont été extrêmement modestes, puisque le ministère de l'Intérieur ne leur donne que 3,7% dans les communes de plus de 3.500 habitants. Alors, c'est vrai que le MoDem préfère dire qu'ils ont obtenu 15,9% dans les 350 villes de plus de 10.000 habitants où ils présentaient des candidats.
Reste que, fort ou faible, il y a toujours François Bayrou entre les deux tours. Alors bien entendu, l'explication est simple, elle tient largement à la topographie. On sait très bien que pour le second tour, ce qui peut faire la différence, c'est la mobilisation éventuelle d'abstentionnistes, mais ça n'est jamais garanti, et puis ce sont les comportements du MoDem, des Centristes qui se trouvent équidistants entre les deux camps.
Mais le résultat, c'est que les deux gros porte-avions de la flotte politique française, c'est à dire le PS et l'UMP, passent l'entre-deux tours à essayer de se concilier François Bayrou, qui dans cette affaire, joue quelque chose comme les Frégates lance-missiles, ou peut être les torpilleurs.
Les choix du MoDem sont pourtant difficiles à suivre ?
Je crois que pour essayer d'y comprendre vraiment quelque chose à l'occasion des élections municipales, le mieux est de commencer par se munir d'un nuancier.
Quand on regarde la situation, qu'est-ce qu'on voit ? Je ne suis même pas sûr d'être complet. Mais on voit neuf villes de plus de 30.000 habitants, dont le maire sortant est MoDem, et dans ces neuf villes là, il y a dans tous les cas, eu l'appui de l'UMP, que ce soit Arras ou Biarritz, par exemple.
Il y a ensuite les villes où dès le premier tour, il y avait fusion entre le MoDem et le Parti socialiste, Grenoble, Dijon.
Il y avait les villes où il y avait fusion entre le MoDem et l'UMP, Bordeaux, Périgueux.
Il y a les villes où pour le second tour, il y a fusion entre le MoDem et le PS, Marseille, ou Lille.
Il y a les villes où pour le second tour, il y a fusion entre le MoDem et l'UMP, Toulouse, ou Metz.
Il y a les villes où le MoDem se maintient, Aix en Provence, ou St Etienne.
Il y a les villes où il se retire, et où il ne prend pas de position, comme à Blois.
Et il y a même une ville, Aubagne, où il y a fusion avec le Parti communiste.
Disons que pour bien suivre, je crois qu'il n'y a qu'une seule technique raisonnable, c'est d'acheter un GPS.
Et puis, il y a le cas de François Bayrou lui même, à Pau ?
François Bayrou qui prend des risques, ce qui d'ailleurs correspond à son tempérament, puisqu'il essaye de conquérir Pau, deuxième ville de l'Aquitaine, capitale historique de la Navarre. François Bayrou à l'issue du premier tour, est arrivé en deuxième position, précédé par la députée socialiste, vraiment d'un souffle, mais loin devant le maire sortant, ex-PS soutenu par l'UMP. François Bayrou a refusé l'appui de l'UMP, en revanche il a reçu les encouragements d'Alain Juppé.
Disons que sa situation est très ouverte, à Pau, mais qu'on jugera dimanche soir le MoDem à travers le score de Pau. Pau sera le nombril du MoDem.
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